HomeGuideAlimentationLait maternel et immunité
Lait maternel et immunité
vous pourriez a-do-rer !

12.03.2020

par Jolly Mama

Lait maternel et immunité

alimentationimmunité

L'allaitement renforce les défenses immunitaires. Immuni-tétées !

Le lait maternel est permet de protéger bébé en cas d’infection et participe à la construction de son immunité intestinale.

On vous dit tout sur les mécanismes derrière ce liquid gold, et des conseils sur l’allaitement durant cette période épidémique.

Allaitement et immunité “passive”

Le lait maternel procure à l’enfant une immunité contre les bactéries et les virus. En allaitant, la mère transmet ses propres anticorps à l’enfant, les Immunoglobulines.

Les immunoglobulines maternelles présentes dans le lait apportent à l’enfant une immunité “passive”, avant que son système immunitaire ne soit plus mature. Le lait maternel contient des facteurs bioactifs qui stimulent cette maturation.

Elles sont présentes en grande concentration dans le colostrum et encore plus particulièrement chez les mères dont les enfants sont nés avant terme.

Cycle entéro-mammaire

Le lait maternel va contenir des anticorps spécifiques aux agents pathogènes présent dans l’environnement de la maman et de l’enfant. On appelle cela le «cycle entéro-mammaire». Le lait maternel s’adapte ainsi aux besoins immunitaires de l’enfant et le protéger contre les germes pathogènes environnants.

Protection contre les germes pathogènes

Le lait maternel protège contre l’adhésion et la multiplication des germes pathogènes. L’immunoglobuline est un anticorps produit au niveau des muqueuses (intestin) qui permet de neutraliser des toxines, virus, bactéries pathogènes.

La production d’anticorps IgA (Immunoglobuline A) chez le nourrisson est encore très immature. C’est pourquoi leur présence dans le lait maternel est particulièrement appréciable (on parle d’apport exogène). Ceci assure la période transitoire jusqu’au moment où l’enfant pourra produire les siens. Les anticorps tapissent la paroi intestinale, la rendant plus imperméable face aux germes. Ils forment une barrière empêchant la plupart des pathogènes de se lier aux cellules des muqueuses et de l’épiderme.

Par ailleurs le lait maternel contient des substances qui permettent :

– d’inhiber la croissance de germes (par exempleune protéine appelée lactoferrine peut se lier à deux atomes de fer. Étant donné que plusieurs bactéries pathogènes se nourrissent de fer, la lactoferrine freine leur croissance en rendant le fer non disponible)

– d’empêcher la fixation des germes sur les muqueuses respiratoires,

– de booster des protéines clés dans les défenses immunitaires (notamment pour lutter contre l’inflammation)

– de détruire les germes pathogènes ( le lait maternel est également riche en cellules immunitaires comme les macrophages qui phagocytent les bactéries)

 

L’allaitement est le meilleur moyen de protéger le bébé des infections. Chez les bébés allaités, les gastro entérites sont moins sévères et moins longues. Il y aurait 3 fois moins de diarrhées graves que chez les bébés nourris au biberon, 4 fois moins de risque de présenter une méningite, 10 fois moins de risque d’être hospitalisés pour une infection bactérienne sévère.

Allaitement et microbiote

Une flore dessinée dans les premières semaines à vie

Le rôle du microbiote est critique, car il permet de reconnaître les bonnes bactéries des bactéries pathogènes.

Le tube digestif de bébé acquiert sa flore intestinale dès les premières minutes de sa naissance en cas d’accouchement par voie basse (grâce à toutes les bactéries présentes dans le vagin et la région périnéale de sa maman, si la vulve de la maman n’a pas été traitée à la bétadine pendant l’accouchement).

Ces premières bactéries laissent une empreinte à vie, même si chaque individu développe par la suite son propre microbiote.

N’hésitez pas à discuter avec votre médecin ou sage femme de l’utilisation de la bétadine gynécologique qui empêchera ce transfert des bactéries de la maman en cas d’accouchement par voie basse !

Après cette première colonisation, le peau à peau après la naissance permet également un premier contact cutanée avec les bactéries maternelles, contact qui se renouvellera avec chaque tétée si l’enfant est allaité.

