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21.07.2021

par Bertille Flory, Endholistic, juillet 2021

Grossesse et endométriose : ce qu’il faut savoir

endométriosegrossesse

Comme beaucoup de maladies gynécologiques, l’endométriose a des effets sur la période de conception mais aussi sur la grossesse et sur les mois qui suivent la naissance du bébé. Faisons le point sur ce qu’il est important de savoir.

Nombreuses sont les femmes qui, lors de leur diagnostic d’endométriose, se sont vues prescrire la grossesse comme un remède au développement de la maladie et de ses symptômes.

Touchant entre une femme sur sept et une femme sur dix, l’endométriose est une maladie gynécologique liée à la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine (endomètre – paroi interne de l’utérus) en dehors de l’utérus. Différents organes peuvent être touchés. La maladie peut être asymptomatique, mais dans certains cas, elle provoque de fortes douleurs (notamment au moment des règles) et d’autres symptômes notamment digestifs et urinaires, de la fatigue, de l’infertilité, etc.

Les effets de l’endométriose sur la conception

Avec les douleurs et la fatigue, l’infertilité est l’un des symptômes principaux de l’endométriose. Entre 30 et 40 % des femmes atteintes d’endométriose seront confrontées à l’infertilité dans leur parcours pour avoir un enfant.

C’est d’ailleurs bien souvent lors de difficultés à concevoir et du bilan de fertilité que les femmes, sans symptôme apparent, découvrent qu’elles sont atteintes d’endométriose. L’endométriose est la première cause d’infertilité féminine.

Il est cependant extrêmement important de rappeler que l’endométriose n’est pas une fatalité. Prises en charge efficacement, de nombreuses femmes parviennent à tomber enceintes naturellement ou avec l’aide de la médecine.

Les impacts directs de l’endométriose sur la fertilité féminine

Les difficultés à débuter une grossesse s’expliquent par plusieurs causes relatives à l’endométriose :

– Les adhérences : les adhérences correspondent à du tissu cicatriciel résultant des saignements répétés et de l’accolement des organes présents dans le petit bassin. Ce tissu cicatriciel peut changer la forme et la position des organes et notamment empêcher la bonne mobilité des trompes de Fallope réduisant de facto les chances de fécondation.

– L’inflammation : le liquide contenu dans le bassin (ou fluide péritonéal) des femmes atteintes d’endométriose contient plus de molécules inflammatoires (cytokines et prostaglandines) qui créent un environnement toxique pour les cellules et peuvent endommager l’ovule, le sperme et l’embryon.

– Les kystes ovariens : ils peuvent réduire la fertilité en diminuant la production d’ovocytes par les ovaires.

– Les anomalies endocriniennes et ovulatoires : La maturation de l’ovocyte et le processus d’ovulation semblent être modifiés chez les femmes atteintes d’endométriose. Les statistiques montrent que 17 % des femmes souffrant d’endométriose n’ovulent pas[1].

– Une plus faible réceptivité endométriale : l’endomètre (la paroi qui tapisse l’intérieur de l’utérus) fabrique entre le jour 20 et le jour 24 du cycle féminin des protéines appelées intégrines qui permettent l’adhésion de l’embryon au sein de l’endomètre. Or, chez certaines femmes atteintes d’endométriose, la réceptivité endométriale est compromise, car elles ne produisent pas l’intégrine alpha v béta 3 essentielle à l’implantation. Cette dysfonction utérine peut réduire les taux de fertilité féminine. Cependant, plus de recherches sont nécessaires afin de déterminer le traitement approprié[2].

Il faut savoir que les difficultés de fertilité ne sont pas proportionnelles à l’étendue des lésions et au degré de gravité de la maladie. Le pronostic de grossesse n’est pas nécessairement meilleur chez la femme qui a quelques foyers indolores que chez celle dont la maladie est plus douloureuse et étendue.

Pour en savoir plus sur les impacts de l’endométriose sur la fertilité, vous pouvez consulter notre article : Tomber enceinte avec l’endométriose.

Les impacts indirects de l’endométriose sur la fertilité féminine

Le traitement de base recommandé par le Collège national des gynécologues obstétriciens français (CNGOF) pour soulager les douleurs d’endométriose repose sur la prise d’un traitement hormonal[3].

