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21.03.2021

par Jolly Mama

Accouchement dans l'eau : quels bénéfices ? quels risques ?

Accouchementaccouchement dans l'eaueauocytocinewaterbirth

La plupart d'entre nous vivons notre travail ou accouchons sur la “terre ferme”. Si le fait de faire une partie du travail dans l’eau a des bienfaits reconnus depuis quelques années (meilleure gestion de la douleur, moins d’anxiété chez les mamans, un meilleur positionnement du bébé dans le pelvis, et moins de recours à des médicaments pour accélérer le travail ), le fait en revanche de donner naissance dans l’eau est plus controversé.

Mais alors, qu’en est-il vraiment ? Quels sont les bienfaits et les risques d’un accouchement dans l’eau ? Nous avons fait le tour des études scientifiques disponibles sur la question.

Qu’est ce qu’un accouchement dans l’eau ?

Lors d’un accouchement dans l’eau, la maman reste dans l’eau non seulement lors de la phase de poussée mais aussi lors de la naissance du bébé [1].  Le bébé est alors remonté à la surface après sa naissance. On peut alors ensuite pousser le placenta dans ou hors de l’eau.

Les bénéfices potentiels d’un accouchement dans l’eau

Bénéfices potentiels pour les mamans

Accouchement dans l’eau : Moins de douleur ressentie

Les femmes qui accouchent dans l’eau ressentent moins la douleur selon les études [2][3]. La conséquence : un besoin moindre de recourir à des médicaments analgésiques [4], et presque pas de péridurale (0% selon certaines études)[5].

Accouchement dans l’eau : Une meilleure expérience de son accouchement

Les femmes qui accouchent dans l’eau ont en moyenne une meilleure expérience que celles qui accouchent hors de l’eau : 72% des femmes disant qu’elles choisiraient encore cette méthode, contre 8% dans le second groupe [6].

En 2003, une revue analysa les naissances de 170 mères qui avaient accouché en Angleterre durant les années 1993-1994. La majorité des femmes décrivirent leur expérience comme positive et très agréable [7], ce qui contrastait avec leurs accouchements antérieurs (si ce n’était pas leur premier enfant).

Accouchement dans l’eau : Moins de médicaments pour soulager la douleur

L’eau permet de soulager la douleur, d’une façon similaire à des analgésiques narcotiques qui peuvent être donnés durant le travail.

Une étude américaine a montré que les femmes qui utilisent une baignoire décrivent l’eau comme efficace pour soulager la douleur à 84% (contre 24% d’efficacité pour les médicaments chez celles qui ont eu des analgésiques)[8].

Autre point positif du travail dans l’eau : il permettrait d’éviter les effets secondaires potentiels des médicaments à base de morphine (une baisse de “conscience” des mamans, un ralentissement de la respiration de bébé)[9].

Un autre élément intéressant : les femmes qui accouchent hors de l’eau disent ressentir moins de douleur lors de la poussée. Mais celles qui accouchent dans l’eau ne se souviennent pas de la douleur après l’accouchement, participant à garder un souvenir très positif de cette expérience [10].

Accouchement dans l’eau : Moins d’utilisation d’ocytocine artificiel et possiblement un temps de travail plus court

Une étude randomisée de 2005 sur 160 mères a pu mettre en évidence une baisse de durée totale du travail (50 minutes de moins!) pour celles qui accouchaient dans l’eau.[11]

A noter que cet effet sur la douleur et la durée du travail s’applique aussi aux mères qui peuvent vivre leur travail dans l’eau.

Accouchement dans l’eau : Une plus grande probabilité d’accoucher par voie basse

Dans les études randomisées, les femmes qui sont assignées (de façon aléatoire) à un accouchement dans l’eau ont plus de chance d’accoucher par voie basse par rapport aux femmes qui sont assignées à un accouchement en dehors de l’eau. Dans une des études par exemple (avec 174 participantes), le taux d’accouchement par voie basse était de 94% dans le groupe “waterbirth” vs 84% dans le groupe “landbirth”[12].

