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11.01.2019

Docteur Victoire Cannoni, psychiatre

Le Baby Blues

baby blues

L’arrivée d’un enfant est généralement perçue comme « le plus beau jour » de la vie d’une personne, et tout particulièrement d’une mère, que ce soit un premier enfant ou non.

Or, ce sentiment de plénitude et de bonheur laisse parfois place à un grand chamboulement émotionnel après l’accouchement du bébé.

L’accouchement est un moment de perturbation intense dans la vie d’une femme, tant sur le plan physique, hormonal, émotionnel que social.

Et bien souvent, il ne correspond pas exactement à l’idée que la future maman a pu s’en faire avant la naissance, sans pour autant qu’il ne soit traumatique, mais simplement l’accouchement fantasmé n’est pas identique à celui finalement vécu. La rencontre avec le bébé est parfois toute autre.

Ce bébé qui vient d’arriver est bien évidemment le plus beau bébé, celui que toute la famille adorait déjà avant son arrivée et se réjouit de rencontrer, s’empressant de venir l’embrasser à la maternité.

Mais alors pourquoi, face à ce miracle de la vie, face à ce bonheur intense partagé, toutes les femmes ne parviennent pas à éprouver ce sentiment d’extase, et sont même traversées d’idées plus négatives ? Pourquoi pleurent-elles ? Pourquoi se sentent-elles incapables de s’occuper de leur enfant malgré leur préparation assidue à la naissance ? Pourquoi ne
supportent-elles pas d’entendre leur enfant pleurer ? Pourquoi pleurent-elles elles-mêmes alors qu’elles devraient n’être qu’heureuses auprès de leur bébé ? Pourquoi ne supportent-elles plus la venue de tous ces proches qu’elles aiment tant ? Pourquoi n’ont-elles pas faim alors qu’elles rêvaient de manger à nouveau tout ce qui leur était proscrit durant la grossesse ?

Parle-t-on de baby-blues ? Est-ce anormal ? Pathologique ? Grave ?

La réponse est bien évidemment : non. Ce que vivent ces femmes n’a rien de grave, ni de pathologique. Il s’agit du « post-partum blues », plus connu sous le nom de « baby blues ». Le baby blues est une perturbation de l’humeur bénigne, qui concerne, selon les auteurs, 30 à 80% des mamans, après l’accouchement de leur enfant. Ce n’est pas une « dépression ».

La grossesse est une étape essentielle du développement psychosexuel et de la parentalité chez la femme. Elle entraîne de profonds remaniements, tant corporels, organiques, que psycho-socio-biologiques, qui peuvent être considérés comme des facteurs de stress. L’arrivée d’un bébé, ce n’est pas rien !

Le post-partum blues, ou baby blues, ou encore syndrome du troisième jour, est un état transitoire, survenant entre le deuxième et le cinquième jour après l’accouchement, avec un pic au troisième jour. Il dure en général entre quatre et sept jours, et peut parfois être réduit à vingt-quatre heures.

Mais comment reconnaître ce baby blues ?

Les symptômes retrouvés sont assez typiques : anxiété, irritabilité, labilité émotionnelle, dysphorie, troubles du sommeil, fatigue et plaintes somatiques.

L’entourage est facilement surpris par les crises de larmes, la susceptibilité, la crainte d’être délaissée ou de ne pas pouvoir s’occuper du bébé, en particulier lorsque l’accouchement s’est bien déroulé.

Il paraît donc difficilement concevable pour une femme traversant cet état, et pour son entourage, que ce dernier ne soit que transitoire et absolument pas pathologique, mais il ne faut pas pour autant  le négliger.

Et pourtant, il reste primordial de se souvenir que le baby blues ne nécessite aucun traitement médicamenteux.

La plupart du temps, il suffit d’un accompagnement chaleureux de la part des soignants, de la famille, avec une attitude à l’écoute de la jeune maman et une considération de ses difficultés, notamment avec son bébé, tout en l’encourageant et la valorisant dans son nouveau rôle. Cette attitude, associée à une information et une mobilisation de l’entourage permet de passer aisément cette situation considérée comme « une variation de la normale ». Après quelques jours, les femmes retrouvent généralement leur bonne humeur et la joie de s’occuper de leur bébé.

En revanche, il est important de rester vigilant si toutefois cet état, normalement transitoire, venait à durer plus d’une semaine ou si les symptômes s’intensifiaient. En effet, on peut alors entrer dans un autre cadre nosographique, celui d’une dépression du post-partum par exemple, qu’il ne faut absolument pas négliger, et qui doit être prise en charge de manière précoce afin de privilégier une guérison rapide et de ne pas entraver le lien mère-bébé afin de favoriser un attachement sécure de ce nouveau-né. Il faut rester vigilant dans les semaines qui suivent la naissance sur la santé de la maman et ne pas hésiter à demander de l’aide à des professionnels pour éviter de laisser s’installer ce type de dépression.

En résumé, il est finalement normal pour une jeune mère d’être bouleversée par l’arrivée de son bébé, si cela reste transitoire. On parle alors du « baby blues » qui ne dure que quelques jours. Avec du recul, on pourrait plutôt se demander comment font ces mères qui gèrent tout d’une main de maître sans sourciller !

Si cet état perdure après quelques jours voir semaines après l’accouchement, on peut alors entrer dans un cas de dépression qui doit être pris en charge par un spécialiste.

Alors restons attentifs à ces jeunes mamans qui nous entourent, soutenons-les et rassurons-les. La plupart du temps, les mères, soumises à la pression de l’entourage et la volonté de vouloir trop bien faire avec leur bébé, se laissent déborder et ne trouvent plus le temps de profiter de ce nouveau rôle, peinant à se l’approprier.

Alors pour ces mamans, laissez vos émotions s’exprimer, souvenez-vous que tout ceci est transitoire, et accordez-vous le temps nécessaire pour accueillir cette nouvelle vie.

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