Le fait d’avoir pris la pilule comme traitement pour soulager les douleurs pendant de longs mois voire de longues années peut également être une source de difficultés à concevoir pour plusieurs raisons :

– La pilule supprime le cycle menstruel : la femme se retrouve en état de ménopause artificielle. Le cycle peut mettre un temps certain à se remettre en place et permettre une grossesse.

– La pilule peut créer des déficiences en nutriments importantes (magnésium, zinc, sélénium, vitamines B2, B6, B9, B12, C, E). Parmi ces nutriments, certains sont indispensables pour une fertilité de qualité. Prendre la pilule peut avoir comme cause secondaire d’amoindrir la fertilité féminine.

– La pilule affecte le fonctionnement de la thyroïde : la thyroïde est une glande endocrine qui sécrète des hormones indispensables à la survenue et au maintien de la grossesse.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l’article de blog « Pilule et endométriose : vraie solution ou fausse amie ? »

Les solutions proposées par la médecine allopathique

Pour optimiser la fertilité des femmes atteintes d’endométriose, la première option recommandée par la médecine allopathique est l’intervention chirurgicale. Cette opération faite par cœlioscopie permet de retirer les lésions et de réduire les adhérences.

Les médecins laissent ensuite 6 à 9 mois aux femmes ayant eu recours à la chirurgie de retrait des lésions pour tomber enceinte naturellement.

Selon les dernières statistiques, la cœlioscopie de résection des lésions d’endométriose permet d’augmenter de 60 % les chances de grossesse spontanée[4].

La deuxième option proposée par la médecine allopathique est l’assistance médicale à la procréation et tout particulièrement la fécondation in vitro (FIV). Il faut savoir qu’en cas d’endométriose, le nombre d’ovocytes recueillis lors de la stimulation ovarienne semble plus faible, notamment en cas d’endométriose sévère. Par ailleurs, les études sur la stimulation de l’ovulation pour FIV ne montre pas d’aggravation des symptômes liés aux lésions d’endométriose, ni d’accélération de son évolution ou d’augmentation du taux de récidive de la maladie[5].

Les options thérapeutiques complémentaires

Les options thérapeutiques complémentaires et naturelles sont très nombreuses pour optimiser la fertilité des femmes d’endométriose : naturopathie, ostéopathie, kinésithérapie, micronutrition, nutrithérapie, fasciathérapie, psychothérapie, acupuncture, ayurvéda, kinésiologie, etc.

Elles peuvent avoir un effet sur l’inflammation, le stress oxydatif, l’immunité, les adhérences, les anomalies endocriniennes, l’émotionnel, les mémoires transgénérationnelles, etc.

Elles ne s’envisagent bien entendu qu’en complément d’un suivi médical.

L’endométriose durant la grossesse : quels impacts ?

L’endométriose affecte la physiologie féminine de nombreuses manières et peut donc interférer avec la grossesse. En effet, en provoquant l’inflammation de l’endomètre ou en résistant à l’action de la progestérone pendant l’implantation et tout au long de la grossesse, l’endométriose peut perturber le cours normal de la grossesse de différentes manières.

Les femmes enceintes qui souffrent d’endométriose doivent être plus étroitement surveillées que les autres durant leur grossesse.

Les impacts de l’endométriose sur la grossesse

Le fait d’être atteinte d’endométriose peut avoir certaines conséquences durant la grossesse :

– Les risques de fausse-couche quand on est atteinte d’endométriose ou d’adénomyose sont plus élevés,

– Il existe plus de risques d’accoucher par césarienne,

– Les risques de naissance prématurée (avant 37 semaines de grossesse) sont plus nombreux,

– Il y a plus de risque de placenta praevia ou placenta bas inséré (placenta situé sur le col de l’utérus et empêchant une naissance par les voies naturelles),

– Les bébés ont à la naissance une taille plus faible[6].

En revanche, aucune différence n’a été observée sur :

– Les risques de développer un diabète gestationnel[7],

– Le fait que le bébé ait un plus petit poids à la naissance,

– Les risques de décollement placentaire.

Enfin, les études scientifiques divergent sur l’impact de l’endométriose sur :

– Les risques de faire une grossesse extra-utérine (risques identiques ou plus élevés),

– Les risques de faire une pré-éclampsie (la pré-éclampsie se caractérise par une élévation de la pression artérielle et une élévation de la quantité de protéines présente dans les urines).