Accouchement dans l’eau : Moins de risque d’avoir une épisiotomie

Accoucher dans l’eau serait protecteur des épisiotomies. Or on sait maintenant que les épisiotomies causent plus de dommages chez les mères qu’une déchirure spontanée, en augmentant le risque de blessures long terme du périnée [13].

Dans 10 sur 12 études qui ont étudié l’impact sur les épisiotomies, les chercheurs ont pu constater une réduction significative du taux d’épisiotomie pour les femmes qui ont eu des accouchements dans l’eau (de 2 à 33 moins de risque !). Bien sûr, il est plus difficile pour un professionnel de santé de pratiquer une épisiotomie dans l’eau, ce qui explique en partie ces chiffres.

Accouchement dans l’eau: Potentiellement moins de risque d’avoir une déchirure du périnée du 3ème ou 4ème degré

L’accouchement dans l’eau serait lié dans les études à une baisse des déchirures du 3ème et 4ème degré. Or ces déchirures sont associées à des problèmes comme une incontinence pour aller à la selle, des douleurs long terme au périnée ou lors des rapports sexuels.

6 études observationnelles ont pu observer que ces déchirures sévères sont plus faibles dans les accouchements dans l’eau [14], et 3 n’ont pas pu observer de différence significative.

Cette réduction du risque est sûrement dû au fait qu’accoucher dans l’eau baisse le taux d’épisiotomies, or les épisiotomies peuvent augmenter le risque de déchirures du 3ème et 4ème degré. [15]

Accouchement dans l’eau : Moins de perte de sang

Une revue a conclu que les femmes qui donnent naissance dans l’eau perdent moins ou autant de sang que celles qui accouchent hors de l’eau [16]. Une autres étude a montré que les femmes qui accouchent sur un tabouret avaient 2 fois plus de risque de faire une hémorragie de la délivrance que les femmes qui accouchaient dans l’eau, tous les autres paramètres étant contrôlés [17].

Bénéfices potentiels pour les bébés

Les études ne permettent pas de dire si l’accouchement dans l’eau apporte des bénéfices pour les bébés. Il est compliqué de tirer des conclusions sur ce point car les sage-femmes ou les médecins sortent les mères de l’eau lorsque la naissance se complique, laissant ainsi le plupart des naissances “sans souci” s’y dérouler.

Les risques possibles d’un accouchement dans l’eau

Les études n’ont pas pu montré d’augmentation du risque pour les bébés lors d’un accouchement dans l’eau, même si les études manquent (seulement 4 études)[18].

Les études n’ont également pas mis en évidence une différence dans le score APGAR (évaluation de la vitalité d’un nouveau-né reposant sur une observation empirique au moment de la naissance) des nouveaux nés à leur naissance après 5 minutes [19].

Dans certaines études, les chercheurs ont même pu mettre en évidence que les enfants nés dans l’eau avaient moins de chance d’être transférés pour des soins à l’hôpital après la naissance, ou dans les 6 premières semaines de vie (3.4% versus 4.5%)[20]. Mais bien sûr, l’accouchement dans l’eau n’est proposé qu’aux mères avec des grossesses sans risques, et quand l’accouchement se passe sans problème…

Un taux plus élevé de déchirure des lèvres lors d’accouchement dans l’eau ?

Il pourrait y avoir un taux plus élevé de déchirure des lèvres lors d’accouchement dans l’eau dans des environnement avec de faible taux d’épisiotomie (à la maison, dans des maisons de naissance)

Les études ont des résultats mixes là dessus, mais 1 étude randomisée [21] et 5 études observationnelles [22] ont montré que les taux de déchirures du 1er et 2nd degrés étaient plus élevés lors des naissances dans l’eau. 2 études observationnelles ont pu au contraire montré une certaine protection contre les déchirures mineures [23], tandis que 4 n’ont pas trouvé de différence [24].

