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12.04.2021

par Jolly Mama

Idées reçues sur les règles : mythe ou réalité ?

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À quoi ça sert d'avoir ses règles ? Est-ce qu'on est toutes pareilles ? Est-ce que ça fait forcément mal ?

Inutiles, sales, anormales, les règles font l’objet de beaucoup d’idées reçues pas toujours fondées qui nous empêchent de bien vivre nos cycles. Et si nous en profitions pour faire le point entre le vrai et le faux et tordre le cou à certaines légendes?

Les règles ça ne sert à rien

Encore trop souvent véhiculée, cette affirmation est bien sûr complètement fausse! Le cycle menstruel est une cascade d’événements et de sécrétions hormonales nécessaires à tout point de vue.

Côté fertilité, ce sont ces œstrogènes, qui vont permettre aux follicules ovariens d’atteindre l’ovulation, étape essentielle lorsque l’on souhaite concevoir. Sans ovulation (et donc œstrogènes), il n’y a pas de sécrétion de progestérone, hormone cruciale pour l’implantation de l’œuf fécondé.

Seulement attention, les hormones sécrétées pendant le cycle ne sont pas seulement utiles si l’on souhaite concevoir.

En début de cycle, la sécrétion d’œstrogènes agit sur l’humeur et la motivation. Ils participent aussi à la santé ostéo musculaire, en stimulant par exemple le développement des ostéoblastes, ces cellules chargées de la reconstruction osseuse.

Ils améliorent également la qualité de la peau, en lui apportant élasticité et tonus.

Il est d’ailleurs commun d’observer à la ménopause, lorsque les règles s’arrêtent définitivement et que les hormones sexuelles chutent, une peau plus sèche, des douleurs articulaires pouvant aller jusqu’à l’ostéoporose ou l’arthrose, des troubles de l’humeur, du sommeil ou des sécheresses vaginales.

Suite à l’ovulation, la sécrétion de progestérone contrebalance les effets des œstrogènes. Hormone relaxante au propre comme au figuré, permet de relâcher les tissus en diminuant les crampes abdominales au moment des règles, mais aussi de calmer le système nerveux et donc d’impacter positivement le sommeil et de permettre au corps de ne pas perdre trop d’énergie au moment des règles.

En revanche, il n’en est pas de même pour ce qui est des saignements entre deux plaquettes de pilule. On les appelle “règles de privation” car elles sont provoquées par l’arrêt des hormones de synthèse qui bloquent les sécrétions hormonales. Ces saignements là n’ont pas d’intérêt médical prouvé.

Les règles ça fait forcément mal

Cette idée reçue a la vie dure et pour cause, les douleurs menstruelles sont malheureusement trop répandues. Seulement voilà, courant ne veut pas dire normal ! Il est donc important de changer de point de vue sur ces douleurs qui nous alertent d’un déséquilibre. Les règles ne sont pas censées faire mal au point de vous empêcher de mener à bien certaines activités. En revanche, il est normal de constater une sensibilité dans le bas ventre, signe du travail qui est en train d’opérer. Cette sensation doit rester modérée et se limiter aux premiers jours de règles. Des douleurs chroniques et trop violentes doivent vous amener à consulter un médecin qui sera capable de vous faire un diagnostic.

Les douleurs menstruelles sont souvent liées à un état inflammatoire profond ainsi qu’à un éventuel déséquilibre entre oestrogènes et progestérone. Dans ces deux cas, l’adoption d’un mode de vie adapté sera d’une grande aide pour soulager vos douleurs et vivre vos règles de manière plus harmonieuse.

Le flux des règles ce n’est que du sang

Bien sûr le fluide qui s’écoule pendant vos règles doit sa couleur rouge au sang qu’il contient mais c’est loin d’en être le seul composant. Il contient de la lymphe, des anticorps, des cellules nourricières, des cellules souches mais aussi de nombreux nutriments comme des vitamines, des oligo-éléments ou des minéraux. Ce flux est une excellente source de nutriments ce qui explique pourquoi certaines cultures traditionnelles l’utilisent comme engrais pour les plantes [1].

Je continue d’avoir mes règles pendant la pilule / je peux prendre la pilule pour régulariser mes règles

Les règles sont le résultat d’une succession d’étapes lors du cycle menstruel, comme l’ovulation par exemple. Lorsque l’on prend la pilule, le corps reçoit des hormones de synthèse qui lui évitent d’en produire au niveau des ovaires. On pourrait parler de chômage technique car il n’y a plus ou peu d’activité ovarienne, pas d’ovulation et donc pas de règles à proprement parler.

Les saignements entre les plaquettes de pilules ne sont provoqués que par le retrait de ces hormones de synthèse. Ces saignements ont lieu tous les 28 jours pour mimer la régularité de vos cycles. Cependant, cette durée est uniquement liée au nombre de pilules de votre plaquette et non à la suite d’événements d’un vrai cycle menstruel qui dure, lui, environ un mois. Pour que l’on parle de règles, il aurait fallu que les étapes du cycle décrites précédemment aient bien lieu, ce qui n’ est pas le cas pendant la prise d’un contraceptif hormonal. Ce saignement a plutôt comme fonction de rassurer la femme que de l’aider à être en santé.

Pour résumer, lorsque vous prenez la pilule, vous ne réglez alors pas vos éventuels déséquilibres hormonaux mais arrêtez (ou diminuez fortement) votre activité ovarienne et provoquez de fausses règles. Cela peut être un problème car cela ne résout pas la raison de vos cycles irréguliers et retarde une potentielle prise en charge.

