Delphine kraamzorg

24.03.2021

Rencontre avec Delphine, kraamzorg à Amsterdam

Paroles d'experts

Est-ce que tu pourrais te décrire en quelques mots ?

Je m’appelle Delphine et je suis kraamzorg à Amsterdam. J’ai 3 enfants : 22 ans, 17 ans, 15 ans et un beau-fils de 15 ans.

Pourquoi Amsterdam ? J’y avais habité avec mes parents de l’âge de 9 à 15 ans. Il y a quelques années, mon amoureux d’enfance m’a recontactée, et j’ai quitté Paris pour le retrouver avec mes deux plus jeunes enfants en 2015. Une vraie histoire de film …

Qu’est ce qui t’a donné envie de lancer en tant que kraamzorg (et peut être expliquer ce que c’est car peu de femmes connaissent en France!) ?

En arrivant aux Pays-Bas, je voyais mon amoureux qui adorait son job, et moi le seul intérêt que je voyais à mon job à l’époque (je travaillais en banque), c’était le salaire.

C’est mon mari qui m’a poussé à trouver un travail qui me plaise vraiment. J’ai réfléchi à ce qui m’avait toujours animé : la maternité, et aider mes amies jeunes mamans. Je n’avais pas du tout peur de sortir de ma zone de confort, je l’ai fait régulièrement dans la vie, et cela ne m’a jamais dérangée.

J’ai alors contacté des sage femmes pour échanger et voir ce que je pourrais faire à leurs côtés. Très rapidement, l’une d’elles m’a fait rencontrer une kraamzorg : c’était la révélation ! 2 mois après, je commençais la formation accélérée qui dure 1 an.

Une kraamzorg qu’est ce que c’est ?

C’est un mélange de Sage-femme, doula post-partum et auxiliaire de Puériculture avec un rôle bien encadré.
C’est un peu l’équivalent d’une doula dont on parle en France avec un rôle plus encadré.

Aux Pays-Bas, elles obtiennent un diplôme d’état après avoir prêté serment. Elles peuvent ensuite travailler dans des “bureaux de naissance” ou se mettre à leur compte.

La formation est très complète : corps humain, organe génital, accouchement, premiers secours, soins du bébé, psychologie femme/mère, poser des limites et apprendre à dire non (très néerlandais)…

L’accompagnement dure 8 jours à partir de l’accouchement (ou du retour au domicile pour les femmes qui accouchent à l’hôpital). La kraamzorg est au sein de la famille pendant ces 8 jours : accompagnement moral, soins du bébé, préparation des repas, nettoyage douche et WC, rangement du linge, information des parents sur des sujets importants (contraception, allaitement, alimentation…).

Cette prestation est quasiment systématiquement remboursée par les assurances. 99% des femmes qui accouchent aux Pays-Bas ont une kraamzorg.

La kraamzorg travaille main dans la main avec la sage femme, il n’y a pas de notion de hiérarchie, les rôles sont bien déifinis.

Aujourd’hui les kraamzorgs sont principalement des femmes, je crois qu’il ny a que 2 hommes kraamzorgs aux Pays-Bas.

Si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à aller écouter mon podcast “Au coeur de la famille” !

A retenir : Aux Pays Bas, c’est 1 femme, 1 sage femme, 1 kraamzorg.

Pour moi ça a été très rapide d’avoir des mamans. Le bouche à oreille au sein de la communauté d’expat français a très vite fonctionné. Aujourd’hui j’ai tellement de demandes que je ne peux pas dire oui à tout le monde.

Ce n’est pas trop dur de tout concilier entre tes accompagnements et ta vie personnelle? Comment tu t’organises ?

Je ne prends pas plus de 3 familles par mois, idéalement 2 chaque mois et j’essaie d’avoir 15j minimum d’écart entre les 2 termes.

Je  m’organise également avec des collègues remplaçantes. Il y a beaucoup d’entraide entre les kraamzorgs.

Après, tout cela est possible parce que mes enfants sont grands et autonomes. Mon mari et mes enfants sont derrière moi, je n’ai pas de charge mentale dans ma famille. Mes enfants savent cuisiner, ils font les courses, et mon mari sait tout gérer si besoin.

C’est un métier qui demande une grande flexibilité, des horaires parfois compliqués. Tu ne sais pas quand tu vas travailler et quand je donne rendez-vous c’est toujours “sous réserve de”.

Comment avais-tu vécu personnellement ta maternité, ta grossesse, les premiers mois après bébé ?

J’ai eu 3 césariennes en France. Je ne peux pas dire que c’était de mauvaises expériences, mais elles n’étaient pas agréables. Je les ai vécues comme des fatalités : je me suis dit “mon bébé est en vie, je suis en vie, ça ira”. Le dernier accouchement a été sous anesthésie générale, ça a été violent.

Finalement, je vis un peu par procuration avec les mamans que j’accompagne les accouchements que j’aurais aimé avoir. Et leurs victoires, c’est un peu les miennes aussi !

Avais-tu adapté ton alimentation pendant la grossesse ?

Je n’étais pas immunisée contre la toxoplasmose donc je devais faire attention.

D’ailleurs, petite anecdote, au Pays-Bas, il n’y a pas de prise de sang pour contrôler  la toxoplasmose.

L’alimentation, est-ce un sujet en tant que kraamzorg ?

Aux Pays-Bas, culturellement, l’alimentation ce n’est pas intéressant, ce n’est pas un plaisir. Ils se nourrissent, c’est tout. C’est très différent de la France.

Pendant notre formation, on nous parle d’alimentation : manger varié, des fibres, des légumes, boire beaucoup mais on ne nous propose pas de recette type.

Pendant mes accompagnements de famille, j’essaie d’instaurer un rythme de repas, de passer du temps à table avec eux.

Souvent, je cuisine pour eux. J’ai quelques recettes fétiches : mon bouillon aux boulettes de viande, mon ristotto saumon poireaux et sinon je vois avec les parents ce dont ils ont envie et ce qu’il y a dans le frigo.

Un accompagnement de maman qui t’a particulièrement marqué ?

Toutes les familles m’apportent beaucoup. J’ai en plus de la chance de choisir la plupart de mes familles. Je reste en contact avec certaines et mon téléphone regorge de photos de bébés que j’ai accompagnés.

Mais s’il y a une histoire qui m’a marquée, c’est celle d’une maman malade que j’ai rejoint sans la connaître. J’avais plein d’a priori sur sa situation, et tout s’est très bien passé. Il faut apprendre à laisser de côté ses préjugés.

Et que peut-on te souhaiter pour la suite ? pour la profession de kraamzorg ?

J’espère que le système Français va permettre un meilleur accompagnement post-natal et pourquoi pas avec une kraamzorg- aide maman. Aux Pays-Bas il n’y a pas assez de kraamzorg aujourd’hui, ce serait dommage que le système s’arrête par manque de professionnels.

Credit photo : Copyright Neeltje Klein

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