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18.06.2021

par Jolly Mama

Allaitement et grossesse en même temps : est-ce possible ?

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J’allaite encore mon enfant et je suis tombée enceinte, dois-je sevrer mon enfant ? Est-ce que je vais avoir assez de nutriments pour le fœtus, pour l’enfant allaité et pour moi-même ? La qualité du lait maternel sera-t-elle impactée ? Puis-je allaiter mes deux enfants après l’accouchement ?

Allaiter pendant la grossesse

De nombreuses craintes subsistent quant au fait de poursuivre l’allaitement de son enfant alors qu’une autre grossesse est en route. Selon les populations, entre 5 % et 60 % des femmes qui tombent enceintes tout en allaitant continuent à allaiter pendant la grossesse[1].

Et si allaiter privait le fœtus des nutriments dont il a besoin ?

Ce n’est pas le cas.

Une bonne alimentation permettra de répondre aux besoins de chacun, que cela soit au fœtus, à l’enfant allaité mais également à vos propres besoins. Il faut simplement s’assurer que l’alimentation est adaptée, avec ou sans compléments nutritionnels, que la femme enceinte prend du poids normalement et consomme des aliments suffisamment nutritifs pour chacun. Une étude a permis de montrer que de poursuivre l’allaitement tout en étant enceinte n’affectait pas la croissance du foetus[2].

Et si le lait maternel n’était plus bon pour l’enfant allaité ?

Le lait maternel est toujours nourrissant, même si sa composition change avec la grossesse, notamment à la fin.

La quantité de lait peut effectivement baisser (plus ou moins selon les femmes), mais on retrouve surtout cette baisse en fin de grossesse.

Après le premier trimestre (vers la 16ème semaine), le lait peut progressivement changer et se transformer en colostrum, ce qui peut avoir un léger effet laxatif sur l’enfant allaité[3]. Mais si votre enfant a plus de 6 mois et commence la diversification alimentaire, il ne sera pas affecté. En revanche, s’il a moins de 6 mois, il faut suivre sa croissance. N’hésitez pas également à consulter une consultante en lactation IBCLC au moindre doute !

En ce qui concerne la présence d’hormones de croissance dans le lait, elles ne sont retrouvées que dans des quantités très faibles. Le bébé est d’ailleurs exposé aux mêmes hormones, présentes dans le sang à des taux considérablement plus élevés[4].

Ainsi, d’après l’OMS, il est préférable de poursuivre l’allaitement au cours d’une nouvelle grossesse, tout en améliorant le régime maternel, en particulier si l’on a pas à disposition des aliments de sevrage appropriés[5].

Continuer d’allaiter peut impacter l’issue de ma nouvelle grossesse, notamment augmenter le risque de fausse couche ?

Probablement pas !

Une des principales craintes de la poursuite de l’allaitement durant la grossesse serait que la stimulation des mamelons par l’allaitement provoquent des contractions utérines pouvant entrainer une fausse couche.

Peu d’études scientifiques ont été faites à ce sujet mais il apparait que l’allaitement maternel concomitant à une grossesse ne constitue pas un risque supplémentaire de faire une fausse couche et bien d’accoucher prématurément[6].

Une autre étude clinique de 2009, menée au Japon, a observé 110 femmes dont les périodes de grossesse et d’allaitement se chevauchaient et 774 autres femmes pour qui ce n’était pas le cas. Cette étude mis en évidence que le risque de fausse couche était respectivement de 7,3 % chez des femmes enceintes et allaitantes et 8,4 % chez les femmes enceintes mais n’allaitant pas simultanément, une différence non-significative[7].

L’allaitement n’augmente donc pas en soi le risque de fausse couche si la grossesse est normale, pas plus que les rapports sexuels, qui induisent également des contractions utérines. La situation pourrait être différente chez les femmes qui ont des antécédents de fausse couche ou d’accouchement prématuré, ou qui présentent une grossesse multiple, mais aucune étude n’existe sur le sujet.

Bien que la stimulation du mamelon soit utilisée pour provoquer la maturation cervicale et induire le travail en fin de grossesse, rien ne prouve que l’ocytocine libérée pendant l’allaitement puisse induire un travail prématuré ou une fausse couche[8], car le pic d’ocytocine n’est pas suffisant et surtout parce que les récepteurs utérins à l’ocytocine ne sont pas complets avant la fin de la grossesse dans l’utérus (L’utérus est « sourd » à l’ocytocine tout au long de la grossesse)[9].

Il semble en effet que le muscle utérin soit insensible à l’ocytocine jusqu’aux alentours de la 38ème semaine de grossesse. Cette insensibilité de l’utérus à l’ocytocine, liée à un nombre très bas de récepteurs pour cette hormone, protège le bébé pendant la grossesse[10]. Une étude a découvert que même une forte dose d’ocytocine synthétique (Pitocin) est incapable de déclencher l’accouchement tant que la femme n’est pas arrivée au terme de sa grossesse ![11]

Quelques inconvénients à l’allaitement au cours de la grossesse

Si l’allaitement peut se poursuivre durant la grossesse sans risque, il est en revanche vrai de dire que la poursuite de l’allaitement peut parfois être désagréable pour la mère.

Douleurs aux mamelons

Des modifications hormonales peuvent en effet générer une sensibilité accrue au niveau des mamelons, voire même une vive douleur.

