22.04.2020

Rencontre avec Andréa de Motherhood into the Wild

Paroles de Jolly Mama

Est-ce que tu pourrais te décrire en quelques mots ? (toi, ta famille, tes enfants..)

Oui bien sûr ! Je m’appelle Andréa, je suis en couple depuis 10 ans avec mon conjoint, Ghérard et nous sommes parents d’une petite fille-guide, Garance, née en décembre 2017. En 2016, nous avons quitté la région Lyonnaise pour venir s’installer dans le Morvan, en Bourgogne, terre de mes ancêtres. Notre parentalité nous a éveillés / transformés, surtout moi de manière très significative puisqu’aux 7 mois de ma fille (été 2018), j’ai lancé le projet photographique “Motherhood into the Wild”, un projet photo de mamans allaitantes en pleine nature ! Presque deux ans plus tard, j’ai enfin trouvé, grâce à ma fille et grâce à ce projet ce que j’appelle ma “Mission de Vie”, ma “Voie du coeur” qui est de m’installer comme doula, ici, dans le Morvan !  

Comment est né le projet Motherhood into the wild ?

Le projet Motherhood into the Wild est réellement né un soir, à quelque chose comme 22 ou 23h le 17 juillet 2018, de manière totalement “freestyle”, sans calcul, sans préparation en postant une story instagram proposant un shooting  allaitement en pleine nature ! J’ai été transcendée par mon allaitement et j’adorais que mon conjoint fasse des photos de cette période de vie dont il était impossible de savoir combien de temps elle durerait… Alors j’ai proposé à des inconnues de nous rejoindre pour faire des photos comme cela, mais toutes ensemble. J’ai vraiment suivi mon intuition… je ne me suis posé aucune question et surtout je n’ai pas mesuré à quel point ce “petit projet” allait devenir grand ! Un mois plus tard, le 18 août 2018, 7 mamans se joignaient à nous pour le tout premier shooting en bord de lac. Certaines venues en solo, certaines en famille, aucune ne se connaissait et on avait pour seul point commun l’allaitement de nos bébés/enfants ainsi que le choix d’une parentalité respectueuse et consciente… D’ailleurs, à ce stade, le projet ne portait même pas encore ce nom là… et ce sont les premières participantes avec qui j’étais restée en lien, qui m’ont aidée à définir ce nom ! 

Petit projet a bien grandi, fin novembre 2018 nous lancions notre campagne Ulule (avec le super soutien de Jolly Mama d’ailleurs !) dans l’objectif d’auto-éditer un livre photo-témoignage sur l’allaitement et la parentalité proximale. Le projet s’est déroulé d’avril à juillet 2019 : 11 shootings, 122 familles rencontrées ! C’était magique toutes ces rencontres… une évidence ! 

Le livre “Co-naître” est paru le 1er octobre 2019. Il est composé d’une sélection de nos photos de toutes ces familles rencontrées, mais aussi de leurs témoignages, leurs mots, les mots de ces mamans, de ces papas, de ces grands parents… et c’est tellement beau ! Je suis fière de cet ouvrage, témoin de cette génération de parents du “nouveau monde” et du “nouveau paradigme” ! 

Je parle également sur mon blog de la façon dont le projet Motherhood into the Wild m’a amenée à ce que je nomme aujourd’hui la “photographie-médecine”. 

Comment se sont passés ta grossesse et ton allaitement ?

Ma grossesse a été merveilleuse et je suis consciente de ma chance ! Jamais eu de nausées. Juste une grosse fatigue qui a duré tout le long et les remontées acides sur la deuxième partie de grossesse… Sinon, je n’ai pas eu de contractions de toute ma grossesse… vraiment j’en ai profité, c’était génial et je n’avais pas hâte qu’elle se termine… Garance est née à 41 SA + 5 jours. Je ne l’ai pas vécue comme ça à l’époque car j’étais moins “connectée” au subtil, j’étais moins sensible à l’aspect “sacré”, mais j’ai vraiment la sensation d’avoir vécu un “rite d’initiation”. J’ai beaucoup suivi mon intuition, et au fil de ma grossesse j’ai mené une grosse révolution vers le naturel, sur tous les plans, autant l’alimentation, que les cosmétiques, les vêtements de bébé et tellement d’autres choses! C’était un temps pour moi durant lequel j’ai beaucoup appris et j’en suis très reconnaissante. J’ai réfléchi suffisamment tôt à la notion d’accouchement “avec ou sans péri”, j’ai pu m’informer, rédiger un projet de naissance, et j’ai pu vivre un enfantement magnifique, sans péridurale comme je le souhaitais, en salle nature de la maternité. A l’époque je n’en n’étais pas au stade de souhaiter accoucher chez nous, mais je m’estime chanceuse de l’enfantement de ma fille, en maternité, qui n’a pas été traumatisant… et quand je lis certains témoignages de mamans, je pleure souvent, de tristesse, de révolte que les femmes subissent encore autant de violences obstétricales en 2020… c’est d’ailleurs probablement l’origine de mon souhait de m’installer comme doula : participer moi aussi à cet empuissancement des femmes, à cette reconnexion, à cette information, pour que les femmes puissent faire des choix en pleine conscience et être maîtres de leurs décisions! 

