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25.05.2020

par Jolly Mama

Les envies de la grossesse

alimentationgrossesse

Envie de fraises ? On connait toutes cette expression, mais est-ce un mythe ?
Pourquoi avoir envie de fraises renvoie-t-il automatiquement à la femme enceinte ?

En fait, il s’agit surtout d’un cliché, nourri de l’imaginaire populaire. Les envies lors de la grossesse sont propres à chaque femme, mais peuvent être inhabituelles, et se porter souvent sur des aliments hors saison.

Envies de grossesse : des causes multiples

De 50 à 90% des femmes sont concernées durant leur grossesse. Généralement les envies de grossesse atteignent un pic au deuxième trimestre pour décliner ensuite au cours du dernier trimestre.

Un article, publié en septembre 2014 par deux chercheuses Américaines dans la revue Frontiers in Psychology «Cornichons et glace ! Les désirs alimentaires chez la femme enceinte : hypothèses, première certitude, et directions pour le futur »[1] explore 4 pistes pouvant expliquer ces envies inhabituelles :

Le rôle des hormones

On a longtemps pensé que les fluctuations des hormones durant la grossesse (ou les règles) pouvaient entraîner directement certaines envies, comme celle du chocolat.

Mais des récents travaux, notamment au cours des cycles menstruels ont montré qu’il y avait en fait peu de corrélation entre les changements hormonaux et ces “food cravings”. Une autre étude de 2009 a montré que la plupart des femmes continuent d’avoir des envies sucrées, même après la ménopause.

En revanche, les hormones auraient bien un impact indirect sur les envies durant la grossesse, en modifiant les perceptions de goût et d’odorat. Mais le lien exact entre les deux n’a pas encore été complètement élucidé.

Les déficits nutritionnels

Le corps enverrait des signaux pour combler ses déficits. Par exemple, une envie de fraises pourrait traduire un manque de B9, ou de viande rouge un besoin en fer. Certains experts appellent cela “l‘instinctothérapie”.

Le syndrôme pica

L’envie de consommer des produits non alimentaires, appelé aussi syndrôme pica (comme la craie, le plastique, la terre, etc) peut arriver au cours de la grossesse. Ce syndrôme apparaîtrait principalement en cas de déficience en fer, zinc et calcium. Par exemple, l’envie de glaçons pourrait être un signe de déficience en fer[2].

Attention : il s’agit plus d’une association que d’une cause établie, d’autres recherches sont nécessaires ! Par exemple, un syndrôme de pica pourrait se manifester car les substances contenues dans les produits ingérés permettraient de réduire les troubles gastro-intestinaux et les dommages causés par les agents pathogènes et les toxines[3].

Si vous êtes concernée, parlez-en à votre médecin qui pourrait vous recommander de vous faire tester pour détecter des carences éventuelles.

Une envie de poissons crus

Une envie de poissons crus pourrait être une façon pour votre corps de manifester un besoin en nutriments essentiels.

Les besoins en iode doublent pendant la grossesse et nous avons également besoin d’oméga 3 pour le développement du cerveau du bébé. Certaines études montrent que les oméga 3 (comme le DHA et l’EPA), seraient plus facilement absorbables crus que cuits[4], tout comme le sélénium[5] (qui en plus est important pour lutter contre la toxicité du mercure présent dans le poisson). De même, la teneur en iode d’un poisson bouilli diminuerait de 58%[6].

Une envie de produits laitiers

Certaines femmes ont une envie de produits laitiers durant leur grossesse, et certaines même voient leur intolérance au lactose disparaître au cours de cette période. Il est supposé que cela serait plutôt dû à un besoin en iode et non en calcium, les produits laitiers étant, après les produits de la mer et les algues, une bonne source d’iode.

Évitez toutefois d’en consommer en excès car ils sont inflammatoires, et privilégiez les produits entiers et BIO quand c’est possible.

D’autres recherches sont nécessaires

Pour autant, comment expliquer que les femmes enceintes n’aient pas plus envie par exemple de légumes verts à feuilles, les plus riches en vitamines B, fer, magnésium (nutriments dont les femmes enceintes sont traditionnellement en manque) ? Les envies se portent en effet surtout des aliments sucrés et riches en graisses saturées.

Et comment expliquer que les envies de grossesse ne suivent pas la trajectoire de la croissance du fœtus (dont les besoins augmentent au fil des mois) ?

Les nausées

Une autre hypothèse serait que les envies de grossesse permettent de calmer les nausées. L’organisme cherchera naturellement des aliments avec des composés chimiques qui pourront soulager leur nausées. D’autre part, le fait de fractionner ses repas et de prendre des collations soulagent les nausées et les remontées acides.

