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10.02.2021

par Jolly Mama

Accouchement: la masturbation comme antidouleur ?

Accouchementmasturbationocytocine

L’accouchement est souvent appréhendé et vécu comme un événement douloureux, avec comme seule planche de salut, la péridurale.
Et pourtant, saviez-vous que certaines mères peuvent vivre leur accouchement presque sans douleur, et parfois même comme une expérience intense et très positive ? Alors, peut-on prendre son pied en accouchant ?

L’accouchement est sexuel par nature (après tout, il a bien fallu le faire cet enfant !) Les hormones présentes durant la naissance sont les mêmes à l’œuvre dans notre sexualité, notamment durant l’orgasme [1]  . Et pourtant parler de sexualité durant l’accouchement a longtemps été considéré comme tabou.

Saviez-vous qu’il est possible de stimuler son clitoris et son vagin pour diminuer la douleur ? On appelle ça le “birthgasm”. Il est également possible de stimuler ses seins pour activer la sécrétion d’ocytocine, et relancer un travail qui stagne !

Retour sur ce phénomène en passant en revue les dernières études scientifiques !

Le birthgasm : le rôle des hormones lors de l’accouchement

Les hormones en jeu lors de l’accouchement sont les mêmes que lorsque nous faisons l’amour. Notre corps relâche naturellement une combinaison d’hormones pour permettre une progression du travail.

Elles permettent également d’activer des mécanismes anti douleurs dans le cerveau et dans la moelle épinière, pour soulager les femmes. [2]

Lorsque le travail commence, l’ocytocine est libérée de façon pulsatile, ce qui augmente les contractions utérines, et va ainsi augmenter progressivement la douleur.

Quand la douleur est forte, l’adrénaline est libérée (en réponse au stress), ce qui va “moduler” et “atténuer” les effets de l’ocytocine.

Pendant ce temps, les bêta endorphines sont libérées. Un niveau élevé de bêta endorphines non seulement apaise la douleur mais procure également un sentiment de plaisir, d’excitation.

Cet état “second” qui se produit parfois durant l’accouchement permettrait, selon les chercheurs, d’aider les femmes à se comporter de façon intuitive et à utiliser les mouvements de leur corps pour faciliter la naissance [3].  On comprend alors ce qui peut se passer quand l’accouchement devient “contraint”, qu’une femme est obligée d’accoucher dans un certaine position…

Les bêta endorphines vont ainsi soulager la douleur, ce qui va réduire la sécrétion d’adrénaline.

Quand les niveaux d’adrénaline baissent, l’ocytocine peut à nouveau remonter, et faire progresser les contractions. Et ainsi de suite…

Ce cycle permet ainsi de faire progresser le travail tout en maintenant un niveau de douleur “sous contrôle”. [4]

Did you know ?

L’adrénaline et la noradrénaline sont des hormones de “combat ou de fuite”. L’organisme les produit pour se protéger et être prêt à fuir ou à se battre pour rester en vie.

Elles sont sécrétées dans l’accouchement et quand on fait l’amour, comme pour se protéger dans ces moments de plus grande vulnérabilité et d’immobilité. Une sécrétion trop importante de ces hormones peut ralentir les contractions et augmenter la durée du travail [5].

En revanche, un pic d’adrénaline vers la fin de l’accouchement, provoqué par la pression forte de la tête du bébé sur le lower birth canal, pourrait accélérer la délivrance.

Que se passe-t-il en cas de déclenchement ?

L’ocytocine de synthèse parfois donnée pour déclencher le travail augmente les contractions, mais sans l’effet calmant des bêta endorphines. Cela provoque un stress important et donc une libération trop importante d’adrénaline, ce qui peut stopper net le travail. Le recours aux instruments comme la ventouse ou les forceps est alors plus probable.

La masturbation : un anti douleur lors de l’accouchement

Lorsque la tête du bébé descend dans le canal, elle peut parfois stimuler le nerf hypogastrique et le nerf pelvien, voir toucher ce qu’on appelle le point G.[6]

Une stimulation du clitoris et du vagin pourrait également avoir un effet analgésique [7].

D’ailleurs pendant le travail, lorsque les contractions s’intensifient, certaines femmes vont naturellement porter la main à leur vagin pour exercer une légère pression : c’est instinctif !

Les études ont montré que la tolérance à la douleur augmentait de 50% quand les parois internes du vagin étaient stimulées. Quand en plus les femmes stimulent leur clitoris, cette tolérance augmentait jusqu’à 75% ! [8]

Une des hypothèses des chercheurs serait que les nerfs du vagin peuvent passer des messages directement au cerveau, sans passer par la moelle épinière, soulageant ainsi la douleur, et provoquant parfois un orgasme chez ces femmes.