Le lait maternel favorise l’implantation d’une flore bactérienne protectrice

Le lait maternel contient des prébiotiques et des probiotiques.

La marque de fabrique des enfants allaités (en bonne santé) est la présence de Bifidobactéries en grande quantité dans leur micro-biote. Ces bactéries viennent du lait maternel et subsistent jusque dans l’intestin de l’enfant.

Les rôles des Bifidobactéries sont multiples, elles produisent des acides organiques et empêchent la croissance des bactéries pathogènes (par un effet de compétition).

Des études ont également montré une interaction forte entre microbiote et TGF-béta, qui jouent un rôle dans la régulation des réponses immunitaires. Les Bifidobactéries semblent activer la production des TGF-béta.

L’allaitement va donc favoriser l’implantation d’une flore intestinale bénéfique pour les défenses immunitaires.

Plus l’allaitement est long, plus les effets sur le microbiote seront importants. L’OMS recommande ainsi un allaitement jusqu’à deux ans.

“Le microbiote est dit “résilient”, c’est à dire qu’à environ 2/3 ans, il ne bougera pas beaucoup pour le reste de la vie. Les prises de médicaments vont l’endommager plus ou moins sérieusement. Celui-ci va essayer à chaque fois de revenir à son microbiote initial, c’est à dire celui que l’on avait à 2/3 ans. D’où l’importance d’avoir un microbiote au top à 2 ans.”  (Lynda, conseillère IBCLC)

Allaitement et allergies

Alors qu’on a longtemps cru que pour prévenir des allergies en cas d’antécédents familiaux, il fallait éviter ces allergènes lors de la grossesse ou de l’allaitement, des études récentes montreraient que la consommation de ces allergènes par la mère pourrait prévenir les réactions allergiques. Le transfert des antigènes via le lait maternel en favorise l’acceptation par l’organisme du bébé.

D’autre part, si la maman est exposée à des antigènes dans l’air (ex: pollen..), le lait maternel contient alors des immunoglobulines spécifiques à cet antigène, qui provoque chez lui la production de cellules le rendant plus tolérant, expliquant  une diminution de l’asthme allergique chez les bébés allaités.

Allez voir notre autre article sur les Bienfaits de l’allaitement.

Allaitement et coronavirus (et autres infections respiratoires)

En cette période de crise sanitaire, il est important de maintenir l’allaitement ! C’est le moyen le plus efficace pour protéger votre bébé.

L’OMS a récemment publié un document pour les personnes présentant des symptômes du nouveau coronavirus:

“Compte tenu des avantages du lait maternel et de son rôle insignifiant dans la transmission d’autres virus respiratoires, la mère peut continuer à allaiter. La mère doit porter un masque médical lorsqu’elle est à proximité de son nourrisson et respecter soigneusement les gestes d’hygiène des mains avant tout contact étroit avec celui-ci. Elle doit aussi appliquer les autres mesures d’hygiène [type lavage fréquent des mains].”

La Leche League International a également conseillé la poursuite de l’allaitement, même lorsque la maman est infectée par un virus respiratoire.

En effet, le nourrisson aura déjà été en contact avec le virus par le biais de la mère ou d’un membre de sa famille et le fait de continuer l’allaitement maternel aurait donc plus de bénéfices que de risques. Le lait maternel contient des composants immunitaires pouvant le protéger du virus.

La Leche League souligne également les risques d’un changement dans l’allaitement :

– traumatisme émotionnel pour le bébé comme la maman et un risque accru que l’enfant tombe malade sans la protection immunitaire apportée par l’allaitement (en cas d’arrêt soudain)

– des problèmes de lactation et un futur refus du sein en cas d’introduction du biberon

– une diminution de l’immunité (le lait tiré ne correspondant pas exactement aux besoins spécifiques à un moment donné)

Bien sûr, s’il est nécessaire d’interrompre l’allaitement pour des raisons médicales, pour soigner la maman, dans ces cas-là le tirage de lait est toujours recommandé.

 

Take care mama !

Merci à nos experts et consultantes IBCLC Julie Longy et Lynda pour leurs conseils et leur relecture !