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08.04.2021

par Jolly Mama

Accouchement à la maison : est-ce possible ?

Accouchementaccouchement dans l'eaueauocytocinewaterbirth

Peut-on accoucher chez soi ? Quelles sont les conditions ? Alors que l’accouchement à domicile est très peu connu en France et concerne moins d’1% des naissances, chez nos voisins Européens, il est beaucoup plus fréquent. Aux Pays-Bas l’accouchement à domicile concerne 1 femme sur 6 ! Au Royaume Uni, il concerne 20% des naissances.

L’accouchement à la maison : combien de naissances en France?

Aujourd’hui plusieurs options s’offrent aux mamans pour accoucher : la maternité, la maison de naissance depuis fin 2015 et leur domicile. Cette dernière option, nommée Accouchement Assisté à Domicile (AAD), est légale mais ne s’adresse pas à toutes les mamans.

Selon les derniers chiffres, en 2019,  910 femmes ont accouché chez elles sans nécessité de transfert ni pendant ni après l’accouchement (soit 0.14% des naissances en France).

L’accouchement à la maison : pour qui ?

L’accouchement à la maison n’est pas pour tout le monde.

Voici les critères d’inclusion qu’il faut remplir pour pouvoir accoucher chez soi [1]:

–        Être en bonne santé

–        Ne pas présenter de grossesse dite à risque (jumeaux, malformations congénitales, diabète, hypertension de la mère…)

–        Les circonstances de la naissance doivent être physiologiques et ne pas présenter de risque majoré de complication (siège, gémellaire)

–        L’accouchement doit avoir lieu entre 37 et 42 SA.

–        Avoir son domicile situé suffisamment proche d’une maternité, selon l’appréciation de la sage-femme qui pratiquera l’AAD (20-30 minutes) [2]

En plus, il faut une vraie implication et préparation de toute la famille, notamment du deuxième parent.

Voici une liste des critères qui pourraient être une contre-indication (selon le jugements des practiennes)[3] :

Pour la maman :

–       Hypertension artérielle non traitée et significative (risque de pré-éclampsie)
–       Diabète
–       Anémie
–       Dépendance à la drogue ou à l’alcool
–       Placenta prévia
–       Problème cardiaque existant
–       Antécédents d’hémorragie de la délivrance
–       Plaquettes basses ou problèmes de coagulation avérés
–       Utérus cicatriciel
–       Accouchement avant la 37e ou après la 42e semaine d’aménorrhée, pas de suivi de grossesse et/ou pas d’échographie morphologique

Pour le bébé :

–       Retard de croissance
–       Présentation en siège ou en transverse
–       Une grossesse multiple
–       Bébé porteur d’une pathologie nécessitant une prise en charge pédiatrique immédiatement après la naissance

L’environnement :

–       Plus de 20-30 minutes de l’hôpital
–       Plus d’une heure du domicile de la sage-femme
–       Pas d’accès à l’eau courante
–       Pas de possibilité de chauffer le lieu de naissance à plus de 25°

L’accouchement à la maison : comment ça se passe ?

Vous serez suivie par une même sage femme durant la grossesse, l’accouchement et en post natal (à la fois fois les soins post nataux de la mère et de l’enfant).

Comme dans n’importe quelle grossesse, vous aurez un suivi tout au long des 9 mois : échographies, analyses médicales. Une attention particulière sera accordée à la préparation psychologique : implication du deuxième parent et visite du domicile avant le dernier mois de grossesse.

Toute pathologie au cours de la grossesse va entraîner une consultation ou un transfert vers un autre professionnel. Lorsque le problème est réglé la sage femme peut reprendre le suivi médical de la grossesse.

Vous serez également inscrite dans une maternité proche en amont, et vous rencontrerez un anesthésiste pour préparer une éventuelle prise en charge en cas de complication.

Lors de l’accouchement, la sage femme arrive avec un matériel médical pour être préparée à gérer des urgences si nécessaire : de quoi oxygéner le bébé, désobstruer les voies aériennes, suturer…

Si le travail ne se déclenche pas tout seul (dans le cas d’un dépassement du terme ou d’une rupture de poche des eaux) vous serez réorientée vers une maternité. En 2019, 16% des femmes suivies en vue d’un AAD ont ainsi dû être réorientées [4]. A noter cependant que votre sage femme pourra vous proposer des méthodes de déclenchement “naturelles” tel que le décollement du pôle inférieur de l’œuf, l’acupuncture ou l’homéopathie.

Il semblerait que la primiparité (le fait d’être maman pour la première fois) augmente le risque de transfert avant, pendant et après l’accouchement, mais qu’en revanche l’âge de la maman ou le poids du bébé ne soient pas des facteurs.