Une des hypothèses des chercheurs serait que beaucoup de ces femmes auraient eu une épisiotomie si elles avaient accouché hors de l’eau. Ainsi, le risque d’avoir une déchirure du 1er et du 2nd degré diminue si on accouche hors de l’eau, car beaucoup auraient été incisées au lieu d’être laissées se déchirer “naturellement”.

La déchirure du cordon : un incident rare mais possible.

Une revue de 2014 sur tous les cas publiés d’accouchement dans l’eau a ainsi pu estimer qu’il y a 3.1 déchirure du cordon par 1000 accouchement dans l’eau [25]. Sur ces cas, 23% sont admis en réanimation, 13% conduisent à une transfusion du nouveau-né, tandis que le reste ne connaît pas d’effet dangereux.

Les professionnels de santé doivent faire attention à ne pas trop tirer le cordon en sortant l’enfant de l’eau et à identifier immédiatement la source de tout saignement.

Les autres risques

Il y a quelques rapports d’aspiration d’eau lors d’accouchement dans l’eau. Mais ces cas n’ont pas été observés dans les études depuis 1999, et la plupart des ses enfants s’en sont complètement remis.

Même si les larges études n’ont pas montré d’augmentation du risque d’infection, il y a eu plusieurs cas rapportés d’infection après un accouchement dans l’eau. Le risque serait abaissé en utilisant des baignoires/bassins faciles à désinfecter, en les remplissant peu de temps avant la naissance, et en testant à l’hôpital régulièrement l’eau, les tuyaux et les baignoires.  On pourrait également déconseiller un accouchement dans l’eau à des mères qui ont eu dans les jours précédents des épisodes de diarrhées.

En conclusion

Effectuer une partie ou tout son travail dans l’eau a des bénéfices reconnus depuis quelques années déjà, pour soulager la douleur, mais aussi pour réduire la première partie du travail. Si accoucher dans l’eau a longtemps été perçu comme controversé, les études n’ont pas mis en évidence de risques accrus pour le bébé.

Bien sûr, les études restent encore peu nombreuses, mais il semblerait que pour les accouchements sans risque, les bienfaits d’un accouchement dans l’eau soient intéressants chez les mère : moins de médicaments, moins d’épisiotomie, moins de déchirures sévères, moins de perte de sang et une expérience plus positive et “puissante” pour la maman.

 

Sources :

[1] Nutter E, Meyer S, Shaw-Battista J, Marowitz A. Waterbirth: an integrative analysis of peer-reviewed literature. J Midwifery Womens Health. 2014 May-Jun;59(3):286-319. doi: 10.1111/jmwh.12194. PMID: 24850284.

[2] Nutter E, Meyer S, Shaw-Battista J, Marowitz A. Waterbirth: an integrative analysis of peer-reviewed literature. J Midwifery Womens Health. 2014 May-Jun;59(3):286-319. doi: 10.1111/jmwh.12194. PMID: 24850284.

[3] Shaw-Battista J. Systematic Review of Hydrotherapy Research: Does a Warm Bath in Labor Promote Normal Physiologic Childbirth? J Perinat Neonatal Nurs. 2017 Oct/Dec;31(4):303-316.

[4] Otigbah et al. 2000; Geissbuehler et al. 2004; Chaichian et al. 2009; Torkamani et al. 2010

[5]Thoeni A, Zech N, Moroder L, Ploner F. Review of 1600 water births. Does water birth increase the risk of neonatal infection? J Matern Fetal Neonatal Med. 2005 May;17(5):357-61.

Zanetti-Daellenbach RA, Tschudin S, Zhong XY, Holzgreve W, Lapaire O, Hösli I. Maternal and neonatal infections and obstetrical outcome in water birth. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol. 2007 Sep;134(1):37-43.

[6]  http://activebirthpools.com/wp-content/uploads/2016/01/THE-EFFECTS-OF-DELIVERY-IN-WATER-ON-DURATION-OF-DELIVERY-AND-PAIN-COMPARED-WITH-NORMAL-DELIVERY.pdf

[7] Richmond H. Women’s experience of waterbirth. Pract Midwife. 2003 Mar;6(3):26-31. PMID: 12677840.

