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07.10.2021

Jolly Mama

Bénéfices de l’allaitement maternel : qu’en dit la science ?

allaitementpostpartum

De nombreux bénéfices sont attribués à l’allaitement maternel. Nous entendons souvent qu’il est bénéfique pour la maman allaitante car il réduit le risque de cancer du sein et des ovaires, de diabète ou de dépression, et qu’il améliorerait entre autres la cognition et le métabolisme du nourrisson.

Nous avons fait le point sur les études qui prouvent ces effets et celles qui mettent en évidence un lien possible, sans pour autant que nous puissions affirmer avec certitude ces effets de l’allaitement.

Les effets bénéfiques reconnus pour le nourrisson

Amélioration de la cognition

Une revue a inclus 17 études afin d’observer une relation entre l’allaitement et les performances cognitives des enfants[1]. Ils ont ainsi observé que les enfants allaités avaient un QI plus élevé (différence moyenne aux tests d’intelligence de 3.44 points) et ont conclu que l’allaitement maternel était lié à l’amélioration des performances aux tests d’intelligence.

Un bénéfice pour le développement du cerveau est biologiquement plausible. Le lait maternel contient des acides gras à longue chaîne, dont on sait qu’ils sont importants pour le développement de la rétine et des neurones, ainsi que de la lactoferrine, une protéine qui se lie au fer et peut contribuer à protéger le cerveau contre les dommages oxydatifs induits par le fer.

Ces résultats ont été confirmés dans une étude contrôlée randomisée (Kramer et al, 2001), sur près de 16 500 mères allaitantes, qui a regardé le lien de cause à effet entre l’allaitement maternel et certains paramètres infantiles[2].

L’étude comportait donc deux groupes : le groupe d’intervention dans lequel ils ont reçu une intervention pour promouvoir l’allaitement, et le groupe contrôle qui n’a pas reçu d’intervention. Cela a permis de comparer deux groupes dont l’un comprenant significativement plus d’enfants allaités.

Cette étude étant robuste et bien menée, elle permet d’affirmer avec plus de certitude les bienfaits évoqués.

Ils ont ainsi montré qu’à l’âge de six ans et demi, les enfants du groupe d’intervention (largement nourri au sein) avaient un QI plus élevé :  +7,5 (+0,8 à +14,3) pour le QI verbal, +2,9 (-3,3 à +9,1) pour le QI de performance, et +5,9 (-1,0 à +12,8) pour le QI complet (mais aucune différence de QI entre les nourrissons nourris exclusivement au sein pendant 3 mois et les nourrissons nourris exclusivement au sein pendant 6 mois), ainsi que de meilleures évaluations des enseignants pour la lecture et l’écriture.

L’étude randomisée de Kramer est intéressante, mais les résultats restent à interpréter avec précaution. Le groupe contrôle était également composé, dans une moindre mesure, d’enfants allaités, ce qui peut limiter l’interprétation. C’est également la seule étude du genre qui existe, donc de nouvelles études seraient nécessaires pour valider ou non leurs résultats. Les résultats sur les performances cognitives n’ont pas été ré-évalués chez les adolescents, par conséquent on ne peut pas conclure sur le fait que ces bienfaits persistent au-delà de 6 ans.

Si l’on s’intéresse aux résultats cognitifs, comme le QI, il faut savoir que bien qu’ils mettent en évidence une relation entre l’allaitement et les résultats de QI, l’allaitement seul en lui-même n’est pas le seul facteur qui intervient. Le QI maternel initial va jouer sur celui de l’enfant, un biais pourrait être qu’une mère au QI plus élevé allaité plus longtemps ce qui pourrait fausser les résultats.

Amélioration des comportements alimentaires

Les bébés nourris au lait maternel ont plus de leptine dans leur organisme que les bébés nourris au lait artificiel. La leptine est une hormone clé dans la régulation de l’appétit et du stockage des graisses. Ils régulent également leur consommation de lait, ils ne sont pas passifs au contraire des bébés nourris au biberon.

Ils sont plus aptes à réguler leur prise alimentaire, ce qui les aide à développer des habitudes alimentaires saines[3].