Et en termes de coût ?

En France, la tarification des actes médicaux se fait à l’acte. Pour un accouchement simple (un seul bébé), de jour (hors majoration nuit, dimanche ou jour férié), réalisé par une sage-femme, le tarif conventionné est 349,44€ quelque soit le lieu de naissance et le temps passé auprès de la maman.

La majorité des sage-femme demandent des dépassements d’honoraires, avec des ordres de prix très variables de l’une à l’autre ( cela peut être 100€ comme 1000€). Certaines mutuelles prennent en charge tout ou une partie de ce dépassement d’honoraire. Ces dépassements s’expliquent en grande partie par le coût très important de leur assurance pour exercer.

Et comment ça se passe niveau matériel et tâches ?

Les sages femmes protègent généralement les meubles et le sol avec des housses de protection. On peut utiliser de l’hydrogène peroxyde en cas de tâches. Votre partenaire devra le cas échéant vider la piscine de naissance, mais on peut aussi utiliser une pompe et la vider facilement par la fenêtre (certaines sages femmes en mettent à disposition).

Les avantages de l’accouchement à domicile

Etre chez soi et entourée des siens

Alors que 40 % des maternités ont fermé en France en 20 ans, dont une majorité de petites maternités de proximité, l’offre est parfois inadaptée pour les parents. Il faut parfois faire plusieurs dizaines de kilomètres pour se rendre à la maternité…

«Être actrice de son accouchement»

Les mamans désireuses d’accoucher chez elles le font pour accoucher dans un cadre moins “médical”, plus “chaleureux”. Un accouchement à la maison veut également dire pas de péridurale : c’est aussi une façon de démédicaliser la naissance, d’avoir un accouchement “plus naturel”.

Moins d’interventions non nécessaires

La plupart des femmes ayant accouché à domicile en 2019 ont pu bénéficier de la pratique hands off.[5] Celle-ci consiste à laisser la femme gérer elle-même et selon ses ressentis la phase expulsive sans aucune intervention (toucher, manœuvre…) sur son périnée ou le mobile fœtal.

Une relation de confiance avec sa sage femme

Normalement c’est la même sage femme qui suit la maman de la préparation aux soins post nataux. Une relation de confiance se crée. C’est parfois plus compliqué quand on arrive à la maternité ou à la maison de naissance et on ne connait pas la sage femme qui va s’occuper de nous.

Un allaitement facilité

Le taux d’allaitement à la naissance est de quasi 100%, et de façon exclusive.

Presque pas de recours à l’épisiotomie et moins de déchirures

65% des femmes ayant accouché à domicile ont eu un périnée intact (sans déchirure). Seulement 10% des femmes (109) ont dû avoir des sutures. A noter que le risque de déchirure est plus important chez les femmes dont c’est le premier accouchement.

Une épisiotomie n’a été nécessaire que pour 3 femmes (0,32%) dans les 3 cas pour sortir l’enfant en urgence (60 fois moins fréquent que la moyenne nationale).[6]

Un clampage du cordon retardé et la possibilité d’accoucher dans l’eau

Voir à ce sujet nos articles Accouchement dans l’eau : quels bénéfices ? quels risques ?  et Placenta : pourquoi couper le cordon le plus tard possible ?

Les “inconvénients”

Le manque de sage femmes qui pratiquent l’AAD

Comme le note le CDAAD – Collectif de Défense de l’Accouchement  Domicile, les sages femmes parcourent parfois des distances importantes, conséquence du fait que peu de professionnelles accompagnent des AAD.

Actuellement, seulement 70 à 80 sages-femmes proposent l’accouchement assisté à domicile en France, ce qui est peu.

Pas de soulagements de la douleurs via les méthodes classiques

Les moyens utilisés pour soulager durant l’accouchement sont “naturels”. Mais naturel ne veut pas dire inefficace, bien au contraire. Pour plus de détail là-dessus, consultez notre article : 5 Conseils pour Préparer un Accouchement Naturel

On peut notamment évoquer :

–        L’immersion dans l’eau durant l’accouchement à des fins antalgiques (voir à ce sujet notre article : Accouchement dans l’eau : quels bénéfices ? quels risques : https://jollymama.fr/guide/accoucher-dans-leau/)

–        Les sons (vocalisés ou chant)

–        Les massages

–        L’homéopathie

–        L’autonomie durant tout l’accouchement

–        La sophrologie et/ou l’hypnose

–        L’acupuncture

En cas d’urgence, il faut être transférée

Avoir prévu d’accoucher à domicile ne veut pas forcément dire le faire. En 2019, sur 1298 femmes suivies en vue d’un AAD : 1081 ont effectivement débuté le travail à domicile et 910 (84%)  ont effectivement accouché chez elles sans nécessité de transfert ni pendant ni après l’accouchement.