Mon allaitement s’est plutôt très bien déroulé lui aussi ! Ce qui est drôle, c’est qu’à la maternité j’avais très mal. Enfin ce n’est pas ça qui est drôle lol  ! C’est le fait que du fait des douleurs les puéricultrices me disaient “c’est normal vous avez une peau de rousse, c’est sûr que vous aurez des crevasses!” limite je devais m’y résoudre alors que j’allaitais mon bébé depuis deux jours et demi. En réalité, notre fille avait un frein de langue restrictif, heureusement, grâce à la Leche League de notre région dont l’animatrice nous avait super bien renseignés, nous savions qu’il fallait faire vérifier les freins, et avant la sortie nous avons demandé la freinectomie au pédiatre qui faisait la visite de sortie. Je suis rentrée chez moi et je n’ai plus jamais eu mal (enfin, en tout cas plus à cause du frein !) et je n’ai pas non plus eu de crevasse, malgré ma peau de rousse !

Globalement, je peux aussi dire que j’ai vécu un allaitement serein. Notre fille a toujours été allaitée à la demande car nous avons fait le choix que je ne reprenne pas d’emploi afin de m’occuper d’elle à la maison à 100%. Je n’ai donc jamais tiré mon lait. L’allaitement a été paisible jusqu’à ce qu’elle fasse une confusion avec la “tasse 360” dans laquelle elle buvait de l’eau à table à partir de la diversification. Une confusion dont j’ai mis des mois à me rendre compte (avant ses un an elle avait déjà commencé de boire au verre classique – ce qui a réglé le souci de confusion – et ce n’est que une fois quand je lui ai redonné la tasse à l’occasion d’un voyage en voiture vers ses 18 mois que j’ai percuté! Horreur ). Depuis je déconseille fortement cette tasse et je crois d’ailleurs qu’elle a été supprimée des contenants “conseillés” pour éviter la confusion… Garance n’est pas la seule, je connais plusieurs enfants qui ont fait une confusion avec cette tasse ! Les bébés/enfants allaités peuvent faire une confusion très tard dans l’allaitement, celle-ci n’est pas réservée aux nouveaux-nés ! Donc attention aux contenants utilisés, que ce soit pour le lait tiré ou pour l’eau… si l’on tient à son allaitement et qu’on souhaite le faire durer ! A deux ans et 4 mois, elle est toujours allaitée et pour l’heure je vise un sevrage naturel, mais nous aviserons au fil du temps pour être dans le respect des besoins de chacune!

 Quel est ton meilleur souvenir autour de l’allaitement ?

J’en ai des dizaines en réalité ! Quand je repense à ce nouveau-né si petit qui tétait et que je la vois maintenant petite fille, je ressens beaucoup d’émotion de l’avoir accompagnée sur ce chemin et de continuer à le faire ! Mais mon meilleur souvenir d’allaitement est sans aucun doute un souvenir de séance photo. J’ai toujours voulu faire des photos très nature, mais à la fin de l’été dernier, nous n’avions pas encore fait LA séance que je voulais trop faire depuis des lustres : ma fille et moi, nues, dans une cascade pas loin de la maison… Nous y sommes allés un soir pour être sûrs d’être tranquille et qu’il n’y ait personne ! Me voilà nue, avec ma fille, nue elle aussi dans mes bras, dans cette rivière, sur les rochers en train de faire l’acte le plus naturel du monde : l’allaiter. Je me sentais vraiment bien, sauvage, paisible, à la fois excitée et prudente pour ne pas la faire tomber à l’eau… on a rit tellement elle est moi et elle nous a longtemps reparlé de sa tétée “fesses à l’air” dans l’eau de la cascade…. On en rit encore aujourd’hui ! haha

Comment se préparer au mieux à l’allaitement ? Quels conseils donnerais-tu aux futures mamans qui souhaitent se lancer dans l’aventure de l’allaitement ou qui ont connu un premier allaitement difficile ?