Dans l’étude robuste de Kramer, à l’âge de onze ans et demi, les adolescents du groupe d’intervention avaient des taux plus faibles de troubles de l’alimentation, tant chez les filles que chez les garçons.

Les effets bénéfiques possibles pour le nourrisson

Réduction du risque d’obésité et de diabète de type 2

Ces données sont controversées. L’étude de Kramer indique qu’il n’y a pas d’effet de l’allaitement sur le risque de développer un surpoids/obésité chez les enfants.

Toutefois, une revue a combiné diverses études scientifiques afin de voir l’impact de l’allaitement maternel sur le risque de survenue de diabète et d’obésité[4]. Ils ont constaté que parmi les 11 études de haute qualité, l’association entre l’allaitement et le surpoids/obésité était plus faible, avec une réduction du risque de 13%. Pour le diabète de type 2, le risque était plus faible chez les sujets qui avaient été allaités (diminution du risque de 35%).

Ces données sont observationnelles et mettent simplement en évidence une corrélation entre ces facteurs. Cependant, une explication à cette corrélation pourrait être due au développement de différentes bactéries intestinales. Les bébés nourris au sein ont des quantités plus élevées de bactéries intestinales bénéfiques, qui peuvent affecter le stockage des graisses[5].

Réduction de l’asthme et de l’eczéma

L’étude de Kramer n’a montré aucune réduction des allergies et de l’asthme pour les enfants allaités. Au contraire, les enfants nourris auraient eu tendance à avoir des taux plus élevés d’allergies et d’asthme (mais cet effet n’était pas significatif).

Ces données sont en contradiction avec d’autres études scientifiques sur le sujet.

Une revue de 89 études scientifiques a étudié le lien entre l’allaitement maternel et le risque d’asthme et d’eczéma chez les enfants[6].

Plus ou moins d’allaitement, en durée, était associé à une réduction du risque d’asthme chez les enfants (5-18 ans), en particulier dans les pays à revenu moyen ou faible, et à une réduction du risque de rhinite allergique ≤5 ans, mais cette estimation présentait une hétérogénéité élevée et une faible qualité. L’effet de l’allaitement maternel sur cette variable est donc dose-dépendant (plus on allaite longtemps et plus l’effet est fort).

L’allaitement exclusif pendant 3-4 mois était associé à un risque réduit d’eczéma ≤2 ans (estimation provenant principalement d’études de faible qualité méthodologique).

Aucune association n’a été trouvée entre l’allaitement et l’allergie alimentaire (estimation présentant une forte hétérogénéité et de faible qualité).

Les auteurs ont conclu qu’il existait des preuves que l’allaitement maternel pourrait protéger contre l’asthme (entre 5-18 ans). Il existe des preuves plus faibles d’un effet protecteur pour l’eczéma chez les enfants de moins de 2 ans et la rhinite allergique pour ceux de moins de 5 ans.

La relation entre l’allaitement et les dents

Une malocclusion réfère à toute déviation ou variation d’une occlusion normale (manque d’espace entre les dents, chevauchement, mauvais alignement, etc).

Une revue a déterminé si l’allaitement maternel diminue le risque de malocclusions, en regardant les résultats de 48 études scientifiques[7].

Les auteurs ont remarqué que les enfants qui ont toujours été allaités étaient moins susceptibles de développer des malocclusions que ceux qui n’ont jamais été allaités (réduction du risque de 66%), ceux qui ont été allaités exclusivement présentaient un risque plus faible de présenter une malocclusion que ceux qui n’ont pas été allaités exclusivement (réduction du risque de 46%), et les enfants qui ont été allaités plus longtemps étaient moins susceptibles de présenter des malocclusions que ceux qui ont été allaités moins longtemps (réduction du risque de 60%). Ils ont ainsi conclu que l’allaitement maternel diminuait le risque de malocclusions.

Les biais de cette étude ont été contrôlés, toutefois aucune mention n’est faite sur l’utilisation de sucettes par les nourrissons, or les tétines peuvent également favoriser le risque de malocclusions. 