Même si aucun risque n’a été identifié pendant la grossesse, il peut néanmoins survenir des complications graves (et heureusement rares) qui nécessitent une prise en charge à l’hôpital et un transfert très rapide.

L’accouchement à domicile : est-ce vraiment sécuritaire ?

Jusque dans les années 30 et 40, la plupart des accouchements se déroulaient à la maison, puis ils sont partis vers les maternités, réputées plus sûres pour des raisons d’hygiène et de sécurité des mamans et de leurs nouveaux nés.

Sécurité : que montrent les études ?

Plusieurs études menées dans différents pays développés, démontrent que l’accouchement accompagné à domicile est aussi sécuritaire que l’accouchement en milieu hospitalier pour les grossesses à bas risque.

Une étude publiée dans The Lancet fin juillet 2019 a utilisé les données d’une vingtaine d’études publiées depuis 1990 et pu comparer les résultats de 500 000 naissances à la maison et à un nombre similaire de naissances à l’hôpital en Suède, en Nouvelle-Zélande, en Angleterre, aux Pays-Bas, au Japon, en Australie, au Canada et aux États-Unis. Elle a ainsi pu mettre en évidence que les risques n’étaient pas plus élevés, en termes de mortalité périnatale et néonatale, lors d’un accouchement prévu à domicile que lors d’un accouchement prévu en milieu hospitalier pour les grossesses à bas risques.[7]

Au Royaume-Uni, le National Institute for Health and Care Excellence (équivalent britannique de la Haute Autorité de Santé) encourage depuis 2014 les femmes à accoucher chez elles ou en maisons de naissance lorsqu’aucune complication n’est attendue.

En France en  2019, seuls 0.46% des accouchements à domicile ont nécessité des transferts en urgences, 0.4% des enfants ont eu besoin d’une réanimation néonatale. Tous les enfants nés à domicile étaient vivants et aucun décès n’a été observé dans la période néonatale. 1% des femmes ont fait une hémorragie du post partum sévère (10), ce qui serait 2 fois moins élevé que le taux moyen.[8]

Et la distance avec la maternité ?

La distance moyenne entre le domicile de la mère et la maternité était de 2 0km et 5% des femmes résidaient à plus de 45 km d’un hôpital. Parmi ces familles aucune femme n’a nécessité de transfert et 1 seul nouveau-né a dû être transféré pour surveillance à la suite d’une détresse respiratoire transitoire les 10 premières minutes de vie. La distance n’a pas impacté le devenir de ce nouveau-né dont l’état avait été stabilisé par la sage-femme ayant accompagné l’accouchement[9].

Les maisons de naissance, une autre option

Pour répondre au souhait d’un accouchement moins médicalisé, certains hôpitaux disposent désormais de salles physiologiques ou nature, situées au sein de la maternité. Les maisons de naissance se situent à côté de l’établissement.

En conclusion

Accouchement à l’hôpital, en maison de naissance, avec ou sans péridurale, à domicile, l’essentiel est d’avoir les bonnes informations pour faire son choix et de pouvoir vivre son accouchement comme on le souhaite.

 

SOURCES :

[1] La charte de l’accouchement à domicile, Association des Sages Femmes libérales

[2]  Hugo Pilkington et coll. « Where does distance matter ? Distance to the closest maternity unit and risk of fetal and neonatal mortality in France. » 2014

[3] Reprise des contre-indications présentées sur : http://aad-accouchement-domicile.fr/contre-indications/

[4] Sécurité et qualité des accouchements assistés à domicile en France : Analyse des données de l’année 2019

[5]  Sécurité et qualité des accouchements assistés à domicile en France : Analyse des données de l’année 2019

[6] Sécurité et qualité des accouchements assistés à domicile en France : Analyse des données de l’année 2019

[7] Hutton EK, Reitsma A, Simioni J, Brunton G, Kaufman K. Perinatal or neonatal mortality among women who intend at the onset of labour to give birth at home compared to women of low obstetrical risk who intend to give birth in hospital: A systematic review and meta-analyses. EClinicalMedicine. 2019 Jul 25;14:59-70. doi: 10.1016/j.eclinm.2019.07.005. PMID: 31709403; PMCID: PMC6833447.

https://www.thelancet.com/action/showPdf?pii=S2589-5370%2819%2930119-1

[8]Sécurité et qualité des accouchements assistés à domicile en France : Analyse des données de l’année 2019

[9]Sécurité et qualité des accouchements assistés à domicile en France : Analyse des données de l’année 2019