Chez les femmes enceintes atteintes d’endométriose, le fait d’être atteinte d’adénomyose diffuse est associé avec l’accouchement d’un enfant de petit poids. Il est conseillé que les grossesses des femmes atteintes d’adénomyose diffuse soient traitées comme étant à fort risque de dysfonctionnement placentaire et soient étroitement surveillées[8].

Les impacts de la grossesse sur les lésions d’endométriose

Aujourd’hui, il n’y a pas d’étude ni de preuve concrète que la grossesse ait un impact quelconque sur l’endométriose que ce soit dans le sens d’une diminution, d’une stagnation ou d’une évolution des lésions.

Il faut cependant savoir que la croissance et les changements structurels des lésions d’endométriose durant la grossesse pourraient advenir en raison de la décidualisation[9]. La décidualisation est un processus par lequel un des types de cellules de l’endomètre, les cellules stromales, subissent une série de changements et deviennent des cellules déciduales. En effet, tout au long de la grossesse, l’endomètre subit des changements multiples, qui sont essentiels à la fonction reproductrice féminine. Les nouvelles cellules déciduales interagiront directement avec l’embryon, qui viendra de s’attacher à l’endomètre: une interaction adéquate entre les cellules déciduales et l’embryon est nécessaire au bon développement de ce dernier.

Une réponse hormonale similaire peut également être décelée pour l’endomètre ectopique (endomètre présent en dehors de l’utérus). En tant que tel, les endométriomes ovariens et les implants d’endométriose profonde peuvent subir ce processus de décidualisation.

Globalement, l’état progestatif de la grossesse favorise une amélioration de l’endométriose. Cependant, la décidualisation peut amener à une croissance de la taille des endométriomes et des implants d’endométriose profonde, à des changements d’apparence à l’imagerie, voire à des complications comme la présence de sang dans le péritoine durant la grossesse.

La connaissance de ce processus peut aider à prévenir les mauvais diagnostics d’endométriomes décidualisés comme étant des tumeurs malignes des ovaires ou à reconnaitre les manifestations habituelles à l’imagerie des effets hormonaux de la grossesse sur l’endométriose.

Les impacts de la grossesse sur les symptômes d’endométriose

Si, pour la plupart des femmes, les symptômes d’endométriose sont mis en pause durant la grossesse en raison de l’imprégnation forte du corps par la progestérone, certaines femmes mentionnent des douleurs spécifiques liées à l’endométriose

Ces douleurs peuvent être identiques à celles ressenties avant la grossesse mais elles peuvent aussi être exacerbées ou différentes : tiraillement ou douleurs lancinantes dans le bas du ventre, dans les cuisses, syndrome de Lacomme, douleurs neuropathiques, etc.

Cela peut s’expliquer par le fait que l’utérus grossit en volume et déplace les organes dans le bassin. Cette évolution impacte les adhérences créées par l’endométriose et joue aussi sur l’étirement des ligaments qui soutiennent les organes. Ces douleurs ligamentaires apparaissent chez un grand nombre de femmes non atteintes de la maladie mais peuvent être beaucoup plus intenses chez les femmes atteintes d’endométriose en raison des lésions présentes sur les ligaments.

Endométriose et impact sur l’accouchement

En ce qui concerne l’accouchement, les risques pour la femme atteinte d’endométriose ne viennent pas de la maladie en elle-même, mais des chirurgies que la femme pourrait avoir subi avant la grossesse.

Si la chirurgie a touché la partie terminale du rectum ou le vagin, la césarienne peut être privilégiée, car un accouchement par voie naturelle pourrait entraîner un déchirement du périnée et des séquelles telles que l’incontinence anale et urinaire.

Quelles évolutions de l’endométriose peut-on attendre après une grossesse ?

La grossesse ne guérit pas l’endométriose

Pendant longtemps, il a été considéré que la grossesse avait un impact positif sur l’endométriose et ses symptômes en raison à la fois :

– Du blocage de l’ovulation empêchant les tissus endométriosiques de saigner

– De l’induction de différents changements métaboliques, hormonaux, immunitaires et angiogéniques (développement des vaisseaux sanguins).

Beaucoup de femmes diagnostiquées d’endométriose se sont vues prescrire la grossesse comme un remède au développement de la maladie et aux différents symptômes qu’elles pouvaient ressentir et attendent donc de la grossesse une véritable amélioration de la maladie.