Cet effet pourrait s’expliquer par différentes hypothèses. Le processus de succion diffère entre les enfants nourris au sein et ceux qui sont nourris au biberon. Les enfants nourris au sein présentent une activité musculaire faciale plus importante que ceux nourris au biberon, ce qui favorise une croissance craniofaciale et un développement des os des mâchoires plus adéquats. Le mouvement des lèvres et de la langue pendant l’allaitement oblige l’enfant à tirer le lait maternel par une action de pression, alors que pour les enfants nourris au biberon, le mouvement pour obtenir le lait est plus passif ; par conséquent, il y a un plus grand potentiel de développement d’une malocclusion[8].

Par ailleurs, la tétine du biberon est généralement fabriquée dans un matériau moins souple, qui peut exercer une pression sur l’intérieur de la cavité buccale et provoquer un alignement inapproprié des dents et une croissance transversale du palais[9].

Toutefois, l’étude de Kramer n’a pas trouvé de lien entre l’allaitement et le risque de malocclusion. Il convient de noter que dans cette étude, même si le groupe d’intervention était majoritairement composé d’enfants allaités, le groupe contrôle en contenait également, donc cela a pu biaiser les résultats.

L’allaitement maternel et le risque d’otites

Vingt-quatre études, toutes réalisées aux États-Unis ou en Europe, ont analysé l’effet de l’allaitement sur l’otite moyenne aiguë[10]. Dans les analyses groupées, toute forme d’allaitement s’est avérée protectrice contre l’otite au cours des deux premières années de vie. L’allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois était associé à la plus grande protection (réduction du risque de 43%), suivi par l’allaitement « plus ou moins » (réduction du risque de 33% pour un allaitement plus long).

Ces données ont étudié les enfants jusqu’à l’âge de 2 ans, au-delà de cet âge rien ne prouve que l’allaitement protège contre les otites ; toutefois, les études réalisées à ce sujet sont peu nombreuses et la qualité des preuves était faible, d’autres études sont donc nécessaires pour savoir si cette protection perdure au-delà des 2 ans.

Dans l’étude de Kramer, ils n’ont pas montré d’effets de l’allaitement sur les otites pour les enfants à l’âge de 6 ans et demi. Cela pourrait laisser penser que cet effet est possible à court terme, et peu probable de persister durant l’enfance.

Protège contre les maladies intestinales

Au total, 35 études comprenant 7536 personnes atteintes de la maladie de Crohn, 7353 une colite ulcéreuse et 330 222 témoins ont été observés[11]. Le fait d’avoir toujours été allaité au sein était associé à un risque plus faible de la maladie de Crohn (diminution du risque de 29%) et de colite ulcéreuse (diminution du risque de 22%). Bien que cette association inverse ait été observée dans tous les groupes ethniques, l’ampleur de la protection était significativement plus importante chez les Asiatiques que chez les Caucasiens pour la maladie de Crohn. La durée de l’allaitement a montré une association dose-dépendante (diminution du risque d’autant plus forte lorsque l’allaitement dure plus longtemps), avec la plus forte diminution du risque lorsque l’allaitement dure au moins 12 mois pour la maladie de Crohn (diminution du risque de 80%) et la colite ulcéreuse (diminution du risque de 79%) par rapport à 3 ou 6 mois.

L’allaitement maternel dans la petite enfance pourrait protéger contre le développement de la maladie de Crohn et de la colite ulcéreuse d’après ces observations. Cela pourrait être dû au fait que l’allaitement maternel influence le microbiome du nourrisson (présence d’immunoglobulines dans le lait maternel, de prébiotiques, etc).

De même, dans une étude ils ont montré que le lait artificiel était associé à une multiplication par près de quatre des maladies diarrhéiques par rapport au lait maternel exclusif chez les nourrissons âgés de moins et de plus de 6 mois[12].

Dans une étude d’observation de 2014 réalisée chez des enfants prématurés (nés avant la 33ème semaine), on a comparé les effets de l’allaitement maternel par rapport au lait de bovin sur le risque d’entérocolite nécrosante. Les auteurs ont remarqué que l’allaitement exclusif de ces nourrissons prématurés avait permis de diminuer l’incidence de l’entérocolite nécrosante (1% pour l’allaitement exclusif contre 3,4% pour le lait de bovin)[13].

