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27.12.2021

Par Jolly Mama

Choline et grossesse : quels sont les besoins ?

grossessenutrition

La choline a été officiellement reconnue comme un nutriment essentiel par l'Institut de médecine en 1998 !

Son rôle dans l’organisme est complexe. Elle est nécessaire à la synthèse des neurotransmetteurs (qui permettent la transmission des informations entre les cellules nerveuses), au transport des lipides et au métabolisme du groupe méthyle (réduction de l’homocystéine). La choline est nécessaire à la fabrication des phospholipides, composants essentiels de toutes les membranes[1].

Des besoins accrus en choline pendant la grossesse

L’apport satisfaisant en choline est de 400 mg/j pour les femmes et de 480 mg/j pour les femmes enceintes[2].

En France, les femmes consomment en moyenne 291 mg de choline par jour, ce qui est bien en dessous de l’apport satisfaisant ! [3]

Le transport de la choline de la mère au fœtus épuise la choline du plasma maternel chez les êtres humains.

La production de choline par le corps est faible, mais elle augmente en présence d’œstrogènes. Pendant la grossesse, les concentrations d’œstrogènes augmentent de façon spectaculaire à terme. Cependant, malgré la capacité potentiellement accrue de l’organisme à synthétiser la choline dû à la hausse des oestrogènes, les données suggèrent que la demande du fœtus et du nourrisson est si élevée que les réserves maternelles sont épuisées pendant la grossesse et l’allaitement[4].

Par ailleurs, les dernières données suggèrent que des apports en choline seraient près de DEUX fois supérieurs aux recommandations actuelles (930 mg contre 480 mg) pendant la grossesse! [5]

Quels sont les risques d’un apport insuffisant en choline pendant la grossesse ?

Un risque accru d’anomalies du tube neural

L’hyperhomocystéinémie, soit un excès d’homocystéine, est un trouble associé aux anomalies du tube neural et aux malformations cardiaques congénitales, qui sont dues à un mauvais développement du tube neural ou du cœur[6]. La choline pourrait jouer un rôle dans la diminution des anomalies du tube neural en diminuant les niveaux d’homocystéine. Il faut donc avoir des apports optimaux en choline avant même la grossesse (et pas qu’en vitamine B9), car les anomalies du tube neural se développent dans le premier mois de grossesse.

Dans une étude d’observation sur des femmes ayant eu des enfants atteints d’anomalies du tube neural, en comparaison à des femmes dont les enfants n’en ont pas eu, ils ont remarqué une diminution des risques de grossesse affectée par une anomalie du tube neural pour des apports périconceptionnels plus élevés en choline (correspondant aux apports satisfaisants) pour toutes les anomalies du tube neural ainsi que pour le spina-bifida et l’anencéphalie. Pour des quantités en choline supérieures ou égales aux apports recommandés, on observe une réduction du risque pour les anomalies du tube neural de 51% (en comparaison à des apports inférieurs à 300 mg)[7].

Des conséquences sur l’issue de la grossesse

Des concentrations élevées d’homocystéine chez la mère sont un facteur de risque pour plusieurs événements indésirables de la grossesse, notamment la prééclampsie, la prématurité et le très faible poids de naissance[8].

Une étude a examiné l’influence de l’apport maternel en choline sur le placenta humain. Des femmes enceintes en bonne santé ont été réparties aléatoirement pour recevoir 480 mg de choline/j ou 930 mg/j pendant 12 semaines. La baisse significative de 30 % du marqueur de risque de prééclampsie dans les tissus placentaires obtenus dans le groupe ayant reçu 930 mg/j de choline contre 480 mg/j a été observée. Ces résultats indiquent qu’une supplémentation du régime maternel en choline pourrait atténuer le risque de prééclampsie[9].

Une autre étude donnant les mêmes doses de choline à 2 groupes de femmes enceintes a montré que l’apport de 930 mg de choline par jour permettait de diminuer de 33% le taux de cortisol (hormone du stress) dans le plasma du cordon ombilical, ce qui pourrait réduire le risque de maladies liées au stress plus tard dans la vie[10].

La choline agit sur la cognition

Pendant les dernières périodes de la grossesse, le centre de la mémoire du cerveau se développe. Chez les rongeurs, la supplémentation ou la carence en choline pendant cette phase critique entraîne des changements à vie dans la structure et la fonction du cerveau. Les rongeurs adultes n’ayant pas eu d’apports suffisants en choline connaissent généralement un déclin de leur mémoire en vieillissant, mais les petits exposés à un supplément de choline in utero n’ont pas présenté ce changement avec l’âge[11].

Une étude chez l’homme a montré les mêmes résultats ! Ils ont examiné les effets d’une supplémentation en choline maternelle pendant la grossesse sur la cognition du nourrisson[12].

