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04.02.2021

Par Louise PORTAFAIX Psychologue clinicienne et psychothérapeute

La maternité, un bouleversement psychique intense

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Si « on ne naît pas femme, on le devient », nous pouvons tout autant convenir du fait que l’on ne naît pas mère, on le devient ! Devenir mère et se percevoir comme tel engage un travail psychique conséquent qui confronte les femmes à une nouvelle image. De nombreux psychanalystes parlent d’une période de crise identitaire et de maturation psychologique. Nous avons fait le point sur ce remaniement psychologique intense qu'est la maternité avec Louise Portafaix, psychologue clinicienne.

En effet, la maternité peut venir réactiver de façon particulièrement vive des vécus infantiles et des questionnements identitaires. Bydowski, psychanalyste, appelle cela « la transparence psychique ». Pour Stern, pédopsychiatre, il s’agit d’une nouvelle organisation du psychisme de la femme qui se développe pendant la grossesse, empreint d’un ensemble « de comportements, de susceptibilités, de fantasmes, de peurs et de désirs » spécifiques. La future maman est confrontée à plusieurs identifications : une identification à sa mère, au bébé qu’elle était et au bébé qu’elle porte.

Maternité : enceinte ou en post partum, est-ce normal d’être triste ? anxieuse ?

La grossesse peut faire naître une grande émotivité et une anxiété qui proviennent de préoccupations directement liées à la grossesse. En 1956, le psychanalyste anglais Winnicott a employé le terme de « préoccupation maternelle primaire » pour décrire cette hypersensibilité particulière qui sensibilise la femme enceinte aux besoins de son enfant après la naissance. La femme peut également être confrontée à des sentiments d’étrangeté ou d’irréalité de la situation.

Les difficultés liées à la maternité sont encore difficilement appréhendées par la société. Elles laissent entrevoir le fait que l’amour maternel ne puisse être indéfectible. Pour autant, il est important d’avoir conscience que cette période n’est pas toujours facile et qu’il est possible se faire accompagner afin d’appréhender ces difficultés. Des professionnels de santés peuvent vous aider (sage-femme, médecin, doula, psychologue, pédiatre, auxiliaire de puéricultrice…).

Il est normal et légitime de se sentir stressée ou angoissée ; vous naissez en tant que mère en même temps que votre bébé vient au monde.

Comment prendre soin de moi pendant ma maternité et notamment mon post partum ?

« L’accouchement est un acte, une expérience, un avènement tant physique que psychique. » (Prieur-Richard E., « Une odyssée inconsciente, l’accouchement » in Psychismes Vivants, Septembre 2010, p.6 ). Il est empreint d’une intensité sans pareil.

Si la grossesse trouve une fin dans la naissance de l’enfant, cette dernière est une transition qui amorce la poursuite du processus de maternité. Aujourd’hui les femmes sont souvent très accompagnées pendant leur grossesse mais bien moins pendant leur postpartum pour autant, l’accouchement induit un bouleversement somatique et psychique d’une grande intensité.

Le corps maternel qui s’était adapté et transformé afin de porter, nourrir, oxygéner, et protéger, va cheminer vers un nouvel équilibre. Ce changement postnatal est d’ailleurs peu connu, souvent confondu avec un « retour au corps d’avant ».

Par ailleurs, quand l’accouchement est douloureusement éprouvé, il peut ébranler le narcissisme de la femme qui se trouve endommagé dans son identité féminine. Ainsi, il est important que vous puissiez prendre soin de votre corps. Reposez-vous, ayez une alimentation équilibrée. Faites-vous chouchouter. Organisez-vous un moment de détente (massage, soins énergétiques, acuponcture, coiffeur, soins esthétiques). Si le papa peut disposer de son congé paternité dès le retour à la maison, n’hésitez pas à en bénéficier. A deux, on sup-porte mieux ! Si vous en avez la possibilité, demander à votre entourage de prendre le relais sur des tâches du quotidien. Vous verrez d’ailleurs qu’ils seront ravis de pouvoir s’impliquer (préparation de repas, repassage, ménage…).

Le blues ou la dépression du post-partum, le baby blues,  : quesako ?

Dans plus de la moitié des cas, la maman connaît dans les dix jours qui suivent la naissance, une grande labilité émotionnelle appelé blues du post-partum ou baby blues. Son état alterne entre accès de pleurs inhérents à des affects dépressifs et exaltation de l’humeur. La femme est confrontée à un travail de deuil : l’impression de plénitude liée à son état de grossesse laisse place à un sentiment de vide intérieur. L’enfant réel vient chasser l’enfant imaginaire qu’elle avait fantasmé.

Qui plus est, elle doit faire face à ses nouvelles responsabilités de mère face à l’enfant vers qui sont désormais dirigées toutes les attentions. De plus, l’irritabilité et l’insomnie peuvent être prégnantes. La confusion, les difficultés de concentration et les troubles de la mémoire peuvent s’associer aux fluctuations thymiques. Ces manifestations sont appelées blues du post-partum, elles sont transitoires et bénignes. Si celles-ci persistent n’hésitez pas à consulter un psychologue. Demander de l’aide ne fera pas de vous une mauvaise mère, bien au contraire : reconnaitre ses limites est une qualité. Prenez du temps pour vous c’est important !

Pour creuser le sujet, vous pouvez lire notre article sur le baby blues ainsi que celui sur un sujet moins connu, la dépression post sevrage (pour les mamans qui allaitent).

Plus vous prendrez soin de vous, plus votre bébé le sentira et sera à son tour apaisé !

Pour en savoir plus :

Suivre Louise Portafaix sur Instagram : @selfamourclub

Psychologue clinicienne

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