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06.07.2021

par Jolly Mama

Le lait maternel : quelle influence de l’alimentation ?

alimentationallaitementLait maternel

Le lait humain est composé de nutriments nécessaires pour la croissance de votre bébé mais également de molécules bioactives qui protègent entre autres contre les infections et les inflammations. Votre lait est toujours nourrissant et sa composition est globalement fixe. Il contient toujours les nutriments essentiels pour votre bébé.

Pour en savoir plus sur la composition du lait, retrouvez notre article sur le sujet.

En revanche, la concentration en certains nutriments peut varier en fonction de l’apport maternel, tandis que d’autres resteront stables au détriment des réserves corporelles de la mère. Nous avons fait le point sur les nutriments dépendants ou non des apports alimentaires.

Pour en savoir plus sur l’alimentation générale, retrouvez notre article “Peut-on manger de tout quand on allaite ? Mythes et réalités de l’alimentation durant l’allaitement”

Les composés stables indépendamment des apports alimentaires

Les protéines

La concentration en protéines du lait humain n’est pas affectée par le régime alimentaire de la mère, mais augmente avec le poids corporel de la mère par rapport à sa taille, et diminue chez les mères produisant de plus grandes quantités de lait[1]. Des études menées en Europe et aux États-Unis n’ont pas signalé de relation entre la teneur en protéines totales du lait maternel et les apports maternels en protéines totales, en protéines animales ou en protéines végétales[2].

Les glucides

Au niveau des glucides, aucune relation n’a été trouvée entre les glucides totaux du lait maternel et les apports énergétiques alimentaires de la mère. De même, aucune relation significative n’a été trouvée entre le lactose du lait maternel et un régime riche en protéines, ni avec un régime maternel riche en graisses et pauvre en glucides par rapport à un régime pauvre en graisses et riche en glucides[3].

La plupart des minéraux

En ce qui concerne les minéraux et les oligo-éléments, leur teneur est relativement résistante à la variation des apports maternels. Par exemple, dans une étude réalisée en Amérique du Nord, aucune corrélation n’a été observée entre le fer, le calcium, le magnésium et le potassium du lait maternel et les apports alimentaires correspondants de la mère[4].

Certaines vitamines

Globalement, les niveaux en vitamines vont varier en fonction des apports maternels, mais certaines seront moins impactées. Le statut en vitamine E est peu affecté et celui de vitamine K est plutôt indépendant de ces apports, mais une supplémentation en vitamine K peut permettre d’augmenter sa concentration dans le lait maternel[5].

En ce qui concerne les folates (vitamine B9), la concentration dans le lait maternel se maintient même lorsque la mère est déficiente en cette vitamine. Ainsi, en raison du maintien du niveau de sécrétion de folates dans le lait, les femmes dont les apports sont faibles vont voir leurs niveaux diminuer au fur et à mesure de la progression de la lactation[6].

Les composés variant en fonction des apports maternels

Les graisses

La quantité

La quantité de graisses consommées par la mère va se refléter au niveau des lipides lactés, surtout pour les acides gras polyinsaturés à longue chaîne[7]. Les femmes ayant de faibles réserves lipidiques auront un taux lacté plus bas en lipides. Une étude réalisée aux États-Unis a révélé une proportion plus élevée de matières grasses totales dans le lait maternel avec un régime maternel caractérisé par une faible teneur en glucides et une forte teneur en matières grasses, par rapport à un régime riche en glucides et pauvre en matières grasses[8].

Mais surtout la qualité

Une étude danoise a rapporté une proportion plus élevée de DHA dans le lait maternel chez les mères consommant du poisson que chez les mères n’en consommant pas et chez les femmes consommant des poissons gras par rapport aux mères n’en consommant pas[9]. De même, la supplémentation maternelle avec 1 g de DHA par jour augmente significativement les niveaux de DHA dans le lait, ce qui améliore par conséquent le DHA alimentaire des nourrissons allaités[10].