En effet, les femmes avec des blessures à la moelle épinière peuvent observer aussi une réduction importante des douleurs avec la stimulation vaginale.

Cette hypothèse fut vérifiée ensuite par IRM : les nerfs du vagin court-circuitaient complètement la moelle épinière pour transmettre des messages au cerveau !

Le birthgasm ou la naissance orgasmique

Le birthgasm : qu’est ce que c’est ?

Ina May Gaskin, sage femme et pionnière de l’accouchement naturel, souvent considérée par ses pairs comme la mère de l’obstétrique moderne, avait pu observer que certaines femmes se comportaient pendant l’accouchement comme si elles avaient un orgasme. [9]

Le “birthgasm” peut arriver de façon involontaire et soudaine avec les mouvements de va et vient du bébé dans le canal, ou quand la femme, avec l’aide de son ou sa partenaire, se touche lors de l’accouchement dans le but d’atténuer la douleur. [10]

Comme le souligne Debra Pascali-Bonaro, doula et au centre du mouvement de la naissance orgasmique [11], l’idée n’est pas de placer sur les femmes une pression de la performance, mais de challenger ses croyances autour de la naissance, et de s’ouvrir à la possibilité, qu’en effet, la naissance, peut être “orgasmique”.

Le birthgasm, ça arrive vraiment ?

Dans une étude de 2013 parue dans le journal Sexologies, les chercheurs avaient interrogé 100 sages-femmes en France, qui avaient pu assister à la naissance de plus de 206,000 bébés.

Ils concluerent que ce “birthgasm” avait pu être observé dans 0.3% des naissances.

Plus de 69% des sages-femmes de l’étude ont rapporté avoir vu ce phénomène au moins une fois.

Les sages femmes ayant pu assister à ces naissances racontent que l’intensité est simplement liée à un sentiment d’amour et de soulagement de bientôt pouvoir rencontrer son enfant.

Que faire pour vivre un accouchement plus “agréable” sans forcément passer par la masturbation !

Aider le travail naturellement

Ina May Gaskin recommandait des techniques comme la stimulation des tétons ou tout type de stimulation pour aider le travail à progresser si celui-ci stagne.

En grec, ocytocine veut dire littéralement “naissance rapide”. Elle est produite en réponse à des stimulations comme sur les seins [12], les tétons, le clitoris, le vagin, le cervix…ou encore quand nous faisons du peau à peau avec notre bébé ou quand nous l’allaitons.

C’est “l’hormone de l’amour”. Selon les chercheurs, l’ocytocine augmente le nombre de récepteurs dans l’utérus et contribue à rythmer les contractions. [13] Des études ont ainsi mis en évidence un rôle anti douleur de l’ocytocine naturel. [14]

Faire l’amour permettrait également de déclencher le travail. Le sperme contient en effet des doses élevées de prostaglandines qui peuvent aider à modifier le col et le préparer au travail.

Cependant les études sont partagées là-dessus. Dans une étude aléatoire contrôlée, 108 femmes ont reçu le conseil de faire l’amour pour déclencher le travail, et 102 n’ont pas eu d’instruction particulière. [15]

Les chercheurs n’ont pas vu de différences significatives entre les 2 groupes, que ce soit sur le leur col, leur chance d’avoir eu une césarienne, ou d’autres facteurs.

Ne pas (trop) écouter des histoires d’accouchement difficiles

Déjà en 1968, le chercheur Meares soulignait l’importance de ne pas trop se faire peur avec des histoires d’accouchement difficiles, pour ne pas perpétuer cette notion négative de l’enfantement, et ainsi donner une chance à son corps et à son bébé d’accoucher naturellement. [16]

Donner une chance à son corps de vivre la douleur, et appréhender comme une expérience positive peut également diminuer le risque d’interventions médicales. 

Inclure son partenaire

Non seulement le partenaire peut apporter un soutien émotionnel essentiel, mais aussi participer activement à réduire la douleur via des caresses ou des massages.

Se faire accompagner par une doula

Pour vivre une naissance de façon sereine, qu’elle se passe à l’hôpital, à la maison d’ailleurs.

Donner naissance dans un environnement où on se sent bien

L’intimité est importante pour se sentir bien. En effet, le col et le vagin sont ce que Gaskin appelle des muscles “timides”, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent fonctionner que lorsqu’ils se sentent à l’aise, en “privé”.