Réduction du risque de mortalité

Dans un article, ils ont mené une revue sur 13 études pour comparer l’effet de l’allaitement prédominant, partiel ou l’absence d’allaitement par rapport à l’allaitement exclusif sur les taux de mortalité au cours des six premiers mois de la vie et l’effet de l’absence d’allaitement par rapport à tout allaitement sur les taux de mortalité entre 6 et 23 mois[14].

RR représente le risque relatif, par exemple, un RR=3 signifie que les enfants non allaités ont 3 fois plus de risque de développer la maladie étudiée que les enfants allaités

Le risque de mortalité, toutes causes confondues, était plus élevé chez les nourrissons allaités de façon prédominante (RR 1,5), partielle (RR 4,8) et non allaités (RR 14,4) que chez les nourrissons de 0 à 5 mois exclusivement allaités. Les enfants âgés de 6 à 11 mois et de 12 à 23 mois qui n’étaient pas allaités au sein présentaient un risque de mortalité 1,8 fois et 2,0 fois plus élevé, respectivement, que ceux qui étaient allaités au sein. Le risque de mortalité lié à une infection entre 0 et 5 mois était plus élevé chez les nourrissons nourris au sein de façon prédominante (RR 1,7), partielle (RR 4,56) et non nourris au sein (RR 8,66) que chez les nourrissons nourris au sein de façon exclusive. Le risque était deux fois plus élevé chez les enfants non allaités par rapport aux enfants allaités âgés de 6 à 23 mois.

Les effets bénéfiques pour la maman allaitante

L’allaitement maternel pourrait impacter la santé de la maman

On entend souvent que l’allaitement est « protecteur » du cancer du sein. Or l’allaitement peut uniquement contribuer à réduire le risque de cancer du sein, mais ne protège pas du cancer du sein !

Une revue a analysé différentes études scientifiques portant sur les effets de l’allaitement maternel et les bénéfices associés pour la maman allaitante[15].

L’analyse de ces études indique que l’allaitement maternel supérieur à 12 mois a été associé à une réduction du risque de carcinome mammaire et ovarien de 26% et 37%, respectivement.

Les données sur le risque de cancer sont à nuancer. Ces études montrent des corrélations entre une diminution du risque et l’allaitement maternel, mais elles ne permettent pas d’affirmer qu’allaiter prévient tout risque de développer ces cancers. Par ailleurs, il existe de nombreux types de cancer (hormono-dépendant ou non, etc) et ils dépendent de nombreuses variables, donc des recherches approfondies seraient nécessaires pour évaluer l’effet de l’allaitement et ses mécanismes précis.

Le potentiel bénéfice de l’allaitement sur l’humeur

Une relation a été observée entre l’allaitement maternel et le risque de dépression postpartum. Une étude d’observation sur 137 femmes a indiqué que les femmes qui allaitent leurs enfants réduisent leur risque de développer une dépression postpartum, les effets se maintenant au cours des 4 premiers mois du post-partum. La dépression postpartum peut également diminuer le taux d’allaitement, ce qui suggère une corrélation réciproque entre ces variables[17].

Cela pourrait s’expliquer par le fait que l’allaitement atténue les réponses neuroendocriniennes au stress et peut agir pour améliorer l’humeur de la mère. Plus précisément, l’ocytocine et la prolactine, hormones responsables de la lactation, auraient des effets bénéfiques sur l’humeur. L’ocytocine, en particulier, est une hormone qui favorise les sentiments de réconfort et de relaxation pendant l’allaitement. De plus, il est suggéré que la lactation atténue les réponses au stress dues au cortisol en diminuant les niveaux d’hormones de stress (en particulier le cortisol) et en améliorant le sommeil[18].

Que faire des données sur le sujet ?

