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15.12.2021

Par Bertille Flory, Endholistic

Comment comprendre l’endobelly, le ventre hyperballonné des femmes atteintes d’endométriose ?

ballonnementsendométriose

Après la douleur, l’endobelly – qui correspond au ventre hyperballonné des femmes atteintes d’endométriose - est peut-être l’un des symptômes les plus difficiles à vivre au quotidien pour les femmes atteintes de cette maladie.

Il donne l’impression d’être enceinte de six mois, empêche de s’habiller normalement et fait craindre la moindre prise alimentaire. Faisons le point sur les causes de ces ballonnements qui constituent un véritable handicap pour les femmes qui les vivent au quotidien.

Qu’est-ce que l’endobelly ? Les sensations, symptômes et maux associés

En préambule, il est important de redonner une définition claire de l’endométriose : touchant entre 10 et 15 % des femmes, l’endométriose est une maladie qui se caractérise par la présence, hors de la cavité utérine, de tissu semblable, mais non identique, à celui de la muqueuse de l’utérus (appelée endomètre).

C’est une maladie chronique systémique qui n’est pas uniquement gynécologique au regard de la multiplicité des symptômes et des mécanismes impliqués dans la maladie : elle affecte notamment le système immunitaire, le système hormonal, mais également le système digestif, etc.

Constituant un des principaux symptômes de la crise d’endométriose, l’endobelly se caractérise par un gonflement important du ventre. Il s’accompagne d’autres sensations : ventre dur, douloureux, inconfortable. Chez certaines femmes, le ventre peut gonfler et donner l’impression d’un ventre d’une femme enceinte de six mois.

D’autres symptômes peuvent également être présents :

ballonnements

flatulences

perte d’appétit

nausées

douleurs et crampes abdominales

constipation

diarrhées

urgence à la défécation

sensation d’évacuation incomplète

mouvements intestinaux douloureux

vertiges

vomissements

D’autres symptômes, qui ne sont pas uniquement physiques, comme l’anxiété, la dépression et une grande fatigue sont aussi des corollaires de l’endobelly.

A la suite d’une crise, le ventre peut prendre plusieurs jours à dégonfler.

L’endobelly et plus globalement les symptômes digestifs sont presque aussi fréquents que les symptômes gynécologiques pour les femmes atteintes d’endométriose.

Les symptômes intestinaux, presque aussi fréquents que les symptômes gynécologiques chez les femmes atteintes d’endométriose

Beaucoup de femmes atteintes d’endométriose connaissent ou ont connu des troubles digestifs : ballonnements, diarrhée, constipation, alternance des deux, douleurs abdominales, …

Différentes études ont mis en évidence que les femmes atteintes d’endométriose ont une hypersensibilité viscérale et une proportion plus élevée de troubles fonctionnels intestinaux, de syndrome du côlon irritable et d’hyperperméabilité intestinale, cette dernière étant elle aussi vecteur d’inflammation. Ainsi, les symptômes digestifs surviennent chez environ 80-90 % des patientes atteintes d’endométriose[i].

Plus de 80 % des femmes atteintes d’endométriose souffrent de ballonnements

Les ballonnements ont pendant longtemps été considérés comme un symptôme atypique de l’endométriose[ii] et le sont aujourd’hui encore par un grand nombre de médecins non au fait du caractère systémique de la maladie[iii]. Cependant, cette affirmation dépassée peut être probablement attribuée à la méconnaissance de ce symptôme courant.

En effet, les ballonnements sont, en réalité, largement reconnus comme un symptôme majeur chez beaucoup de celles qui sont atteintes d’endométriose[iv]. Ils font partie des symptômes les plus mentionnés : des douleurs pelviennes chroniques, une subfertilité, une dysménorrhée, une dyspareunie profonde, des symptômes cycliques de l’intestin ou de la vessie (par exemple, dyschésie, ballonnements, constipation, saignements rectaux, diarrhée et hématurie), des saignements menstruels anormaux, une fatigue chronique ou une lombalgie[v].

