HomeGuideCycleSuivre sa fertilité avec la glaire cervicale
La glaire cervicale
vous pourriez a-do-rer !
  • Nutrishots pour la conception et fertilité

    Cocooning

    découvrir

05.07.2021

par Laurène Sindicic, conseillère en naturopathie et nutrition, spécialisée en fertilité

Suivre sa fertilité avec la glaire cervicale

contraceptioncyclefertilité

La “glaire cervicale” est un terme connu de toutes, mais savez-vous que vous pouvez l’utiliser comme indicateur de fertilité ?

Dans cet article, nous vous expliquons tout ce qu’il faut savoir pour utiliser sa glaire cervicale comme indicateur de sa fertilité, que ce soit dans le cadre d’un désir de grossesse (pour reconnaître le moment M), dans un objectif de contraception (pour éviter ce moment M !) ou simplement pour se reconnecter à son corps et à ses fluctuations hormonales.

Si les termes “glaire cervicale” ne sont pas connus de toutes les femmes, le concept, lui, leur est en principe très familier.
Il s’agit en effet des sécrétions que l’on observe à certains moments de son cycle dans ses sous-vêtements, et qui sont produites sous l’action des hormones qui s’activent pour faire maturer les follicules.
En cela, l’arrivée de cette glaire est un signal de l’imminence de la libération d’un ovule, mais encore faut-il savoir la reconnaître et la qualifier, car elle évolue de jour en jour à l’approche de l’ovulation.

La glaire cervicale, c’est quoi ?

La glaire cervicale est une sécrétion produite par le col de l’utérus sous l’effet des oestrogènes, les hormones qui guident la première partie du cycle.

Elle tient d’ailleurs son nom de son lieu de production, car cervix veut dire col de l’utérus en anglais.

Concrètement, à chaque nouveau cycle (c’est-à-dire à chaque premier jour de règles), un dialogue hormonal s’établit entre le cerveau et les ovaires pour permettre à un follicule de croître jusqu’à atteindre une taille suffisante pour ovuler. Ainsi, le cerveau dit aux ovaires de préparer un stock de follicules, qui vont commencer à se développer et à produire des oestrogènes. Plus on avance dans le cycle, plus les follicules grossissent (un surtout, qui deviendra l’ovule), et plus les oestrogènes grimpent.

Le rapport avec la glaire cervicale ? Elle est produite en réaction à cette montée d’oestrogènes, dans une sorte d’alignement des planètes pour permettre une fécondation.

En effet, le rôle de cette glaire est de permettre à un spermatozoïde d’arriver jusqu’à l’ovule qui s’apprête à être libéré. Lorsqu’elle n’est pas présente (environ les ¾ du cycle), le vagin est tellement acide que les spermatozoïdes n’y survivent que quelques secondes. La glaire cervicale a un pH alcalin qui leur permet de rester en vie, jusqu’à 5 jours dans les cryptes du col de l’utérus !

Par ailleurs, elle a un effet protecteur et accompagnateur des spermatozoïdes. Elle les conserve dans ses maillages très serrés et les fait remonter vers l’ovule tel un ascenseur.

Donc si on récapitule : pas de glaire = pas de fécondation possible, alors qu’en présence de glaire = une fécondation est possible, même si l’ovulation a lieu 5 jours après un rapport sexuel.

C’est pour cela qu’une femme est fertile environ 6 jours par cycle : 5 jours avant l’ovulation, grâce à la glaire, et 1 jour après, car l’ovule vit 12 à 24h. En dehors de cette fenêtre de fertilité, une grossesse n’est pas possible.

L’évolution de la glaire cervicale au cours du cycle

Comment fait-on pour observer cette glaire, la différencier des autres fluides qui peuvent apparaître par là, et confirmer à 100% qu’on a bien ovulé ?

Et bien c’est là que l’observation de la glaire devient une science, car elle a été très étudiée pour permettre aux femmes de l’utiliser comme un indicateur de leur fertilité.

Tout d’abord, il n’y a pas une glaire, mais plusieurs types de glaire, plus ou moins fertiles. Ensuite, on qualifie la glaire de deux façons : grâce à son aspect (ce qu’on observera dans sa culotte notamment) et grâce à la sensation qu’elle procure (le ressenti d’humidité qu’elle apporte).

L’observation de la glaire

– Pendant les périodes infertiles du cycle (pendant et après les règles – même si dans un cycle court, on peut entrer dans sa période fertile dès la sortie des règles –  puis entre l’ovulation et les prochaines règles) : on n’observe pas de glaire, ou alors un délitement de glaire non fertile, appelée glaire G, qui sert à obstruer le col de l’utérus. La culotte en fin de journée est soit intacte, soit parsemée de pertes collantes, pâteuses, qui laissent une croûte, mais sans sensation humide. Le ressenti est donc sec.

– A l’entrée dans la fenêtre de fertilité, l’humidité fait son apparition, et avec elle une glaire d’abord assez grumeleuse et éventuellement jaunâtre (qui peut faire penser à du houmous – on l’appelle la glaire L), puis plus crémeuse (comme du lait pour le corps – on l’appelle la glaire S). On commence à observer une matière en 3 dimensions dans sa culotte, et plus seulement une croûte sèche. Le ressenti, lui, devient plus mouillé.

– Lorsque l’ovulation est imminente, la glaire atteint son pic de qualité. Elle devient très fluide, étirable, transparente (comme du blanc d’oeuf voire de l’huile – on l’appelle la glaire P), et elle apporte une sensation très glissante et lubrifiée.