Des femmes entrant dans leur troisième trimestre ont été réparties aléatoirement pour consommer, jusqu’à l’accouchement, soit 480 mg de choline par jour, soit 930 mg de choline par jour.

Le temps de réaction moyen, calculé sur les âges de 4, 7, 10 et 13 mois, était significativement plus rapide chez les nourrissons nés de mères ayant consommé 930 (contre 480) mg de choline par jour. Ce résultat indique que la consommation par la mère d’environ deux fois la quantité recommandée de choline au cours du dernier trimestre améliore la vitesse de traitement de l’information du nourrisson.

De plus, pour le groupe recevant 480 mg de choline par jour, on a observé que les nourrissons exposés plus longtemps présentaient des temps de réaction plus rapides, ce qui suggère que même des augmentations modestes de l’apport maternel en choline pendant la grossesse peuvent produire des avantages cognitifs pour les enfants.

Des données d’observation ont également démontré que l’apport maternel de choline se situant dans la fourchette de l’apport satisfaisant pendant la grossesse était associé à une meilleure fonction de mémoire chez les enfants de 7 ans, par rapport aux enfants de mères dont la consommation se situait à environ 50 % de l’apport recommandé[13].

Quel lien existe-t-il entre la choline et les folates ?

Après l’ingestion, la choline est transformée en différents métabolites, tels que la bétaïne. La bétaïne participe au métabolisme dépendant des folates. Ainsi, les niveaux de choline et de folates sont étroitement liés, et les carences en l’un ou l’autre de ces composés peuvent aggraver l’état nutritionnel de l’autre[14].

Par exemple, une étude chez le rat a montré qu’un régime déficient en choline diminuait de 31% la teneur en folates dans le foie, en comparaison à des rats ayant un apport contrôlé en choline[15].

De même, chez la femme, une étude a montré qu’un apport déficient en folates entrainait une diminution de 25% des niveaux de choline[16].

De plus, une mutation du gène 677T MTHFR (qui permet de transformer les folates en leur forme active) peut affecter le statut en choline[17]. Or on estime qu’au moins 10% de la population aurait une mutation de ce gène ! [18]

Choline et DHA, existe-t-il un lien ?

Les résultats d’études soulignent des interactions potentielles entre les deux nutriments et leurs effets sur le métabolisme. Par exemple, la supplémentation en DHA augmente de manière significative l’absorption de choline cellulaire par rapport aux cellules cultivées sans supplément de DHA, ce qui démontre que le DHA peut avoir un impact sur le statut en choline[19].

Dans une étude portant sur la supplémentation en choline, en DHA ou en solution saline de mères rates enceintes, les petits des groupes supplémentés en choline ou en DHA ont montré un nombre significativement plus élevé de neurones par rapport aux petits des groupes témoins non traités. La supplémentation combinée en choline et en DHA pendant la grossesse a encore amélioré le neurodéveloppement des rats par rapport au groupe témoin, ces effets étant meilleurs que la supplémentation en choline ou en DHA seuls[20].

Leur effet combiné a été prouvé dans une étude dans laquelle la supplémentation en DHA chez les rats augmentait significativement les taux de DHA dans le plasma et les globules rouges par rapport au contrôle, et que la supplémentation en choline seule augmentait significativement la choline libre du plasma, mais n’affectait pas les taux de DHA. Cependant, la supplémentation combinée en DHA et en choline a augmenté le DHA à des niveaux significativement plus élevés que la supplémentation en DHA seul, ce qui indique que l’impact de la supplémentation combinée en choline et en DHA sur les niveaux de DHA circulants est supérieur à un effet additif[21].

Comment satisfaire ses besoins en choline pendant la grossesse ?

Les œufs sont la meilleure source de choline !

Un oeuf cru de 50g contient 126mg de choline[22] tandis qu’un oeuf dur contient 113mg de choline[23], la cuisson diminuant la teneur en nutriments des œufs.

Vous pouvez consommer des œufs cuits sans danger mais évitez les œufs crus, qui sont plus à risque d’être contaminés. Vous pouvez les consommer coulant, en les choisissant bio et extra frais et en les consommant rapidement après achat au plus proche de la date de ponte des œufs.

Le risque principal de contamination par les œufs est par la bactérie Salmonella. Mais il est estimé par exemple qu’aux Etats-Unis 1 œuf entre 10 000 et 30 000 est contaminé[24]. Et le risque est 7 fois moins important s’il s’agit d’oeuf bio élevé en plein air[25].