Diminution de la lactation

Il peut également y avoir une diminution de la lactation, l’enfant va ainsi téter sans pour autant consommer du lait. Cela peut induire un sevrage autonome de l’enfant, généralement au cours du second trimestre[12].  Dans deux études portant sur des mères devenues enceintes pendant l’allaitement, une majorité d’enfants (respectivement 57 % et 69 %) s’étaient sevrés pendant la grossesse[13]. Mais il n’est pas rare que ceux-ci reprennent l’allaitement après la naissance.

Changements d’humeur

Enfin, la grossesse va générer des changements d’humeur, pouvant provoquer de l’irritabilité au cours de la tétée.

Dans une étude sur plus de 500 femmes allaitantes au cours de leur grossesse, il a été mis en évidence que 74 % d’entre elles ont ressenti des douleurs de mamelons à des degrés divers, 65 % ont remarqué une baisse de leur production de lait, et 57 % ont ressenti un certain malaise ou de l’irritation pendant les tétées[14].

Mais pour autant, la poursuite de l’allaitement durant la grossesse peut se faire aussi sans souci particulier.

Et si les choses sont plus difficiles : n’oubliez jamais, une maman heureuse, c’est un bébé heureux ! Donc ne vous mettez pas la pression, et faites ce qui vous semble le mieux pour vous et votre bébé.

Co-allaiter ses enfants

Est-ce possible ?

Dans ces situations, le principe de production de “l’offre et la demande » de la lactation est un mécanisme compensatoire. Il garantit la disponibilité de quantités adéquates de lait maternel, quel que soit le nombre d’enfants qui sont allaités[15]. Notre corps est magique, comme il peut s’adapter et nourrir plusieurs bébés en cas de naissance multiples, il peut s’adapter au co allaitement !

En revanche, il est important de se faire accompagner. Car les difficultés physiques et émotionnelles et le manque de soutien sont généralement des obstacles plus importants qu’une incapacité de notre corps à produire du lait.

Comment ça se passe ?

Au cours des premiers jours de post partum, le lait produit est le colostrum, qui est riche en composants immunologiques et en facteurs de développement. Ce lait sera plus adapté au nouveau-né, et devrait donc être privilégié pour ce dernier (mais passé les premiers jours c’est rarement important).

Par la suite, le lait produit est “mature”, il conviendra aux deux et sera produit en quantités suffisantes pour répondre à leurs besoins. Ainsi, libre à vous de décider comment gérer votre co-allaitement : les allaiter ensemble ou séparément.

Un enfant plus âgé est généralement plus efficace au sein et permettra de soulager l’engorgement[16].

La seule contre-indication particulière au niveau de l’allaitement se pose lorsque l’enfant plus grand a un herpès buccal. Dans ce cas, il ne devrait pas être mis au sein avant la guérison. Dans le cas d’une mycose buccale, vous pouvez envisager d’attribuer un sein spécifique à chaque enfant.

 

SOURCES :

[1] APILAM. 2020. « Pregnancy: Level of Risk for Breastfeeding According to e-Lactancia.Org ». E-Lactancia.Org.

[2] « Maternal and fetal responses to the stresses of lactation concurrent with pregnancy and short recuperative intervals », Merchant, Martorell et Hasse, Am J Clin Nutr 52 : 280-88, 1990.

[3] La leche league

[4]AA 120 : Allaiter enceinte, co-allaiter, Leche League

[5] Akré, James et Organisation mondiale de la santé. 1992. L’alimentation infantile: bases physiologiques. Genève: OMS.

[6]Cetin I et al., Breastfeeding during pregnancy : position paper of the Italian Society of Perinatal Medicine and the Task Force on Breastfeeding, Ministry of Health, Italy, J Hum Lact 2014 ; 30(1) : 20-7.

[7] Ishii, H. (2009), Does breastfeeding induce spontaneous abortion?. Journal of Obstetrics and Gynaecology Research, 35: 864-868.

[8] Molitoris, J. (2019), Breast-feeding During Pregnancy and the Risk of Miscarriage. Perspect Sex Repro H, 51: 153-163.

[9]López-Fernández G, Barrios M, Goberna-Tricas J, Gómez-Benito J. Breastfeeding during pregnancy: A systematic review. Women Birth. 2017 Dec;30(6):e292-e300. doi: 10.1016/j.wombi.2017.05.008. Epub 2017 Jun 19. PMID: 28642112.

[10] AA 120 : Allaiter enceinte, co-allaite, Leche League

[11] T Kimura, M Takemura, S Nomura, T Nobunaga, Y Kubota, T Inoue, K Hashimoto, I Kumazawa, Y Ito, K Ohashi, M Koyama, C Azuma, Y Kitamura, F Saji, Expression of oxytocin receptor in human pregnant myometrium, Endocrinology, Volume 137, Issue 2, 1 February 1996, Pages 780–785,

[12] Moscone, S. R., et M. J. Moore. 1993. « Breastfeeding during Pregnancy ». Journal of Human Lactation: Official Journal of International Lactation Consultant Association 9 (2): 83‑88.

[13] Newton N et Theotokatos M, Breastfeeding during pregnancy in 503 women : does a psychological weaning mechanism exist in humans, Emotion and reproduction 1979 ; 20B : 845-849.

[14] « Breastfeeding during pregnancy in 503 women : does a psychobiological weaning mechanism exist in humans ?”, Newton, N. and Theotokatos, M., Emotion and Reproduction 1979 ; 20B : 845-49.

[15] Gromada, K. K. 1992. « Breastfeeding More than One: Multiples and Tandem Breastfeeding ». NAACOG’s Clinical Issues in Perinatal and Women’s Health Nursing 3 (4): 656‑66.

[16] La Leche League.