– Dès que l’ovulation est passée, on observe un changement brutal, un passage net de cette sensation humide à un retour de la sécheresse, ou en tout cas à des sécrétions de moindre qualité.

C’est a priori le signe que l’ovulation a bien eu lieu !

La symptothermie

A priori car pour être certaine d’avoir bien ovulé, un autre indice est important en symptothermie : la prise de la température basale, c’est-à-dire la température au réveil.

Le résidu de l’ovule se transforme en effet en corps jaune, qui produit de la progestérone, une hormone ayant un effet hyperthermique. Dès que l’ovulation a eu lieu, la température corporelle augmente donc, de l’ordre de 0,3 à 0,5 degrés.

C’est la combinaison de ce pic de glaire fertile suivi d’un assèchement net et de la hausse de température qui ne laisse place à aucun doute : l’ovaire a libéré un ovule.

En résumé : la glaire cervicale apparaît quelques jours avant l’ovulation, elle monte en qualité pendant 5 jours environ jusqu’à atteindre un pic d’humidité lorsque l’ovule est libéré, accompagné d’une hausse de la température.

L’arrivée de la glaire marque l’ouverture de la fenêtre de fertilité, et sa disparition couplée à la hausse de température marque sa fermeture (par sécurité, on compte 3 jours après la hausse de température pour se considérer infertile, lorsqu’on utilise la symptothermie comme contraception).

Glaire et projet bébé

L’observation de la glaire cervicale est un outil à la fois plus pratique, plus fiable et moins onéreux qu’un test d’ovulation

Plus pratique, car il est pré intégré, on n’a qu’à se connecter à ses ressentis et être davantage consciente lorsque l’on s’essuie aux toilettes, aucun matériel ni aucun algorithme n’est nécessaire.

Plus fiable car il est très fréquent qu’un test d’ovulation soit positif alors même que le corps était juste en train d’essayer d’ovuler, mais qu’il n’a pas réussi à aller jusqu’au bout. Ce phénomène est fréquent en cas de syndrome des ovaires polykystiques par exemple, et il a pour conséquence que l’on va manquer le “bon moment” en croyant qu’on a ovulé alors qu’en réalité, ce n’était qu’un faux départ. Avec la combinaison glaire + température, même si la glaire peut faire croire à la préparation d’une ovulation, l’absence de montée de température empêchera de la valider.

A contrario, certaines femmes ovulent avec un taux de LH (l’hormone repérée par les tests d’ovulation) inférieur à la sensibilité du test, et passent donc à côté de leur ovulation.

Moins onéreux enfin, car vous l’avez compris, mis à part l’achat d’un thermomètre à double décimal et l’éventuelle formation au départ, la symptothermie n’a aucun coût.

Par ailleurs, en plus de permettre de repérer sa fenêtre de fertilité, la symptothermie peut aider à identifier un déséquilibre voire une anovulation, et d’agir en conséquence pour rétablir le cycle.

C’est donc le meilleur allié des couples en désir de grossesse, et un formidable outil pour reprendre confiance en son corps et en sa fertilité.

Glaire cervicale et contraception

A l’opposé, pour les femmes ne souhaitant pas prendre de contraception hormonale ni mécanique, l’observation de la glaire couplée à la prise de température est une méthode de contraception naturelle bien plus fiable qu’on ne l’entend parfois.

Reconnue par l’OMS, elle a un indice de fiabilité théorique équivalent à celui de la pilule (moins d’1% de risque de tomber enceinte) et un indice de fiabilité pratique également très bon (2% à 8% de risque selon les méthodes et les calculs), à condition de l’appliquer rigoureusement après avoir été formée.

En d’autres termes, loin de la méthode Ogino ou de la méthode des températures seules, qui ont fait la preuve de leur inefficacité mais avec lesquelles la symptothermie est encore confondue, cette approche moderne est fiable et largement étudiée.

Pour creuser le sujet : La symptothermie : une contraception naturelle et efficace

Concrètement, un couple qui souhaite utiliser la symptothermie comme mode de contraception va coupler l’observation de la glaire cervicale et de la température (et éventuellement la position du col de l’utérus), et déterminer le moment où la femme entre dans sa période fertile, puis le moment où elle en sort. Pendant cette fenêtre, ils doivent choisir entre s’abstenir de rapports avec pénétration vaginale, ou utiliser une méthode barrière type préservatif (avec les risques qu’il comporte évidemment). Puis lorsque l’infertilité est certaine, ils peuvent avoir des rapports sans aucun contraceptif et surtout sans aucun risque de grossesse.

Au début, la marge de sécurité est grande donc la prudence est de mise environ la moitié du cycle (on se considère fertile dès le premier jour des règles tant que l’on n’est pas à l’aise avec l’observation de sa glaire). Mais avec le temps, on peut réduire la fenêtre et profiter d’une sexualité totalement libre et sans crainte de tomber enceinte pendant les ⅔ voire les ¾ de son cycle !

Conclusion

La glaire cervicale, bien plus qu’une sécrétion aléatoire voire honteuse, est donc un superbe outil de connexion à son corps et d’identification de sa période fertile.

Apprendre à l’observer est une connaissance que toutes les jeunes filles devraient avoir, pour être en mesure, le temps venu, de faire un choix contraceptif éclairé, et/ou de vivre un désir de grossesse en conscience et en confiance.

Laurène Sindicic est praticienne en naturopathie et en méthodes d’observation du cycle. Elle a fondé le projet Émancipées pour donner aux femmes des clés de lecture et d’optimisation de leur cycle menstruel et de leur fertilité. 

Retrouvez Laurène sur Instagram

Émancipées