Pour se préparer au mieux à l’allaitement pour moi le mieux est avant tout de s’informer pendant la grossesse. Commencer à allaiter en connaissant les freins, la confusion, le fonctionnement de la succion, les tétées groupées, les pics de croissance… tellement de notions essentielles pour comprendre les besoins de notre enfant et ne pas se sentir “dépassée” ou “incapable”… Informez-vous, auprès des bonnes sources! La leche league est une super source d’information mais il existe de nombreuses associations en faveur de l’allaitement telles que L’allaitement tout un Art, L’or Blanc, Galactée, Notre Allaitement et plein d’autres (il y en a peut-être même une dans votre région!!). Vous pouvez vous rapprocher de ces associations pour avoir de l’information ou même être accompagnée par une marraine pour avoir des conseils personnalisés… Et une fois bébé né, si vous avez des soucis, ne vous tournez pas vers un médecin, car majoritairement ils ne sont pas suffisamment formés. En première intention ces associations peuvent vous aider, mais si ce n’est pas suffisant, je vous recommande de consulter une professionnelle de la lactation humaine : les consultantes IBCLC ! Il y en a forcément une dans votre région : n’hésitez pas à la contacter et prendre rendez-vous. Quand on a des soucis d’allaitement, mieux vaut ne pas rester seule et s’entourer de personnes compétentes, capables de nous soutenir dans notre démarche au lieu de nous proposer une boite de lait en poudre à la moindre occasion !  

As-tu adapté ton alimentation pendant le post-partum et  l’allaitement ?

Pas d’alimentation particulière pour moi pendant l’allaitement si ce n’est éviter les aliments qui sont connus pour diminuer la lactation. A l’époque, je ne connaissais pas encore bien l’Ayurvéda et tous ses précieux enseignements si utiles pour le post-partum… Pour notre deuxième enfant ce sera bien différent! Je vais adapter mon alimentation pour optimiser ma guérison en post-partum. Et en tant que femme “nourricière”, c’est vraiment un aspect de mon activité que j’ai envie de valoriser car c’est si important de bien se nourrir (sur tous les plans) pour bien nourrir son enfant…!

Etais-tu particulièrement fatiguée dans les premiers mois de bébé ?

Je me suis plutôt bien remise de mon accouchement. Voie basse, pas d’épisio ni déchirure, juste quelques éraillures. Nous avons commencé le cododo dès la maternité et nous n’avons jamais arrêté ! Garance, 2 ans et 4 mois est toujours en cododo avec nous. Et tant que ça nous convient tous, c’est parfait ainsi ! Le cododo aide beaucoup dans la gestion de la fatigue car l’enfant est à proximité immédiate, peut téter pendant la nuit, sans que l’on ne se réveille réellement… Puis même si on s’est réveillée, grâce aux ingénieuses hormones que l’on sécrète pendant l’allaitement, la tétée de bébé nous permet de nous rendormir paisiblement ensemble. Tout cela permet de limiter la fatigue les premiers mois et de passer des nuits correctes assez vite ! 

Quels sont tes produits chouchou et pour quel usage? Si tu devais choisir un “indispensable” pour la naissance ?

Certaines vont peut être être déçues, mais je ne vais pas vous parler de produits manufacturés… En tout cas pas en première intention. Le plus grand enseignement de ma grossesse est qu’il FAUT, c’est urgent, se reconnecter à la “médecine des simples”, à la nature, et arrêter d’appliquer sur nos corps des produits du commerce dont la liste INCI est longue comme le bras ! Le savon saponifié à froid et le macérât de calendula sont des must have pour moi ! 

Voilà l’article sur la trousse de toilette de bébé “au naturel” que j’avais écrit avant la naissance de Garance.

Si on veut parler de “produits”, j’avais aussi écrit sur ce sujet en me demandant si devenir parents c’était la ruine… et pour moi on peut tout limiter, peu de matériels de puériculture sont réellement indispensables…. Cette surconsommation de la naissance (qui accessoirement ruine les futurs parents) est réellement un symptôme d’une société de consommation malade… L’essentiel n’est vraiment pas là. Si j’avais à recommander un indispensable, ce serait l’écharpe de portage ou le sling pour porter bébé (et l’atelier de portage qui va avec !) et ainsi permettre une continuité avec la grossesse… Si je devais recommander une marque ce serait Tinge Garden qui crée des produits français, magnifiques, qualitatifs et confortables !