C’est une chose de dire : « L’allaitement a des avantages pour votre enfant, alors laissez-moi vous aider à le découvrir, et vous aider à y arriver si c’est votre choix » mais cela en est une autre de dire : « C’est la chose la plus importante que vous puissiez faire pour votre enfant, et si cela ne fonctionne pas pour vous, c’est très malheureux et, à long terme, cela aura de graves conséquences. » Bien que personne ne dise littéralement ce dernier point, c’est comme cela pour autant que beaucoup de femmes le perçoivent.

Certaines données proviennent d’études d’observations : on regarde les issues d’intérêt (comme le QI, le diabète, l’obésité) et on les met en relation avec l’allaitement maternel. Le plus souvent on peut déterminer des estimateurs de risque (risque relatif, odds ratio), qui mettent en évidence une corrélation sans pour autant mettre en évidence de lien de cause à effet.

Les études d’observation sur l’allaitement maternel méritent le scepticisme, car elles souffrent toutes du même problème majeur : les nourrissons allaités diffèrent en moyenne des nourrissons nourris au lait maternisé, non seulement par la manière dont ils sont nourris pendant la petite enfance, mais aussi par pratiquement tous les autres facteurs possibles – l’éducation de la mère, le QI de la mère, la pauvreté, la sécurité du quartier, l’exposition aux toxines environnementales, la race, et le type et la qualité de la garde d’enfants. En termes scientifiques, l’allaitement est confondu, à l’infini.

Les études sur l’homme, en particulier pour la santé, sont difficiles à mener. Les résultats sont à interpréter avec précaution et un résultat ne démontre pas forcément une vérité absolue.

L’idéal serait de réaliser plusieurs grands essais contrôlés randomisés, dans lesquels les mères seraient assignées de manière aléatoire à l’allaitement. Les essais contrôlés randomisés constituent l’étalon-or de la médecine pour déterminer si une véritable relation de cause à effet existe. Dans la pratique, cependant, de tels essais ne sont ni réalisables ni éthiques.

Ce qui est sûr : le lait maternel est unique

Selon le stade de la lactation, 80 à 50 % des protéines du lait maternel sont du lactosérum (qui contient entre autres la lactalbumine qui permet la production de lactose, sucre qui favorise l’absorption du calcium et du fer et a un effet bénéfique sur les bactéries intestinales). Le rapport lactosérum/caséine dans le lait humain fluctue entre 70/30 et 80/20 en début de lactation et diminue à 50/50 en fin de lactation. Cette proportion est nettement supérieure à celle du lait de vache où les protéines de lactosérum ne représentent que 18% des protéines du lait[19].

D’autre part, les caséines du lait maternel sont différentes de celles du lait de vache, certaines vont avoir des effets bifidogènes (protecteur au niveau intestinal) et elles sont également plus petites et plus digestes pour le nourrisson[20].

De plus, le lait humain est riche en facteurs de croissance et hormones, permettant une bonne croissance intestinale et une réduction de l’inflammation gastro-intestinale.

Le lait maternel est riche en acides gras polyinsaturés [21]. Il contient des acides gras essentiels tels que : l’acide arachidonique et l’acide docosahexaénoïque (DHA), qui sont les acides gras les plus abondants dans le cerveau humain, permettant son bon développement. D’autre part, le lait maternel contient du cholestérol, qui a des rôles importants dans la structure membranaire, comme précurseur hormonal et dans le développement cérébral[22].

Il contient de l’alpha-lactalbumine permettant de fixer les minéraux (calcium, magnésium) et de renforcer le système immunitaire. Il contient également des protéines antimicrobiennes et antivirales pour le système immunitaire précoce de bébé (lactoferrine, lysozyme et lactoperoxydase).

Le lait maternel contient également près de 130 oligosaccharides différents qui sont bénéfiques, entre autres, pour les bactéries au niveau du côlon[23].

Enfin, les protéines du lait maternel ne permettent pas seulement un apport en nutriments et en molécules de défense, mais également de stimuler directement la croissance des tissus ou organes de bébé et de développer le système immunitaire.[24]

Il y a encore beaucoup de choses que les chercheurs ignorent sur la composition du lait humain. Par exemple, le lait maternel va varier d’une mère à l’autre, il va être personnalisé pour bébé, et son contenu nutritionnel change tout au long de la journée et au fil des jours pour répondre aux besoins de bébé.[25] Il peut également varier selon les choix alimentaires, les facteurs environnementaux ou encore les infections de la mère.[26]

Pour en savoir plus sur la composition du lait maternel, allez voir notre article sur le sujet.

