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06.07.2021

par Jolly Mama

Le lait maternel : comment se forme-t-il ?

allaitementcompositionLait maternel

Le lait humain n’est pas qu’une source de nutriments nécessaire pour la croissance. Il contient des centaines, voire des milliers, de molécules bioactives distinctes qui protègent contre les infections et les inflammations et contribuent à la maturation immunitaire, au développement des organes et à une colonisation microbienne saine.

Cette composition est dynamique et elle varie au cours d’un repas, de la journée, de la lactation, et entre les mères et les populations. Vous l’avez compris, notre lait est magique ! Explorons d’un peu plus prêt ce qui se cache derrière cet or blanc !

De quoi est composé le lait ?

Les estimations énergétiques du lait maternel vont de 650 à 700 kcal/L. Il est composé :

D’eau

L’eau est présente à 88% dans le lait maternel, celui-ci est particulièrement désaltérant. Il n’est donc pas nécessaire de rajouter des biberons d’eau entre des tétées à la demande.

De nutriments

0,9% à 1,2% de protéines

Le lait maternel va contenir des acides aminés libres, mais également des acides aminés associés sous forme de protéines ou d’enzymes.

Parmi les protéines, en moyenne, 70% sont des protéines solubles du lactosérum et 30% des protéines insolubles qui sont les caséines. Ce rapport fluctue au cours de la lactation pour atteindre les 50/50 en fin de lactation[1].

La principale protéine nutritionnelle du lait maternel est la lactalbumine (0,32%), qui va permettre la production de lactose.

Les immunoglobulines (0,15%), comme l’immunoglobuline A, vont agir sur les défenses immunitaires en inhibant la fixation d’agents pathogènes par exemple, ce qui permet de protéger le bébé dont la muqueuse digestive est immature au cours des 4 premiers mois.

Au niveau des acides aminés libres, qui représentent 5 à 10% de la teneur totale en acides aminés, il a des teneurs élevées en glutathion (antioxydant et transporteur de sélénium) et en taurine. La taurine est un neurotransmetteur mais est aussi présente dans la structure des acides biliaires. Elle intervient dans le développement cérébral et la conjugaison de la bile[2].

Le saviez vous ?

Le lait de vache contient plus de protéines et a un rapport protéines solubles sur insolubles qui est inversé. Les caséines du lait maternel sont différentes de celles du lait de vache, certaines vont avoir des effets bifidogènes (protecteur au niveau intestinal) et elles sont également plus petites et plus digestes pour le nourrisson[3].

3,2% à 3,6% de matières grasses

Les lipides sont la première source d’énergie du lait maternel, ils fournissent 50% des calories totales. Les lipides sont organisés en globules microscopiques, ce qui facilite leur digestion et absorption.

Le lait maternel est riche en acides gras polyinsaturés, il en contient trois fois plus que le lait de vache qui est riche en acides gras saturés.

Parmis ces acides gras, il contient de l’acide arachidonique (0,5%) et docosahexaénoique (DHA, 0,2-1,2%), qui sont dérivés des acides gras essentiels : l’acide linoléique (10%) et l’acide α-linolénique (1%). Ce sont des constituants majeurs des membranes des cellules neuronales.

Les nouveau-nés ont des capacités limitées pour synthétiser la DHA à partir d’acide α-linolénique, d’où l’importance d’avoir une source d’apport. L’acide arachidonique est essentiel pour la croissance tandis que le DHA est essentiel pour le développement du système nerveux central et de la rétine durant la période prénatale et postnatale précoce.

Le saviez vous ?

Le lait maternel est plus riche en cholestérol que le lait de vache. Le cholestérol a des rôles importants dans la structure membranaire, comme précurseur hormonal et dans le développement cérébral[4].

6,7% à 7,8% de glucides

Avec 200 molécules de sucre, le lait maternel est le lait de mammifères le plus complexe, sachant que le lait de vache lui n’en contient qu’entre 30 et 50[5]. Ces sucres ont un but nutritionnel (avec le lactose notamment) mais pas que, car les oligosaccharides ont des effets sur la santé en agissant par exemple sur la fonction gastro-intestinale.

5,7% pour le lactose. C’est le principal sucre du lait maternel, il va fournir 40% des calories. Ce sucre favorise l’absorption du calcium et du fer et a un effet bénéfique sur les bactéries intestinales. Le lait maternel contient plus de lactose que le lait de vache (4,5%).