Bonus : Par rapport aux œufs de poules en cage, les œufs de poules élevées en pâturage contiennent 2,5 fois plus d’acides gras oméga-3 totaux ! [26]

Les études montrent que plus de 50% des consommateurs d’œufs ont des apports satisfaisants en choline, contre seulement 2% pour ceux n’en consommant pas, et ils ont presque 2 fois leur statut en choline[27]. Il apparaît difficile d’avoir des apports satisfaisants en choline sans consommer d’œufs.

Les autres sources de choline

On trouve également de bonnes quantités de choline dans les foies, mais la consommation de certains n’est pas recommandée pendant la grossesse, à cause de leur teneur en rétinol (même si le foie de volaille contient le moins de rétinol).

La choline se trouve dans une variété d’aliments autres que les œufs et le foie, mais en quantités beaucoup plus faibles, par exemple :

100 g de poulet rôti apporte 85,3 mg de choline

100g de graines de tournesol contient 55,1 mg de choline

100g d’amandes contient 52,1 mg de choline

100g de chou fleur contient 45,2 mg de choline

100g de shiitake contient 36,8 mg de choline

100g de haricots contient 30.5 mg de choline

100g de choux de Bruxelles contient 19,1 mg de choline

Conclusion

La choline est particulièrement essentielle pendant la grossesse, et les besoins estimés seraient en réalité deux fois supérieurs aux recommandations !

La choline diminue entre autres le risque d’anomalies du tube neural et de prééclampsie, et de bons apports permettent de maintenir le statut en folates et DHA.

Les œufs sont la meilleure source de choline, certains légumes en contiennent mais dans une moindre mesure, c’est pour cela qu’il est d’autant plus important de veiller à ses apports lorsque nous suivons un régime vegan.

SOURCES

[1] Steven H. Zeisel et Kerry-Ann da Costa, « Choline: An Essential Nutrient for Public Health », Nutrition reviews 67, no 11 (novembre 2009): 615‑23.

[2] « Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux », ANSES, mars 2021, https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2018SA0238Ra.pdf.

[3] Alejandra M. Wiedeman et al., « Dietary Choline Intake: Current State of Knowledge Across the Life Cycle », Nutrients 10, no 10 (16 octobre 2018): 1513.

[4] Wallace, Taylor C., Jan Krzysztof Blusztajn, Marie A. Caudill, Kevin C. Klatt, Elana Natker, Steven H. Zeisel, et Kathleen M. Zelman. « Choline ». Nutrition Today 53, no 6 (2018): 240‑53.

[5] Caudill, Marie A., Barbara J. Strupp, Laura Muscalu, Julie E. H. Nevins, et Richard L. Canfield. « Maternal choline supplementation during the third trimester of pregnancy improves infant information processing speed: a randomized, double-blind, controlled feeding study ». The FASEB Journal 32, no 4 (avril 2018): 2172‑80.

[6] Xinyu Mei et al., « Inhibiting MARSs reduces hyperhomocysteinemia‐associated neural tube and congenital heart defects », EMBO Molecular Medicine 12, no 3 (6 mars 2020): e9469.

[7] Gary M. Shaw et al., « Periconceptional Dietary Intake of Choline and Betaine and Neural Tube Defects in Offspring », American Journal of Epidemiology 160, no 2 (15 juillet 2004): 102‑9.

[8] Molloy, Anne M., James L. Mills, Christopher Cox, Sean F. Daly, Mary Conley, Lawrence C. Brody, Peadar N. Kirke, John M. Scott, et Per M. Ueland. « Choline and Homocysteine Interrelations in Umbilical Cord and Maternal Plasma at Delivery ». The American Journal of Clinical Nutrition 82, no 4 (octobre 2005): 836‑42.

[9] Jiang, Xinyin, Haim Y. Bar, Jian Yan, Sara Jones, Patsy M. Brannon, Allyson A. West, Cydne A. Perry, et al. « A Higher Maternal Choline Intake among Third-Trimester Pregnant Women Lowers Placental and Circulating Concentrations of the Antiangiogenic Factor Fms-like Tyrosine Kinase-1 (SFLT1) ». FASEB Journal: Official Publication of the Federation of American Societies for Experimental Biology 27, no 3 (mars 2013): 1245‑53.

[10] Jiang, Xinyin, Jian Yan, Allyson A. West, Cydne A. Perry, Olga V. Malysheva, Srisatish Devapatla, Eva Pressman, Francoise Vermeylen, et Marie A. Caudill. « Maternal Choline Intake Alters the Epigenetic State of Fetal Cortisol-Regulating Genes in Humans ». FASEB Journal: Official Publication of the Federation of American Societies for Experimental Biology 26, no 8 (août 2012): 3563‑74.