Le taux maternel de DHA baisse pendant l’allaitement, ce qui reflète le passage dans le lait d’un acide gras important pour le développement de l’enfant[11]. De même, la concentration d’acide arachidonique dans le lait maternel est associée de manière dose-dépendante à la consommation d’aliments riches en cet acide gras chez les mères allaitantes[12].

Certaines vitamines et minéraux

Les taux lactés des vitamines dépendent en majeure partie des apports alimentaires de la mère. C’est le cas pour la vitamine A, la vitamine D, la vitamine C et les vitamines du groupe B. En ce qui concerne les vitamines du groupe B, ce sont celles qui vont varier le plus en fonction de l’alimentation.

Une étude russe a montré une corrélation positive entre la vitamine C du lait maternel et les apports alimentaires maternels en vitamine C.

Par ailleurs, elle a rapporté des corrélations significatives entre la thiamine (vitamine B1) et la riboflavine (vitamine B2) dans le lait maternel et dans le régime alimentaire maternel[13]. De même, pour la vitamine B6, une étude a conclu que les concentrations dans le lait maternel et le statut du nourrisson reflètent certainement l’apport et le statut de la mère[14].

Pour les minéraux, ils sont relativement stables mais quelques-uns peuvent être impactés. Les taux lacté d’iode et de sélénium vont varier en fonction des apports[15].

Et les polluants dans le lait maternel ?

Parmi les polluants, on peut citer la dioxine, le mercure, le DDT (insecticides) ou les PCB (polychlorobiphényles), des substances chimiques utilisées dans la construction, maintenant interdites car très toxiques mais qui persistent dans l’environnement à cause de leur très lente décomposition naturelle. Les polluants sont présents partout autour de nous, aussi bien dans la nourriture que nous mangeons que dans l’air et certains produits.

Certaines femmes auront des taux plus élevés de polluants, notamment les femmes qui en sont à leur premier enfant, les fumeuses, celles consommant des boissons alcoolisées de façon régulière, celle ayant un indice de masse corporel plus élevé (car les polluants sont stockés au niveau des graisses) et enfin les femmes plus âgées[16].

Certains polluants peuvent se retrouver dans le lait maternel par le biais des adipocytes (cellules graisseuses) où ils sont stockés. Les variations de poids corporel peuvent favoriser ces transferts car les graisses vont être mobilisées. Le taux de ces polluants va baisser tout au long de la lactation.

Le facteur majeur qui impacte le taux de contamination du lait maternel en dioxines est l’alimentation qui va être la source de plus de 90 % des dioxines retrouvés dans l’organisme. On les retrouve en particulier dans les viandes riches en graisses, les poissons gras ou encore certains produits laitiers[17].

Mais les bienfaits du lait maternel surpassent cependant les potentiels transferts de polluants. Les recherches des dernières années montrent que même légèrement pollué, le lait maternel reste de loin le meilleur choix pour les bébés !! Et le meilleur pour notre planète déjà bien polluée.

Pour en savoir plus, allez voir notre article “Le lait maternel est-il pollué?

Conclusion

La concentration en certains nutriments peut varier en fonction de l’apport maternel, notamment en ce qui concerne les graisses et certaines vitamines et minéraux ; tandis que d’autres resteront stables (protéines, glucides, et la plupart des minéraux) et ce parfois au détriment des réserves corporelles de la mère, comme avec les folates.

Votre lait sera toujours adapté pour votre bébé, pas de panique en ce qui concerne les polluants. Ils peuvent se retrouver dans le lait mais ses bienfaits surpassent toujours une éventuelle contamination.

 

SOURCES :

[1] Nommsen, L. A., C. A. Lovelady, M. J. Heinig, B. Lönnerdal, et K. G. Dewey. 1991. « Determinants of Energy, Protein, Lipid, and Lactose Concentrations in Human Milk during the First 12 Mo of Lactation: The DARLING Study ». The American Journal of Clinical Nutrition 53 (2): 457‑65.