1,3% pour les  oligosaccharides. Le lait maternel en contient près de 130 différents alors que le lait de vache en contient très peu. Ils sont bénéfiques pour les bactéries au niveau du côlon[6].

0,2% de sels minéraux

La teneur en minéraux du lait maternel est relativement faible mais suffisante pour couvrir les besoins du nourrisson. Il va contenir par exemple 330 mg/L de calcium, 150 mg/L de sodium, 550 mg/L de potassium, 430 mg/L de chlore et 0,5 mg/L de fer[7].

Le fer va être présent sous une forme hautement assimilable et sera cinq fois mieux absorbé par le nourrisson que dans le lait de vache ou le lait infantile enrichi en fer[8]. La quantité en minéraux dans le lait maternel est optimale pour votre bébé, même si elle est moins importante que celle dans le lait de vache, car ils seront mieux absorbés.

Les vitamines

La composition en vitamines du lait maternel est fortement influencée par ses apports nutritionnels pour la majeure partie d’entre elles, comme nous le verrons par la suite !

De composants bioactifs

Ces composants sont divers, il y a par exemple de nombreux facteurs de croissance dans le lait humain qui ont des effets très variés sur le tractus intestinal, la vascularisation, le système nerveux et le système endocrinien.

Les principaux facteurs bioactifs du lait humain sont[9] :

Des cellules, comme les cellules souches qui ont pour fonction la régénération et la réparation.

Des immunoglobulines, comme les IgA qui inhibent la fixation d’agents pathogènes.

Des anticorps (leur concentration évolue en fonction du temps et diminue de plus de 90% après un mois, ce qui peut s’expliquer par le fait que bébé développe son propre système immunitaire)[10]

Des cytokines, impliquées dans les processus de l’inflammation.

Des chimiokines, qui vont agir sur le système immunitaire.

Des facteurs de croissance. Par exemple, un facteur de croissance impliqué dans la réparation des tissus

Des hormones

Des antimicrobiens, dont la lactoferrine qui se lie au fer et qui a des propriétés antimicrobiennes et antioxydantes.

Des mucines, issues de la membrane plasmique maternelle, qui vont bloquer les infections virales et bactériennes.

Des oligosaccharides, dont les plus connus étant les “Human Milk Oligosaccharides” : ce sont des prébiotiques qui stimulent la colonisation bénéfique et réduisent la colonisation par des agents pathogènes, ils sont également impliqués dans la réduction de l’inflammation.

Comment notre corps fabrique-t-il le lait ?

D’où viennent les nutriments du lait ?

L’origine des nutriments du lait est variée.

Ils peuvent provenir du sang maternel suite à la digestion des aliments en nutriments et être filtrés au niveau de la glande mammaire, ce qui est le cas de l’eau, des sels minéraux et vitamines, des acides gras, du glycérol et des acides aminés. Le délai durant lequel les molécules issues des aliments rejoignent la composition du lait maternel est variable et dépend de nombreux facteurs : vitesse de digestion, aliments ingérés ensemble, etc.

Pour en savoir plus sur l’impact de l’alimentation sur la composition du lait maternel, allez voir notre article sur le sujet.

D’autres constituants peuvent être synthétisés directement par la glande, comme des protéines, des lipides et le lactose.

Les étapes de la synthèse du lait maternel

La synthèse du lait maternel est un mécanisme complexe qui se déroule en plusieurs étapes[11].

En fin de grossesse, les cellules au niveau de la glande mammaire vont se différencier pour devenir des cellules sécrétoires afin de permettre la production du lait. Les produits de sécrétion vont s’accumuler dans les glandes sécrétrices (nommées acini). Les cellules qui fabriquent le lait sont regroupées en alvéoles, au centre (ce qu’on appelle “la lumière”) va s’accumuler le lait.

Protéines, graisses : synthèse

Les protéines, les graisses et le lactose vont être directement synthétisés par la glande mammaire.

Les petites molécules : filtration

Les molécules de petites tailles comme les ions (sodium, potassium, chlore), les carbonates, le glucose et l’eau qui sont issus du plasma maternel vont traverser directement la membrane et passer dans la lumière des alvéoles. Cela correspond à la filtration.