L’allaitement… bien plus que ça !

On ne le répétera jamais assez : l’allaitement est un choix. On ne doit en aucun cas se forcer à allaiter : car on peut allaiter son enfant, et pour autant avoir un enfant avec des otites à répétition. On peut avoir allaité longtemps, et avoir un cancer du sein. Il s’agit simplement d’une réduction de risque. Bref, on allaite parce-qu’on en a E-N-V-I-E !

Et il existe de nombreux autres effets bénéfiques non quantifiables : plaisir de l’allaitement pour les deux, sensation de bien-être, création de liens, temps de sommeil augmenté (une étude a montré que les parents d’enfants allaités dormaient en moyenne 40 à 45 minutes de plus), etc.

Bien sûr, ne pas allaiter ne veut pas dire que vous ne serez pas proche de votre enfant, l’allaitement est une autre façon de créer des liens, mais il en existe d’autres et cela n’enlève rien à l’amour entre une maman et son enfant.

L’allaitement est un choix, c’est votre corps et votre décision !

SOURCES

[1] Horta, Bernardo L., Christian Loret de Mola, et Cesar G. Victora. 2015. « Breastfeeding and Intelligence: A Systematic Review and Meta-Analysis ». Acta Paediatrica 104 (S467): 14‑19.

[2] Kramer, M. S., B. Chalmers, E. D. Hodnett, Z. Sevkovskaya, I. Dzikovich, S. Shapiro, J. P. Collet, et al. 2001. « Promotion of Breastfeeding Intervention Trial (PROBIT): A Randomized Trial in the Republic of Belarus ». JAMA 285 (4): 413‑20.

[3] Grube, Maike Miriam, Elena von der Lippe, Martin Schlaud, et Anna-Kristin Brettschneider. 2015. « Does Breastfeeding Help to Reduce the Risk of Childhood Overweight and Obesity? A Propensity Score Analysis of Data from the KiGGS Study ». PLOS ONE 10 (3): e0122534.

[4] Horta, Bernardo L., Christian Loret de Mola, et Cesar G. Victora. 2015. « Long-Term Consequences of Breastfeeding on Cholesterol, Obesity, Systolic Blood Pressure and Type 2 Diabetes: A Systematic Review and Meta-Analysis ». Acta Paediatrica 104 (S467): 30‑37.

[5] Elsen, Lieke W. J. van den, Johan Garssen, Remy Burcelin, et Valerie Verhasselt. 2019. « Shaping the Gut Microbiota by Breastfeeding: The Gateway to Allergy Prevention? » Frontiers in Pediatrics 7 (février): 47.

[6] Lodge, C. J., D. J. Tan, M. X. Z. Lau, X. Dai, R. Tham, A. J. Lowe, G. Bowatte, K. J. Allen, et S. C. Dharmage. 2015. « Breastfeeding and Asthma and Allergies: A Systematic Review and Meta-Analysis ». Acta Paediatrica 104 (S467): 38‑53.

[7] Peres, Karen Glazer, Andreia Morales Cascaes, Gustavo Giacomelli Nascimento, et Cesar Gomes Victora. 2015. « Effect of Breastfeeding on Malocclusions: A Systematic Review and Meta-Analysis ». Acta Paediatrica 104 (S467): 54‑61.

[8] Viggiano, D, D Fasano, G Monaco, et L Strohmenger. 2004. « Breast feeding, bottle feeding, and non-nutritive sucking; effects on occlusion in deciduous dentition ». Archives of Disease in Childhood 89 (12): 1121‑23.

[9] Drane, D. s. d. « The effect of use of dummies and teats on orofacial development ». Breastfeeding Review 4 (2): 59‑64.