[2] Boniglia, Concetta, Brunella Carratù, Flavia Chiarotti, Stefania Giammarioli, et Elisabetta Sanzini. 2003. « Influence of Maternal Protein Intake on Nitrogen Fractions of Human Milk ». International Journal for Vitamin and Nutrition Research. Internationale Zeitschrift Fur Vitamin- Und Ernahrungsforschung. Journal International De Vitaminologie Et De Nutrition 73 (6): 447‑52.

[3] Bravi, Francesca, Frank Wiens, Adriano Decarli, Alessia Dal Pont, Carlo Agostoni, et Monica Ferraroni. 2016. « Impact of maternal nutrition on breast-milk composition: a systematic review ». The American Journal of Clinical Nutrition 104 (3): 646‑62.

[4] Finley, D. A., B. Lönnerdal, K. G. Dewey, et L. E. Grivetti. 1985. « Inorganic Constituents of Breast Milk from Vegetarian and Nonvegetarian Women: Relationships with Each Other and with Organic Constituents ». The Journal of Nutrition 115 (6): 772‑81.

[5] La Leche League. « DA 52 : Tour d’horizon sur le lait humain ».

[6] Mackey, A. D., et M. F. Picciano. 1999. « Maternal Folate Status during Extended Lactation and the Effect of Supplemental Folic Acid ». The American Journal of Clinical Nutrition 69 (2): 285‑92.

[7] Vanhoutte, J. Faculté des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques de Lille. 2019. « Impact des habitudes alimentaires sur l’allaitement maternel », 115.

[8] Mohammad, Mahmoud A., Agneta L. Sunehag, et Morey W. Haymond. 2009. « Effect of Dietary Macronutrient Composition under Moderate Hypocaloric Intake on Maternal Adaptation during Lactation ». The American Journal of Clinical Nutrition 89 (6): 1821‑27.

[9] Lauritzen, Lotte, Marianne H. Jørgensen, Harald S. Hansen, et Kim F. Michaelsen. 2002. « Fluctuations in Human Milk Long-Chain PUFA Levels in Relation to Dietary Fish Intake ». Lipids 37 (3): 237‑44.

[10] Valentine CJ. Optimizing Humn Milk Fortification for the Preterm Infant. PNPG Building Block for Life. 2011;34(4):9–11.

[11] Leche League France. « DA 67 : Implications de l’alimentation maternelle ».

[12] Del Prado, M., S. Villalpando, A. Elizondo, M. Rodríguez, H. Demmelmair, et B. Koletzko. 2001. « Contribution of Dietary and Newly Formed Arachidonic Acid to Human Milk Lipids in Women Eating a Low-Fat Diet ». The American Journal of Clinical Nutrition 74 (2): 242‑47.

[13] Bravi, Francesca, Frank Wiens, Adriano Decarli, Alessia Dal Pont, Carlo Agostoni, et Monica Ferraroni. 2016. « Impact of maternal nutrition on breast-milk composition: a systematic review ». The American Journal of Clinical Nutrition 104 (3): 646‑62.

[14] Allen, Lindsay H. 2012. « B Vitamins in Breast Milk: Relative Importance of Maternal Status and Intake, and Effects on Infant Status and Function12 ». Advances in Nutrition 3 (3): 362‑69.

[15] Leche League France, Dossier de l’allaitement : DA 67 : Implications de l’alimentation maternelle

[16] Mead, M Nathaniel. “Contaminants in human milk: weighing the risks against the benefits of breastfeeding.” Environmental health perspectives vol. 116,10 (2008): A427-34.

[17] Serreau, R., V. Rigourd, et B. Pommeret. 2017. « État des connaissances sur les contaminants dans le lait maternel ». Revue de Medecine Perinatale Vol. 9 (3): 146‑56.