[11] Meck, Warren H., et Christina L. Williams. « Metabolic Imprinting of Choline by Its Availability during Gestation: Implications for Memory and Attentional Processing across the Lifespan ». Neuroscience and Biobehavioral Reviews 27, no 4 (septembre 2003): 385‑99.

[12] Caudill, Marie A., Barbara J. Strupp, Laura Muscalu, Julie E. H. Nevins, et Richard L. Canfield. « Maternal choline supplementation during the third trimester of pregnancy improves infant information processing speed: a randomized, double-blind, controlled feeding study ». The FASEB Journal 32, no 4 (avril 2018): 2172‑80.

[13] Boeke, Caroline E., Matthew W. Gillman, Michael D. Hughes, Sheryl L. Rifas-Shiman, Eduardo Villamor, et Emily Oken. « Choline Intake during Pregnancy and Child Cognition at Age 7 Years ». American Journal of Epidemiology 177, no 12 (15 juin 2013): 1338‑47.

[14] Yvonne Mödinger et al., « Plasma Kinetics of Choline and Choline Metabolites After A Single Dose of SuperbaBoostTM Krill Oil or Choline Bitartrate in Healthy Volunteers », Nutrients 11, no 10 (22 octobre 2019): 2548.

[15] Selhub, J., E. Seyoum, E. A. Pomfret, et S. H. Zeisel. « Effects of Choline Deficiency and Methotrexate Treatment upon Liver Folate Content and Distribution ». Cancer Research 51, no 1 (1 janvier 1991): 16‑21.

[16] Jacob, R. A., D. J. Jenden, M. A. Allman-Farinelli, et M. E. Swendseid. « Folate Nutriture Alters Choline Status of Women and Men Fed Low Choline Diets ». The Journal of Nutrition 129, no 3 (mars 1999): 712‑17.

[17] Schwahn, Bernd C., Zhoutao Chen, Maurice D. Laryea, Udo Wendel, Suzanne Lussier-Cacan, Jacques Genest, Mei-Heng Mar, et al. « Homocysteine-Betaine Interactions in a Murine Model of 5,10-Methylenetetrahydrofolate Reductase Deficiency ». FASEB Journal: Official Publication of the Federation of American Societies for Experimental Biology 17, no 3 (mars 2003): 512‑14.

[18] Practitioners, The Royal Australian College of General. 2016 « RACGP – MTHFR Genetic Testing: Controversy and Clinical Implications ».

[19] Treen, M., R. D. Uauy, D. M. Jameson, V. L. Thomas, et D. R. Hoffman. « Effect of Docosahexaenoic Acid on Membrane Fluidity and Function in Intact Cultured Y-79 Retinoblastoma Cells ». Archives of Biochemistry and Biophysics 294, no 2 (1 mai 1992): 564‑70.

[20] Thomas Rajarethnem, Huban, Kumar Megur Ramakrishna Bhat, Malsawmzuali Jc, Siva Kumar Gopalkrishnan, Ramesh Babu Mugundhu Gopalram, et Kiranmai Sesappa Rai. « Combined Supplementation of Choline and Docosahexaenoic Acid during Pregnancy Enhances Neurodevelopment of Fetal Hippocampus ». Neurology Research International 2017 (2017): 8748706.

[21] Wijk, Nick van, Martin Balvers, Mehmet Cansev, Timothy J. Maher, John W. C. Sijben, et Laus M. Broersen. « Dietary Crude Lecithin Increases Systemic Availability of Dietary Docosahexaenoic Acid with Combined Intake in Rats ». Lipids 51, no 7 (juillet 2016): 833‑46.

[22] https://nutritiondata.self.com/facts/dairy-and-egg-products/111/2

[23] https://nutritiondata.self.com/facts/dairy-and-egg-products/117/2

[24] Tam, Carolyn, Aida Erebara, et Adrienne Einarson. 2010. « Food-borne illnesses during pregnancy ». Canadian Family Physician 56 (4): 341‑43.

[25] Alali, Walid Q., Siddhartha Thakur, Roy D. Berghaus, Michael P. Martin, et Wondwossen A. Gebreyes. « Prevalence and Distribution of Salmonella in Organic and Conventional Broiler Poultry Farms ». Foodborne Pathogens and Disease 7, no 11 (novembre 2010): 1363‑71.

[26] Karsten, H. D., P. H. Patterson, R. Stout, et G. Crews. « Vitamins A, E and Fatty Acid Composition of the Eggs of Caged Hens and Pastured Hens ». Renewable Agriculture and Food Systems 25, no 1 (mars 2010): 45‑54.

[27] Wallace, Taylor C., et Victor L. Fulgoni. « Usual Choline Intakes Are Associated with Egg and Protein Food Consumption in the United States ». Nutrients 9, no 8 (5 août 2017): 839.