Le passage des grosses molécules

Certaines molécules plus grosses vont pouvoir passer par transcytose, c’est le phénomène permettant d’incorporer des grosses molécules dans des vésicules et de leur faire passer les barrières des cellules. C’est le mécanisme par lequel de nombreuses protéines du sang maternel traversent directement le tissu glandulaire. Elle explique la présence en grande quantité dans le lait de facteurs immunologiques et hormonaux maternels non modifiés, sous forme active comme les immunoglobulines A.

A noter qu’il existe la voie intercellulaire. Cette voie fonctionne lorsque les jonctions entre les cellules sont ouvertes, pendant la grossesse, dans les 48h après l’accouchement, au moment du sevrage et à l’occasion de phénomènes inflammatoires comme la mastite. Cette voie permet des échanges importants entre le sang maternel et la lumière alvéolaire et inversement. Ce sont ces échanges qui vont faire que le colostrum sera riche en chlorure de sodium, en cellules immunocompétentes et en immunoglobulines, et au contraire pauvre en lactose[12]. En cas de mastite par exemple, ces jonctions vont être relâchées et on va avoir un échange entre le lait et le milieu maternel, dans ce cas on observe souvent une hausse du taux lacté de chlorure de sodium et une fuite du lactose[13]. Cette voie est fermée après la montée de lait et dans ce cas le lait se forme à partir des voies vues précédemment.

Les étapes de la production du lait maternel

Le colostrum : le golden milk des débuts

Le premier liquide produit par les mères après l’accouchement est le colostrum. C’est un liquide épais et salé de couleur jaune avec une forte odeur et un goût amer.

Il est riche en composants immunologiques tels que l’immunoglobuline A, la lactoferrine, les leucocytes, ainsi qu’en facteurs de développement.

Le colostrum contient également des concentrations relativement faibles de lactose, mais il est riche en protéines, matières grasses et vitamine A.

Important: Les quantités de colostrum sont toujours suffisantes et sa composition répond aux besoins du nourrisson à sa naissance. L’estomac des nouveau-nés fait la taille d’une noisette à la naissance (20-25ml) et les faibles quantités de colostrum sont parfaites pour votre bébé les premiers jours.

Le lait de transition

Le lait de transition marque l’activation sécrétoire. Il partage certaines caractéristiques du colostrum mais il sera plus concentré en lactose et plus adapté aux besoins nutritionnels du nourrisson qui grandit rapidement. Ce passage varie d’une femme à l’autre, mais se produit généralement entre cinq jours et deux semaines après l’accouchement, après quoi le lait est considéré comme “mature”.

Le lait mature

Entre quatre et six semaines après l’accouchement, le lait humain est considéré comme entièrement mature. Sa composition va rester relativement similaire, bien que des changements subtils se produisent au cours de la lactation[14].

Y a-t-il une différence entre le lait pour un enfant né prématurément versus à terme ?

La composition en nutriments diffère entre le lait de prématuré et le lait de terme.

La teneur en protéines du lait des mères qui accouchent avant terme est significativement plus élevée que celle des mères qui accouchent à terme, sûrement pour répondre aux besoins du bébé prématuré. Les niveaux de protéines diminuent dans le lait humain au cours des 4 à 6 premières semaines de vie ou plus, indépendamment du moment de l’accouchement[15]. Le lait de prématuré aura également  tendance à être plus riche en matières grasses[16].

Le lait des prématurés contient également des concentrations significativement plus élevées de sodium et de chlorure, et des concentrations plus faibles de lactose[17].

Le calcium est significativement plus faible dans le lait de prématurés que dans le lait de terme et ne semble pas augmenter avec le temps, tandis que les teneurs en cuivre et en zinc sont toutes deux plus élevées dans le lait de prématurés que dans le lait de terme et diminuent avec la durée de la lactation[18].

Y a-t-il une différence entre le lait du début de tétée et de fin de tétée ?

L’arrière-lait, défini comme le dernier lait d’une tétée, peut contenir deux à trois fois la concentration en matières grasses du lait que l’on trouve dans l’avant-lait, défini comme le premier lait d’une tétée[19]. Au cours de chaque séance d’allaitement, le lait qui est exprimé en premier est plus fin et contient davantage de lactose, qui satisfait la soif du bébé, et l’arrière-lait, est plus crémeux et contient davantage de matières grasses pour répondre aux besoins du bébé[20].

