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06.11.2019

Grossesse & Compléments Alimentaires

Grossesse & Compléments Alimentaires

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Enceinte, dois-je prendre des compléments alimentaires ? Est-ce systématique ? Lesquels dois-je prendre pendant la grossesse ? Réponses du Dr Chicheportiche, médecin nutritionniste.

La supplémentation quasi-systématique pendant la grossesse

Elle reste limitée à quelques oligoéléments car l’alimentation équilibrée et variée reste la principale garante d’apports complets.

Cette supplémentation systématique concerne :

1) L’acide folique ou vitamine B9 (ou folates) :

La carence en cette vitamine a été impliquée dans des maladies de développement du tube neural du fœtus. Les besoins en cette vitamine sont augmentés durant la grossesse. Les malformations issues de cette carence se produisent dès le premier mois de grossesse. La prévention de cette anomalie pour toutes les patientes se traduit par la prescription d’une supplémentation quotidienne de vitamine B9 à la dose de 400g /jour (une gélule) durant la période qui encadre la conception (soit deux mois avant idéalement et durant le premier trimestre de la grossesse).

2) La vitamine D :

Cette vitamine apparentée quasiment à une hormone est essentielle à la minéralisation osseuse du fœtus. Ses sources sont l’alimentation et l’exposition aux UV via l’ensoleillement. Le déficit peut entrainer des rachitismes (défaut de minéralisation) et des épisodes d’hypocalcémie néonatale.  Ce risque est plus élevé pour les grossesses se terminant en hiver. Les carences ne sont pas non plus sans impact pour la maman avec un risque, par exemple, d’ostéomalacie.

Les recommandations de supplémentation systématique en Vitamine D sont donc les suivantes :

100000 UI en une seule fois
ou 400 UI /Jour pendant toute la grossesse
ou 1000 UI : jour au 3ème trimestre

Les éventuelles supplémentations spécifiques

1)  Fer et Grossesse :

Rappelons que l’augmentation en besoin de fer est importante au cours de la grossesse. Elle est destinée à faire face aux besoins du fœtus, à ceux du placenta et à anticiper les pertes de sang au moment de la naissance.

On distingue toutefois dans nos apports alimentaires deux types de fer :

– Le fer héminique issu des produits d’origine animale
– Le fer non héminique issu des produits d’origine végétale

Leur différence principale réside dans le fait que le premier est absorbé par l’organisme maternel à hauteur de 25% alors que le second n’est absorbé qu’à hauteur de 5% !

Par ailleurs, l’organisme de la patiente enceinte s’adapte pour faire face à ses besoins majorés en augmentant ses capacités d’absorption intestinale du fer héminique et non héminique.

La carence en fer se traduit par une anémie dite « par carence martiale ». Elle est dépistée au moyen d’une Numération Formule Sanguine et d’une ferritinémie (reflet des réserves en fer). Ces examens peuvent être réalisés idéalement à la fin du 1er  trimestre de la grossesse mais le dépistage de l’anémie ferriprive  est de toute façon  obligatoire au 6ème mois de grossesse.

Au-delà des remarquables capacités d’adaptation du fœtus (qui se comporte aux dépens de sa mère comme un « prédateur sélectif » pour constituer ses propres réserves), les principaux risques d’une anémie ferriprive sont l’accouchement prématuré et le retard de croissance intra-utérin.

Alors qui a t-on besoin de supplémenter ?

Les patientes :
– Anémiques avant la grossesse
– Ayant eu des grossesses rapprochées
– Ayant souffert de métrorragies durant la grossesse
– A risque de carence par déséquilibre nutritionnel (régimes hypocaloriques à répétition et régimes végétarien/végétalien)
– Des milieux sociaux défavorisés

Modalités de supplémentation :

– Favoriser les aliments riches en fer (cf question 2)
– Pour les groupes à risque : 30 mg/ jour dès le début de la grossesse
– Pour corriger une anémie ferriprive établie à raison de 40 à 60 mg/jour jusqu’à correction de l’anémie et reconstitution des stocks en fer (ferritinémie).

A l’inverse, un apport excessif et systématique en fer augmenterait le risque oxydatif (production de Radicaux libres de l’oxygène corolaire fonctionnement cellulaire aérobie normal et indispensable à la vie) ; néanmoins ce dernier pourrait être annulé par une poly-supplémentation associant les éléments anti-oxydant que sont le zinc, la vitamine C, la vitamine E voire le -carotène.

 

2) Calcium et Grossesse :

Les besoins en calcium du bébé sont très importants ; avec les apports en phosphore et en vitamine D, ils contribuent à la construction d’un squelette osseux de bonne qualité. Les recommandations concernant l’apport calcique au cours de la grossesse se situent entre 1000mg et 1200mg/jour. Ces besoins sont couverts :

– Par une alimentation diversifiée et équilibrée intégrant au moins 3 produits laitiers par jour
– Par la mise en œuvre de régulations entre le fœtus et la mère avec notamment une augmentation de l’absorption intestinale

La supplémentation systématique n’est donc pas justifiée ; elle peut être ponctuelle.

 

3) Iode et Grossesse : 

L’iode est un oligoélément indispensable au bon fonctionnement de la glande thyroïde et à la production des hormones thyroïdiennes. Il participe largement au bon développement cérébral, à l’acquisition des fonctions cognitives et des capacités d’apprentissage par le futur bébé.  Au cours de la grossesse, les besoins en iode sont ainsi augmentés. Certaines populations se retrouvent plus à risque de déficience en iode : grossesses rapprochées, régimes hypocaloriques à répétition, régime type végétalien et les nausées et vomissements altérant la prise alimentaire.

Il est donc recommandé pour toutes les patientes de consommer des produits riches en iode. Pour les patientes carencées un apport supplémentaire de 100 microg/jour devra être fourni.

 

4) Magnésium et Grossesse :

Aucune supplémentation systématique n’est justifiée. On oriente plutôt vers une alimentation diversifiée incluant notamment des fruits et légumes secs, des céréales entières voire des eaux minérales riches en magnésium. On supplémente à raison de 200mg/jour en cas de carence avérée souvent accompagnée de symptômes cliniques (crampes musculaires, tétanie,etc…).

 

5) Zinc et Grossesse :

Les apports sont couverts par une alimentation diversifiée et équilibrée et riche en Viandes / Poissons et Fruits de Mer. Il est néanmoins important de souligner la nécessité de supplémenter les patientes qui reçoivent des folates et du fer car ces derniers diminuent l’absorption du fer. La dose journalière de zinc à prévoir est de 30mg.

Pour conclure, la plupart des femmes sont complémentées en folates et vitamine D pendant la grossesse. Pour les autres minéraux, consultez un médecin pour voir si cela est nécessaire en fonction de votre histoire et de vos analyses.