[10] Bowatte, G., R. Tham, K. J. Allen, D. J. Tan, M. X. Z. Lau, X. Dai, et C. J. Lodge. 2015. « Breastfeeding and Childhood Acute Otitis Media: A Systematic Review and Meta-Analysis ». Acta Paediatrica 104 (S467): 85‑95.

[11] Xu, L., P. Lochhead, Y. Ko, B. Claggett, R. W. Leong, et A. N. Ananthakrishnan. 2017. « Systematic Review with Meta-Analysis: Breastfeeding and the Risk of Crohn’s Disease and Ulcerative Colitis ». Alimentary Pharmacology & Therapeutics 46 (9): 780‑89.

[12] Quigley, M A, P Cumberland, J M Cowden, et L C Rodrigues. 2006. « How protective is breast feeding against diarrhoeal disease in infants in 1990s England? A case‐control study ». Archives of Disease in Childhood 91 (3): 245‑50.

[13] Herrmann, Kenneth, et Katherine Carroll. 2014. « An Exclusively Human Milk Diet Reduces Necrotizing Enterocolitis ». Breastfeeding Medicine 9 (4): 184‑90.

[14] Sankar, Mari Jeeva, Bireshwar Sinha, Ranadip Chowdhury, Nita Bhandari, Sunita Taneja, Jose Martines, et Rajiv Bahl. 2015. « Optimal Breastfeeding Practices and Infant and Child Mortality: A Systematic Review and Meta-Analysis ». Acta Paediatrica 104 (S467): 3‑13.

[15] Chowdhury, Ranadip, Bireshwar Sinha, Mari Jeeva Sankar, Sunita Taneja, Nita Bhandari, Nigel Rollins, Rajiv Bahl, et Jose Martines. 2015. « Breastfeeding and Maternal Health Outcomes: A Systematic Review and Meta-Analysis ». Acta Paediatrica 104 (S467): 96‑113.

[16] Chowdhury, Ranadip, Bireshwar Sinha, Mari Jeeva Sankar, Sunita Taneja, Nita Bhandari, Nigel Rollins, Rajiv Bahl, et Jose Martines. 2015. « Breastfeeding and Maternal Health Outcomes: A Systematic Review and Meta-Analysis ». Acta Paediatrica 104 (S467): 96‑113.

[17] Hamdan, Aisha, et Hani Tamim. 2012. « The Relationship between Postpartum Depression and Breastfeeding ». International Journal of Psychiatry in Medicine 43 (3): 243‑59.

[18] Pope, Carley J., et Dwight Mazmanian. 2016. « Breastfeeding and Postpartum Depression: An Overview and Methodological Recommendations for Future Research ». Depression Research and Treatment 2016: 4765310.

[19] Martin, Camilia R., Pei-Ra Ling, et George L. Blackburn. 2016. « Review of Infant Feeding: Key Features of Breast Milk and Infant Formula ». Nutrients 8 (5): 279.

[20] Tackoen M. Centre Néonatal, CHU Saint-Pierre. 2012. “Breast milk : its nutritional composition and functional properties”.

[21] Tackoen M. Centre Néonatal, CHU Saint-Pierre. 2012. “Breast milk : its nutritional composition and functional properties”.

[22] Tackoen M. Centre Néonatal, CHU Saint-Pierre. 2012. “Breast milk : its nutritional composition and functional properties”.

[23] Miller J, Mc Veagh P : Human milk oligosaccharides : 130 reasons to breast-feed. Br J Nutr 1999 ; 82 : 333-5

[24] D’Alessandro, Angelo, et al. “Human Milk Proteins: An Interactomics and Updated Functional Overview.” Journal of Proteome Research, vol. 9, no. 7, July 2010, pp. 3339–73.

[25] Hunt, Katherine M., et al. “Characterization of the Diversity and Temporal Stability of Bacterial Communities in Human Milk.” PloS One, vol. 6, no. 6, 2011, p. e21313.

[26] Niewiesk, Stefan. “Maternal Antibodies: Clinical Significance, Mechanism of Interference with Immune Responses, and Possible Vaccination Strategies.” Frontiers in Immunology, vol. 5, Sept. 2014, p. 446.