Plus de 90 % des femmes atteintes d’endométriose font état de problèmes gastro-intestinaux parmi les symptômes qu’elles ressentent[vi]. Et parmi celles qui ressentent des troubles gastro-intestinaux, 82,8 % d’entre elles déclarent que les ballonnements sont le symptôme le plus fréquent[vii].

Une autre étude[viii], qui a passé en revue les caractéristiques de l’endométriose intestinale (lésions d’endométriose situées sur le tube digestif – colon sigmoïde, rectum, etc.), a constaté que le ballonnement abdominal était prédominant.

Une étude plus ancienne[ix] indique même que 96 % des femmes atteintes d’endométriose ont déjà expérimenté les ballonnements abdominaux contre 64 % des femmes qui ne sont pas atteintes de la maladie. Selon cette même étude, les éléments suivants étaient plus fréquents chez celles qui avaient de l’endométriose :

inconfort sévère associé (30 % contre 0 %),

port de vêtements amples pendant les ballonnements (87 % contre 38 %).

Un modèle construit pour prédire le risque d’endométriose chez les femmes infertiles[x] a également démontré que les ballonnements étaient un indicateur de la maladie.

Malheureusement, c’est un symptôme dont on parle très peu et qui est peu pris compte et en considération par le corps médical car ils ne constituent pas un symptôme gynécologique.

L’endobelly, un symptôme non corrélé aux lésions d’endométriose digestives

Si endométriose et ballonnements sont très fortement corrélés, il apparaît en revanche que l’endobelly, comme les autres symptômes digestifs d’ailleurs, peut survenir indépendamment de la ou des zones impactées par l’endométriose.

Les ballonnements ne sont ainsi pas spécifiquement liés à des lésions d’endométriose sur le tube digestif[xi]. Une étude[xii] a en effet démontré que les patientes atteintes d’endométriose présentaient « une aggravation significative des douleurs abdominales, de la constipation, des ballonnements et des flatulences, de l’urgence de la défécation et de la sensation d’évacuation incomplète » tout en notant que la localisation spécifique des lésions n’était pas associée aux symptômes (à l’exception d’une augmentation des nausées et des vomissements chez celles qui avaient une endométriose dans ou à proximité de l’intestin).

Des femmes sans lésion sur le tube digestif peuvent donc également être victimes d’endobelly. Ainsi, sur les 90 % des femmes atteintes d’endométriose qui subissent des problèmes gastro-intestinaux, seulement 7,6 % d’entre elles ont des lésions d’endométriose sur le tube digestif[xiii].

La maladie a donc un effet indirect sur le système digestif et la fonction du système nerveux entérique

L’endométriose génère de manière indirecte les difficultés digestives.

Mais ce qu’il faut retenir avant tout, c’est que le lien entre endométriose et problèmes digestifs est à double sens. L’endométriose peut générer des difficultés digestives et les problèmes digestifs peuvent faire empirer l’endométriose et ses symptômes.

En effet, tout ce qui perturbe la digestion va perturber le système immunitaire. Or, on le sait, l’endométriose est, entre autres, suspectée d’être une maladie du dysfonctionnement immunitaire (ou maladie auto-immune).

Dans les effets indirects entre endométriose et digestion :

La perturbation de la digestion entretient l’endométriose : lorsque le système digestif est perturbé et que les mauvaises bactéries sont en trop grande quantité dans le microbiote, une toxine appelée lipopolysaccharide (LPS) est produite qui peut générer par la suite des cytokines pro-inflammatoires et stimuler la croissance des lésions d’endométriose[xiv][xv].

L’endométriose entretient les difficultés digestives par différents mécanismes et notamment l’inflammation et les adhérences. Ces mécanismes sont détaillés tout au long du guide.

Les explications de l’endobelly sont nombreuses, complexes et variées

Les causes de l’endobelly sont complexes et varient d’une femme à l’autre : l’inflammation et certaines pathologies digestives semblent être les causes les plus probables mais aujourd’hui il n’y a aucune cause unanimement partagée par tous les spécialistes et qui expliquerait le phénomène chez toutes les femmes atteintes d’endométriose.