Mais au fond, je m’adresse à tous les futurs parents : sachez que RIEN n’est plus important pour un bébé que d’être au contact de ses parents! Et ni la poussette et tous ses accessoires jusqu’au transat à 1000 euros, ni le total look mobilier de chambre assorti à plusieurs milliers d’euros satisferont les besoins de votre bébé… Gardez en tête que votre bébé a des BESOINS réels et NORMAUX, parfois intenses… il n’y a que le contact humain, idéalement avec VOUS ses parents (ou à défaut avec d’autres humains) qui satisfera ses besoins ! Aucun matériel de puériculture ne peut se substituer à ce contact vital pour le nouveau né! 

Des conseils pour des parents qui s’intéressent au maternage proximal ? Comment avez-vous fait ce cheminement avec ton mari ?

Chez nous, le maternage proximal était déjà un objectif avant que nous ayons notre fille. On en avait parlé ensemble (heureusement) et on savait qu’on souhaitait élever nos enfants dans le respect de tout leur être, de leur personnalité, de qui ils sont, sans leur mentir, sans violence… Malgré les “tu verras quand tu auras des enfants, tu feras comme tout le monde” qu’on avait pu entendre…….. On n’a pas fait comme tout le monde. On n’est pas tout le monde. On est nous. Et nos enfants sont eux et cela mérite d’être entièrement respecté. Alors on a lu, et on s’est informés. Il faut les bonnes sources évidemment, mais il existe aujourd’hui de nombreux livres sur la parentalité proximale et consciente… Si on va chercher aux éditions L’instant présent ou bien Le Hêtre Myriadis, on ne peut pas se tromper! Lire beaucoup. S’informer… Mais surtout écouter son instinct de parent! Ecouter son coeur. Et ne laisser PERSONNE nous dire que l’on a tort car nous sommes les SEULS spécialistes de nos enfants ! 

Tu es récemment devenue doula. Peux-tu nous parler de ce qu’est une doula et de ce qui t’a amenée à vouloir accompagner les femmes dans leur maternité, pendant et après la grossesse?

Une doula c’est une personne, une femme en général, qui accompagne la grossesse, parfois l’accouchement, et le post-partum. Son action est entièrement non médicale; elle ne s’apparente donc pas à une sage-femme mais toutes deux sont complémentaires ! La doula soutient le processus du “devenir mère” dans son ensemble. Elle accompagne le bouleversement psycho-émotionnel, soutient la femme, le couple dans leurs choix et décisions. J’ai fait tout un article sur mon blog sur ce qu’est une doula selon moi…. Il y a tellement à dire ! 

Ce qui m’a amenée jusqu’ici j’en ai parlé un peu déjà : c’est ma propre maternité, ce besoin viscéral de transmettre… et bien sûr, ce projet photo que j’ai mené (Motherhood into the Wild) et toutes ces femmes rencontrées depuis 2 ans ainsi que leurs histoires. J’ai pensé alors que j’avais moi aussi quelque chose à faire dans le monde de la naissance… que je pouvais apporter ma pierre à l’édifice ! 

Pour ma part, je ne suis pas “birth doula”, c’est à dire que je ne fais pas les accouchements. C’est un vrai choix de vie pour nous : tant que j’aurais des enfants en bas âge, un conjoint qui travaille loin et aucune solution de garde “à l’improviste”, je ne souhaite pas nous imposer ni les astreintes ni toute l’organisation et le “stress” qu’il y a autour des départs pour les accouchements! J’ai donc décidé pour l’heure de me limiter à l’accompagnement du pré et du post-natal (pour lesquels il y a déjà énormément à faire…), ainsi que tous les changements que cela engendre chez les mères à moyen / long terme. J’organise aussi des cercles de femmes; je suis doula, photographe et moon mother, au service de l’empuissancement des femmes ! 

A ce titre, je crée et je co-organise cette année deux retraites : 

“Empowered Parents : Chemin sacré pour enfanter en conscience” pour les futurs parents / couples en projet bébé qui mixe Naissance Quantique, Herboristerie et Chamanisme celte. 

“Empowered Mothers : Honorer sa Mission de Vie” Pour les femmes, mères qui ont été transcendées par leur maternité et ont envie de se reconvertir professionnellement ou de mener un projet personnel / créer leur vie de rêve! Car pour moi le devenir mère ne se limite pas aux quelques mois qui suivent la naissance. C’est bien plus puissant que cela ! 

Merci Andréa !

 

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