La naissance est un processus éminemment complexe qui en fait un événement très sensible à l’environnement. [17] Comme l’amour, tout se passe mieux quand on se sent bien, en sécurité.

Utiliser les techniques pour diminuer la douleur

Si l’idée de vous toucher ou d’atteindre l’orgasme pendant votre accouchement vous semble trop bizarre, pas de souci !

Faites ce qui vous fait plaisir :  simplement recevoir un massage de votre partenaire, l’embrasser, être dans un environnement où vous vous sentez bien (lumière tamisée, fausse bougie…) peut faire la différence.

Vous pouvez aussi vous renseigner avant votre accouchement sur les techniques de relaxation ou de respiration, les herbes, l’aromathérapie, l’acupuncture ou la réflexologie. [18]

Consulter notre article sur l’accouchement naturel : 5 conseils pour préparer un accouchement naturel ! 

En conclusion

Même si cette idée de naissance orgasmique est de plus en plus présente dans les recherches académiques, très peu sont les couples qui la connaissent. Et pourtant, on peut donner naissance et vivre cette expérience de façon magique et intense !

Il est temps de mieux connaître nos propres ressources, de se faire confiance, de remettre la sexualité au centre de l’enfantement, sans honte, sans peur, et de se laisser porter par nos hormones et notre corps.

 

SOURCES :

[1] Colson, Marie. (2010). Female orgasm: Myths, facts and controversies. Sexologies. 19. 8-14.

Meston CM, Frohlich PF. The neurobiology of sexual function. Arch Gen Psychiatry. 2000 Nov; 57(11):1012-30.

[2] Russell JA, Douglas AJ, Ingram CD. Brain preparations for maternity–adaptive changes in behavioral and neuroendocrine systems during pregnancy and lactation. An overview. Prog Brain Res. 2001;133:1-38.

[3] Buckley, Sarah. (2010). Sexuality in Labour and Birth: An Intimate Perspective.

[4] Hotelling BA. From psychoprophylactic to orgasmic birth. J Perinat Educ. 2009 Fall;18(4):45-8.

[5] Buckley, Sarah. (2010). Sexuality in Labour and Birth: An Intimate Perspective.

[6] Whipple B, Josimovich JB, Komisaruk BR. Sensory thresholds during the antepartum, intrapartum and postpartum periods. Int J Nurs Stud. 1990;27(3):213-21.

[7] Whipple B, Komisaruk BR. Elevation of pain threshold by vaginal stimulation in women. Pain. 1985 Apr;21(4):357-367.

[8]Komisaruk, B.R. and Sansone, G. (2003), Neural pathways mediating vaginal function: The vagus nerves and spinal cord oxytocin. Scandinavian Journal of Psychology, 44: 241-2501

Whipple B, Komisaruk BR. Elevation of pain threshold by vaginal stimulation in women. Pain. 1985 Apr;21(4):357-367.

[9] Ina May Gaskin: Ina May’s Guide to Childbirth

[10] Harel, Danielle. (2007). Sexual Experiences of Women during Childbirth.

[11] https://www.orgasmicbirth.com/about/

[12] Kavanagh J, Kelly AJ, Thomas J. Breast stimulation for cervical ripening and induction of labour. Cochrane Database Syst Rev. 2005 Jul 20;(3):CD003392.

[13] Buckley, S. J. (2003). Undisturbed Birth: Nature’s Blueprint for Ease and Ecstasy. Journal of Prenatal & Perinatal Psychology & Health, 17(4), 261–288.

[14] Yang J, Yang Y, Chen JM, Liu WY, Wang CH, Lin BC. Effect of oxytocin on acupuncture analgesia in the rat. Neuropeptides. 2007 Oct;41(5):285-92.

[15] Tan PC, Yow CM, Omar SZ. Effect of coital activity on onset of labor in women scheduled for labor induction: a randomized controlled trial. Obstet Gynecol. 2007 Oct;110(4):820-6.

[16] Relief without drugs – The Self-Management of Tension, Anxiety, and Pain Hardcover – January 1, 1968

[17] Buckley, S. J. (2003). Undisturbed Birth: Nature’s Blueprint for Ease and Ecstasy. Journal of Prenatal & Perinatal Psychology & Health, 17(4), 261–288.

[18] Bayles, B.P. (2007), Herbal and Other Complementary Medicine Use by Texas Midwives. Journal of Midwifery & Women’s Health, 52: 473-478.

Hall HG, McKenna LG, Griffiths DL. Midwives’ support for Complementary and Alternative Medicine: a literature review. Women Birth. 2012 Mar;25(1):4-12.