Voici une synthèse des pistes actuellement évoquées pour expliquer l’endométriose et qu’il peut être intéressant d’explorer pour trouver la ou les causes des difficultés digestives et ainsi les résoudre :

La manière de s’alimenter, que ce soit sur la manière dont les repas sont pris ou sur le type d’aliments ingérés, peut ne pas être adaptée parce qu’une bonne digestion nécessite de bien mâcher et qu’un certain nombre d’aliments peuvent en eux-mêmes générer des gaz ;

L’intolérance ou l’allergie à certains aliments : Les aliments qui peuvent causer l’endobelly sont différents d’une personne à l’autre et peuvent varier chez une même personne au cours du temps. Parmi ceux qui peuvent faire l’objet d’une investigation on trouve le gluten, le lactose, les FODMAPS, les solanacées et les épices contenant de la pipérine ;

La constipation : plus le bol alimentaire reste longtemps dans le colon (dernière partie de l’intestin) plus les bactéries ont le temps de fermenter et de générer des gaz et donc des ballonnements ;

Les médicaments pris contre les douleurs d’endométriose peuvent générer des difficultés digestives ;

Le microbiote peut être perturbé et la dysbiose s’être installée ;

L’accumulation des lésions d’endométriose peut causer de l’inflammation dans l’abdomen ;

Les lésions d’endométriose peuvent atteindre les ovaires. Quand cela se produit, le sang emprisonné peut engendrer des kystes causant des ballonnements. Les fibromes peuvent également être responsables de ballonnements digestifs ;

Les lésions d’endométriose sur le tube digestif peuvent causer un ralentissement du passage de la nourriture dans les intestins et donc perturber le péristaltisme normal et causer des difficultés digestives ;

Un dysfonctionnement du plancher pelvien peut également perturber le fonctionnement des intestins ;

Un déséquilibre hormonal : une hyperoestrogénie (un taux élevé d’œstrogènes – qu’il soit absolu ou relatif) peut engendrer une rétention d’eau qui amène à des ballonnements.

Par ailleurs, la production d’œstrogènes stimule la libération d’histamine et inhibe l’activité des enzymes chargées de la dégrader. L’intolérance à l’histamine est très liée à une quantité importante d’œstrogènes et peut causer des ballonnements.

les personnes atteintes d’endométriose sont plus sujettes à la prolifération des bactéries de l’intestin grêle (SIBO), au syndrome de l’intestin irritable (SII), à la perméabilité intestinale, qui peuvent également entraîner des ballonnements ;

les émotions et le stress jouent également un rôle important dans les crises d’endobelly. Par exemple, le stress chronique peut mener à un ralentissement de la digestion et donc causer de la fermentation et des ballonnements.

Quelques causes possibles de l’endobelly. 

Il est important de noter que ces différents facteurs peuvent se combiner.

Et bien que l’endométriose puisse, à elle toute seule, être à l’origine des difficultés digestives pour les différentes raisons vues précédemment, d’autres pathologies peuvent être associées à l’endométriose et causer des ballonnements et, donc, l’endobelly.

Ainsi, de nombreux diagnostics (et erreurs de diagnostic parce que l’endométriose a la propension à imiter d’autres pathologies intestinales) peuvent être posés chez les patientes atteintes d’endométriose en complément de l’endométriose. Il s’agit entre autres :

du syndrome de l’intestin irritable (SII),

de la prolifération bactérienne de l’intestin grêle (SIBO)

de la candidose (ou SIFO),

des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn et rectocolite hémorragique)

la maladie cœliaque.

Pour en savoir plus

Pour découvrir des clés naturelles et une feuille de route précise et détaillée pour réduire voire se débarrasser de l’endobelly, vous pouvez télécharger l’ebook dédié « Endobelly : le guide pour comprendre les causes et agir rapidement pour se réconcilier avec son ventre ».

Cet ebook est un guide simple et clair qui rassemble l’essentiel. Il contient à la fois :

une approche concrète pour vous offrir la possibilité d’appliquer rapidement des solutions pour faire la paix avec votre ventre et avec l’endométriose

et des ressources pratiques : massages, exercices d’art-thérapie, solutions de phyto-aromathérapie… mais aussi des lectures et des ressources documentaires pour aller plus loin et vous faire encore plus de bien.