En réalité, les études montrent que les effets de la grossesse sur l’évolution de l’endométriose et sur les symptômes sont très variables et il n’y a pas de preuve que la grossesse soit forcément un moyen de réduire la taille et le nombre de lésions d’endométriose[10].

L’endométriose peut se développer sur la cicatrice de césarienne ou d’épisiotomie

Par ailleurs, il faut savoir que la cicatrice de la césarienne est, chez certaines femmes, le lieu de développement de lésions d’endométriose, ce que l’on appelle l’endométriose pariétale cicatricielle[11]. C’est l’une des localisations d’endométriose les plus rares.

C’est aussi le cas sur des cicatrices d’épisiotomie.

Elle s’explique par le fait que lors de l’intervention des cellules endométriales se greffent sur la cicatrice et leur développement est favorisé par les oestrogènes ce qui provoque la création d’endométriome[12].

Quels sont les effets de l’allaitement sur l’endométriose ?

L’allaitement (et l’aménorrhée lactationnelle qui l’accompagne) protégerait les femmes de l’endométriose et aurait également des effets sur les symptômes et notamment les douleurs ainsi que sur la propagation de la maladie[13].

[1] L’endométriose, Vaincre la douleur et l’infertilité, Giselle Frenette, Québec Livres, 2017

[2] Idem

[3] Synthèse de la recommandation de bonne pratique, Prise en charge de l’endométriose, traitement chirurgical et fertilité, Haute autorité de santé, décembre 2017

[4] Fuchs F., Raynal P., Salama S., Guillot E., Le Tohic A., Chis C., Panel P., Fertilité après chirurgie cœlioscopique de l’endométriose pelvienne chez des patientes en échec de grossesse, Journal de gynécologie obstétrique et biologie de la reproduction. 2007, Vol 36, Num 4, pp 354-359, 6 p ; ref : 26 ref

[5] Synthèse de la recommandation de bonne pratique, Prise en charge de l’endométriose, traitement chirurgical et fertilité, Haute autorité de santé, décembre 2017

[6] Zullo F, Spagnolo E, Saccone G, Acunzo M, Xodo S, Ceccaroni M, Berghella V. Endometriosis and obstetrics complications: a systematic review and meta-analysis. Fertil Steril. 2017 Oct;108(4):667-672.e5. doi: 10.1016/j.fertnstert.2017.07.019. Epub 2017 Sep 2. PMID: 28874260.

[7] Pérez-López FR, Martínez-Domínguez SJ, Viñas A, Pérez-Tambo R, Lafita A, Lajusticia H, Chedraui P; Health Outcomes and Systematic Analyses (HOUSSAY) Project. Endometriosis and gestational diabetes mellitus risk: a systematic review and meta-analysis. Gynecol Endocrinol. 2018 May;34(5):363-369. doi: 10.1080/09513590.2017.1397115. Epub 2017 Nov 5. PMID: 29105527

[8] Scala C, Leone Roberti Maggiore U, Racca A, Barra F, Vellone VG, Venturini PL, Ferrero S. Influence of adenomyosis on pregnancy and perinatal outcomes in women with endometriosis. Ultrasound Obstet Gynecol. 2018 Nov;52(5):666-671. doi: 10.1002/uog.18989. PMID: 29266553

[9] Leeners B, Damaso F, Ochsenbein-Kölble N, Farquhar C. The effect of pregnancy on endometriosis-facts or fiction? Hum Reprod Update. 2018 May 1;24(3):290-299. doi: 10.1093/humupd/dmy004. PMID: 29471493.

[10] Leeners B, Damaso F, Ochsenbein-Kölble N, Farquhar C. The effect of pregnancy on endometriosis-facts or fiction? Hum Reprod Update. 2018 May 1;24(3):290-299. doi: 10.1093/humupd/dmy004. PMID: 29471493

[11] Carsote M, Terzea DC, Valea A, Gheorghisan-Galateanu AA. Abdominal wall endometriosis (a narrative review). Int J Med Sci. 2020 Feb 10;17(4):536-542. doi: 10.7150/ijms.38679. PMID: 32174784; PMCID: PMC7053307.

[12] Cöl C, Yilmaz EE. Cesarean scar endometrioma: case series. World J Clin Cases. 2014 May 16;2(5):133–6

[13] History of breast feeding and risk of incident endometriosis : prospective cohort study. Farland LV et al., BMJ 2017; 358 3778

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