Par ailleurs, une étude a révélé que la teneur en matières grasses du lait était significativement plus faible lors des tétées de la nuit et du matin par rapport aux tétées de l’après-midi ou du soir[21].

Important : Ces variations au cours d’un allaitement ou au cours de la journée ne doivent pas vous préoccuper. Votre bébé aura dans tous les cas les nutriments dont il a besoin chaque jour.

Conclusion

Le lait maternel contient tous les nutriments nécessaires dont bébé a besoin, mais également des composants bioactifs dont des facteurs de croissance et anticorps. La composition du lait va varier en fonction de la période de post partum, en débutant avec le colostrum, mais également au cours de la journée et en fonction de votre alimentation.

Pas de panique sur la composition de votre lait, il sera toujours adapté aux besoins de votre bébé !

 

SOURCES :

[1] Martin, Camilia R., Pei-Ra Ling, et George L. Blackburn. 2016. « Review of Infant Feeding: Key Features of Breast Milk and Infant Formula ». Nutrients 8 (5): 279.

[2] Dror, Daphna K, et Lindsay H Allen. 2018. « Overview of Nutrients in Human Milk ». Advances in Nutrition 9 (suppl_1): 278S-294S.

[3] Tackoen M. Centre Néonatal, CHU Saint-Pierre. 2012. “Breast milk : its nutritional composition and functional properties”.

[4] Tackoen M. Centre Néonatal, CHU Saint-Pierre. 2012. “Breast milk : its nutritional composition and functional properties”.

[5] « Que contient le lait maternel ? » 2016. Sciences et Avenir.

[6] Miller J, Mc Veagh P : Human milk oligosaccharides : 130 reasons to breast-feed. Br J Nutr 1999 ; 82 : 333-5

[7] Rotten D. Physiologie de la grossesse. 2ème éd. Paris : Masson ; 1991.

[8] Tackoen M. Centre Néonatal, CHU Saint-Pierre. 2012. “Breast milk : its nutritional composition and functional properties”.

[9] Ballard, Olivia, et Ardythe L. Morrow. 2013. « Human Milk Composition: Nutrients and Bioactive Factors ». Pediatric clinics of North America 60 (1): 49‑74.

[10]  « Que contient le lait maternel ? » 2016. Sciences et Avenir.

[11] Houdebine LM.: Biologie de la lactation. Encyclopédie Médico-Chirurgicale – Gynécologie-Obstétrique. 1997 ; 5-008-A-30.

[12] Santé et allaitement maternel

[13] La Leche League. « DA 54 : La lactation : de la grossesse au sevrage ».

[14] Ballard, Olivia, et Ardythe L. Morrow. 2013. « Human Milk Composition: Nutrients and Bioactive Factors ». Pediatric clinics of North America 60 (1): 49‑74.

[15] Bauer, Jacqueline, et Joachim Gerss. 2011. « Longitudinal Analysis of Macronutrients and Minerals in Human Milk Produced by Mothers of Preterm Infants ». Clinical Nutrition (Edinburgh, Scotland) 30 (2): 215‑20.

[16] Ballard, Olivia, et Ardythe L. Morrow. 2013. « Human Milk Composition: Nutrients and Bioactive Factors ». Pediatric clinics of North America 60 (1): 49‑74.

[17] Gross, Steven J., Jane Geller, et R. M. Tomarelli. 1981. « Composition of Breast Milk from Mothers of Preterm Infants ». Pediatrics 68 (4): 490‑93.

[18] Underwood, Mark A. 2013. « Human milk for the premature infant ». Pediatric clinics of North America 60 (1): 189‑207.

[19] Saarela, Timo, Jorma Kokkonen, et Maila Koivisto. 2005. « Macronutrient and Energy Contents of Human Milk Fractions during the First Six Months of Lactation ». Acta Paediatrica (Oslo, Norway: 1992) 94 (9): 1176‑81.

[20] Martin, Camilia R., Pei-Ra Ling, et George L. Blackburn. 2016. « Review of Infant Feeding: Key Features of Breast Milk and Infant Formula ». Nutrients 8 (5): 279.

[21] Kent, Jacqueline C., Leon R. Mitoulas, Mark D. Cregan, Donna T. Ramsay, Dorota A. Doherty, et Peter E. Hartmann. 2006. « Volume and Frequency of Breastfeedings and Fat Content of Breast Milk throughout the Day ». Pediatrics 117 (3): e387-395.