En savoir plus sur l’ebook sur l’endobelly

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SOURCES

[i] Maroun P, Cooper MJ, Reid GD, Keirse MJ. Relevance of gastrointestinal symptoms in endometriosis. Aust N Z J Obstet Gynaecol. 2009 Aug;49(4):411-4.

[ii] Louden S.F., Wingfield M., Read P.A., and Louden K.A. The incidence of atypical symptoms in patients with endometriosis. J Obstet Gynaecol. 1995; 15: 307–310.

[iii] Hugh S Taylor, Alexander M Kotlyar, Valerie A Flores, Endometriosis is a chronic systemic disease: clinical challenges and novel innovations, The Lancet, Volume 397, Issue 10276, 2021, Pages 839-852,

[iv] Luscombe GM, Markham R, Judio M, Grigoriu A, Fraser IS. Abdominal bloating: an under-recognized endometriosis symptom. J Obstet Gynaecol Can. 2009 Dec;31(12):1159-71. doi: 10.1016/s1701-2163(16)34377-8. PMID: 20085682.

[v] Alkatout I, Egberts JH, Mettler L, Doniec M, Wedel T, Jünemann KP, Becker T, Jonat W, Schollmeyer T. Interdisciplinary Diagnosis and Treatment of Deep Infiltrating Endometriosis. Zentralbl Chir. 2016 Dec;141(6):630-638.

[vi] Moradi M., Parker M., Sneddon A., Lopez V., Ellwood D., The Endometriosis Impact Questionnaire (EIQ): a tool to measure the long-term impact of endometriosis on different aspects of women’s lives. BMC Womens Health. 2019 May 14;19(1):64.

[vii] Maroun P, Cooper MJ, Reid GD, Keirse MJ. Relevance of gastrointestinal symptoms in endometriosis. Aust N Z J Obstet Gynaecol. 2009 Aug;49(4):411-4.

[viii] Cameron IC, Rogers S, Collins MC, Reed MW. Intestinal endometriosis: presentation, investigation, and surgical management. Int J Colorectal Dis. 1995;10(2):83-6.

[ix] Luscombe GM, Markham R, Judio M, Grigoriu A, Fraser IS. Abdominal bloating: an under-recognized endometriosis symptom. J Obstet Gynaecol Can. 2009 Dec;31(12):1159-71.

[x] Ashrafi M, Sadatmahalleh SJ, Akhoond MR, Talebi M. Evaluation of Risk Factors Associated with Endometriosis in Infertile Women. Int J Fertil Steril. 2016;10(1):11–21.

[xi] Shakeela Ishrat, Farzana Deeba, Parveen Fatima, Gastrointestinal Symptoms in Endometriosis, Bangladesh J Obstet Gynaecol, 2018; Vol. 33(2): 140-142

[xii] Ek M, Roth B, Ekström P, Valentin L, Bengtsson M, Ohlsson B. Gastrointestinal symptoms among endometriosis patients–A case-cohort study. BMC Womens Health. 2015 Aug 13;15:59.

[xiii] Maroun P, Cooper MJ, Reid GD, Keirse MJ. Relevance of gastrointestinal symptoms in endometriosis. Aust N Z J Obstet Gynaecol. 2009 Aug;49(4):411-4. doi: 10.1111/j.1479-828X.2009.01030.x. PMID: 19694698.

[xiv] Iba Y, Harada T, Horie S, Deura I, Iwabe T, Terakawa N. Lipopolysaccharide-promoted proliferation of endometriotic stromal cells via induction of tumor necrosis factor alpha and interleukin-8 expression. Fertil Steril. 2004 Oct;82 Suppl 3:1036-42. doi: 10.1016/j.fertnstert.2004.04.038. PMID: 15474070.

[xv] Khan KN, Kitajima M, Inoue T, Fujishita A, Nakashima M, Masuzaki H. 17β-estradiol and lipopolysaccharide additively promote pelvic inflammation and growth of endometriosis. Reprod Sci. 2015 May;22(5):585-94. doi: 10.1177/1933719114556487. Epub 2014 Oct 29. PMID: 25355803; PMCID: PMC4519769.