[8] Declercq et al. 2002 : https://www.nationalpartnership.org/our-work/resources/health-care/maternity/listening-to-mothers-i_2002.pdf

[9] Eberhard J, Stein S, Geissbuehler V. Experience of pain and analgesia with water and land births. J Psychosom Obstet Gynaecol. 2005 Jun;26(2):127-33. doi: 10.1080/01443610400023080. PMID: 16050538.

[10]  Eberhard J, Stein S, Geissbuehler V. Experience of pain and analgesia with water and land births. J Psychosom Obstet Gynaecol. 2005 Jun;26(2):127-33. doi: 10.1080/01443610400023080. PMID: 16050538.

[11] Thoeni A, Zech N, Moroder L, Ploner F. Review of 1600 water births. Does water birth increase the risk of neonatal infection? J Matern Fetal Neonatal Med. 2005 May;17(5):357-61.

[12] Ghasemi, Marzieh and Tara, Fatemeh and Ashraf, Hami (2013) Maternal-Fetal and Neonatal Complications of Water-Birth Compared with Conventional Delivery. The Iranian Journal of Obstetrics, Gynecology and Infertility, 16 (70). pp. 9-15.

[13]Jiang H, Qian X, Carroli G, Garner P. Selective versus routine use of episiotomy for vaginal birth. Cochrane Database Syst Rev. 2017 Feb 8;2(2):CD000081.

[14] Dahlen et al. 2012; Geissbuehler & Eberhard 2000; Geissbuehler et al. 2004; Menakaya et al. 2013; Otigbah et al. 2000; Zanetti-Daellenbach et al. 2007a

[15] Jiang H, Qian X, Carroli G, Garner P. Selective versus routine use of episiotomy for vaginal birth. Cochrane Database Syst Rev. 2017 Feb 8;2(2):CD000081.

[16] Nutter E, Meyer S, Shaw-Battista J, Marowitz A. Waterbirth: an integrative analysis of peer-reviewed literature. J Midwifery Womens Health. 2014 May-Jun;59(3):286-319.

[17] Dahlen HG, Dowling H, Tracy M, Schmied V, Tracy S. Maternal and perinatal outcomes amongst low risk women giving birth in water compared to six birth positions on land. A descriptive cross sectional study in a birth centre over 12 years. Midwifery. 2013 Jul;29(7):759-64.

[18] Vanderlaan J, Hall PJ, Lewitt M. Neonatal outcomes with water birth: A systematic review and meta-analysis. Midwifery. 2018 Apr;59:27-38.

[19]Vanderlaan J, Hall PJ, Lewitt M. Neonatal outcomes with water birth: A systematic review and meta-analysis. Midwifery. 2018 Apr;59:27-38.

[20] Cheyney M, Bovbjerg M, Everson C, Gordon W, Hannibal D, Vedam S. Outcomes of care for 16,924 planned home births in the United States: the Midwives Alliance of North America Statistics Project, 2004 to 2009. J Midwifery Womens Health. 2014 Jan-Feb;59(1):17-27.

[21] Chaichian, Shahla & Akhlaghi, Ali & Rousta, Firouzeh & Safavi, Mahboobeh. (2009). Experience of Water Birth Delivery in Iran. Archives of Iranian medicine. 12. 468-71.

[22] Otigbah et al. 2000; Geissbuehler et al. 2004; Zanetti-Daellenbach et al. 2007a; Mollamahmutoglu et al. 2012; Torrisi et al. 2010

[23] Baxter 2006; Burke & Kilfoyle 1995

[24] Burns 2001; Thoeni et al. 2005; Menakaya et al. 2013; Garland & Jones 2000

[25] Schafer, R. (2014), Umbilical Cord Avulsion in Waterbirth. Journal of Midwifery & Women’s Health, 59: 91-94.