Si je souffre de règles abondantes, je dois forcément manger de la viande rouge ou du foie

Il est fréquent que les règles abondantes voire hémorragiques provoquent une anémie ferriprive, c’ est-à-dire une anémie liée à une carence en fer. L’importante perte de sang fait diminuer le taux de globules rouges et l’on conseille alors souvent aux femmes de manger de la viande rouge ou du foie pour remonter le taux de fer. Bonne nouvelle si vous avez horreur de ça, vous pouvez trouver des sources de fer ailleurs.

Le fer héminique, celui que l’on trouve dans les produits animaux, est souvent bien plus assimilable que celui que l’on trouve dans les végétaux. Si votre régime alimentaire le permet, vous pouvez parfaitement vous diriger vers le poisson, les fruits de mer ou encore la viande blanche.[2] Selon le degré de carence, un médecin peut vous proposer une supplémentation.

Si mes cycles sont longs alors j’ai un SOPK

Il y a des tonnes de raison pour un long cycle et le SOPK n’est pas le seul. La plupart du temps, ils sont liés à des difficultés d’ovulation ce qui rend la phase préovulatoire longue, voire très longue. De plus en plus de médecins appuient désormais leur diagnostic du SOPK sur l’avis de l’Androgen Excess and PCOS Society, qui établit que pour être diagnostiquée d’un SOPK, une femme doit remplir les critères suivants:

– une dysfonction ovarienne avec des cycles longs par exemples et / ou des ovaires polykystiques (les deux vont souvent de pair)

– un excès d’hormones masculines constaté soit par prise de sang soit physiquement lors d’hirsutisme par exemple ainsi que la présence de cycles longs ou donc d’ovaires polykystiques.

– que d’autres causes d’excès d’androgènes soient écartées: maladie touchant la glande pinéale ou les surrénales, médicaments, prolactine élevée[3]

Le seul fait d’avoir des cycles longs peut venir de l’arrêt récent de la pilule, du stress, du manque de sommeil, des décalages horaires, de la sous-alimentation et bien d’autres facteurs. Notez qu’à chaque fois, les ovaires peuvent avoir un aspect pluri-folliculaire à cause des multiples tentatives d’ovulation.

Un cycle sain dure forcément 28 jours

On a tous en tête qu’un cycle doit durer 28 jours. Il s’agit en réalité d’une moyenne et on considère qu’un cycle “normal” dure entre 21 et 35 jours. Lorsqu’ils durent moins longtemps, on parle de cycles courts liés à une courte phase post-ovulatoire et lorsque leur durée augmente, on parle de cycles longs liés à plusieurs tentatives d’ovulation qui allongent la phase préovulatoire [4].

Je suis fertile tout le mois

S’il est vrai que chaque mois environ, une nouvelle possibilité de grossesse a lieu, ce n’est pas valable pour la totalité du cycle. La fenêtre fertile d’une femme dure en réalité moins d’un quart du cycle, soit environ entre 5 et 6 jours.  Pendant cette période, un ovule est produit, la sécrétion de glaire cervicale se transforme et le col de l’utérus s’ouvre. La méthode de symptothermie prend en compte ces trois indicateurs pour établir la période de fécondité, afin d’éviter ou au contraire de maximiser les chances de grossesse [5].

J’ovule forcément à J14

Chaque femme est différente et il en va de même pour ses cycles. S’il est vrai que nous ovulons en général une quinzaine de jours avant nos règles, cela ne veut pas toujours dire que l’on ovule le 14ème jour. Ainsi en fonction de la durée du cycle, le jour de l’ovulation peut varier. En cas de cycle particulièrement long, la phase préovulatoire, aussi appelée folliculaire, peut durer plusieurs semaines voire plusieurs mois.

Je saigne donc j’ai ovulé

L’ovulation est LE moment clé du cycle. Selon les femmes, il peut être plus ou moins difficile de la déclencher car elle est sensible à de nombreux critères. Alimentation, stress, manque de sommeil, sport en excès sont autant de facteurs qui peuvent stresser le corps et gêner les sécrétions hormonales.

En fonction du contexte, certains cycles sont anovulatoires, c’est -à-dire qu’il n’y a pas d’ovulation et donc ni phase lutéale ni progestérone.

Il peut cependant se produire des saignements que l’on ne considère pas comme des règles, puisque les règles sont le résultat d’une succession d’étapes lors du cycle menstruel notamment l’ovulation et la sécrétion de progestérone.

Dans un cycle anovulatoire, il n’y a que des oestrogènes et les saignements peuvent être très abondants ou durer plus d’une semaine quand les règles sont censées durer entre 2 et 5 jours.

D’un point de vue hormonal, être sous pilule ou enceinte, c’est la même chose

Cet argument pour rassurer sur l’absence de cycle menstruel pendant la prise de pilule n’est pas vrai. Les hormones de synthèse de la pilule n’ont rien à voir avec les “vraies” hormones que l’on produit pendant une grossesse, d’ailleurs les effets secondaires ne sont pas non plus les mêmes.

 

SOURCES :

[1] Que se passe-t-il dans mon corps? Elisabeth Raith-Paula, éditions Favre

[2] Beck, K., Conlon, C., Kruger, R., & Coad, J. (2014). Dietary Determinants of and Possible Solutions to Iron Deficiency for Young Women Living in Industrialized Countries: A Review. Nutrients, 6(9), 3747-3776. doi:10.3390/nu6093747

[3] Definition and significance of polycystic ovarian morphology: a task force report from the Androgen Excess and Polycystic Ovary Syndrome Society. Didier Dewailly, Marla E Lujan, Enrico Carmina, Marcelle I Cedars, Joop Laven, Robert J Norman, Héctor F Escobar-Morreale

[4] Period Repair Manual. Lara Briden, Greenpeak publishing

[5] Taking charge of your fertility. Toni Weschler, Morrow publishing