Enfin, quand nous mangeons des plantes, nous ingérons toujours leurs “composés secondaires”, qui leur donnent leur goût caractéristique. Consommés en large quantités, ils peuvent être des allergènes, cancérigènes, tératogènes…L’organisme pourrait devenir plus sensible à ces odeurs de façon à protéger le foetus de composées potentiellement toxiques. Plusieurs études américaines ont ainsi associé la présence de nausées avec un risque moindre de fausses couches ou d’accouchement avant terme. Le pic des aversions correspondrait d’ailleurs à la période où le fœtus serait le plus vulnérable.

Les facteurs culturels ou émotionnels

En Inde, une étude a montré que les femmes indiennes sont dégoûtées par la nourriture qui est liée à leur rôle traditionnel de femme comme le curry. Certains aliments régressifs, ou associés à l’enfance (gâteaux, bonbons…) peuvent soudainement donner envie, une façon de compenser face au gros chamboulement physique et émotionnel que vit la future maman.

L’étude Américaine de 2014 a montré que les envies de chocolat seraient surtout liées à cette perception de la grossesse comme une période de parenthèse, où on peut se faire plaisir et moins faire attention, sans culpabilité.

Des changements métaboliques

Une envie de glucides

Au premier trimestre, il est fréquent d’avoir envie de glucides, comme les pâtes, même pour les femmes qui suivaient un régime faible en glucides avant la grossesse. C’est une façon pour le corps de se construire des réserves de graisses pour la fin de la grossesse et l’allaitement.

Des changements métaboliques s’opèrent au niveau du pancréas en début de grossesse. Cela est dû au fait qu’il se prépare à une résistance à l’insuline qui surviendra au cours du second trimestre, car le nombre de cellules du pancréas produisant l’insuline augmente, ce qui génère une hausse d’insuline qui peut même tripler[7].

En général, autour de la 11ème semaine de grossesse, la résistance à l’insuline est à son niveau le plus bas, et la glycémie chute, ce qui peut expliquer les envies de glucides durant cette période.

Pour répondre à ces envies, il est préférable de favoriser les glucides non transformés et complets (pâtes complètes au lieu de blanches). On n’oublie pas les légumineuses.

Une envie de sel

Si vraiment vous n’avez envie que de choses salées, voire très salées, cela peut être lié à une hypertension artérielle.

Il est désormais reconnu que le sel est essentiel pour un certain nombre de changements observés pendant la grossesse, notamment les adaptations sanguines et cardiaques, et qu’il influence directement le développement du placenta et l’environnement immunitaire utéroplacentaire[8].

Par ailleurs, les études ont montré que la restriction en sel n’est d’aucune utilité pour les femmes souffrant de troubles hypertensifs de la grossesse[9] et au contraire que le sel semble contribuer à l’abaissement de la pression artérielle pendant la grossesse et diminuerait le risque de pré-éclampsie[10].

Attention : le sel n’est pas un traitement contre la pré-éclampsie, mais si vous avez des envies excessives de salé il peut être utile de s’y intéresser.

Envies de grossesse : nos astuces pour gérer son appétit et ses fringales

Doit-on écouter toutes nos envies ? On peut se faire plaisir raisonnablement.

Enceinte, on ne mange pas autant pour deux, et on continue à manger équilibré, sans excès, en limitant les apports en « sucres à index glycémique élevé » et les aliments ultra transformés.

Il faut veiller à garder une prise de poids raisonnable, car une trop forte prise durant la grossesse peut avoir des conséquences sur votre santé et celle de votre bébé. Par exemple un diabète gestationnel, une hypertension, un risque plus élevé de césarienne ou un risque d’obésité à plus long terme chez la maman et même chez le bébé.

A l’inverse, des apports alimentaires insuffisants majorent les risques d’hypotrophies fœtales (bébé de petit poids), de morts in utéro ou de retard de croissance intra-utérin.

Les besoins durant la grossesse sont augmentés en vitamines du groupe B, en vitamine D, en fer, en calcium et en iode (capital pour l’acquisition de l’intelligence et les capacités d’apprentissage).

Donc rien en excès, et on prend plaisir à bien se nourrir, pour vous et votre bébé !

Pour plus de précision sur l’alimentation durant la grossesse, allez voir notre article là-dessus, rédigé avec notre médecin nutritionniste, le docteur Chicheportiche.

Nos idées de collation gourmandes et saines

Des carottes bio en bâtons avec du bon houmous maison (voir la recette ici)

Des tranches de pommes trempées dans de la purée d’amandes ou de noisettes complètes ( fer et vitamine C, le bon combo, car la vitamine C permet de bien assimiler le fer)

Un demi avocat, un peu de citron sur une tranche de pain complet aux graines (pour faire le plein de bon gras + de fibres, vous pouvez rajouter des épices si cela vous fait envie)

Et sinon pour un snack tout prêt et gourmand, nos carrés Énergie ou Grossesse !

Allez voir sur le blog, rubrique recette pour d’autres idées !

SOURCES

[1] Orloff, Natalia C., et Julia M. Hormes. 2014. « Pickles and ice cream! Food cravings in pregnancy: hypotheses, preliminary evidence, and directions for future research ». Frontiers in Psychology 5: 1076.

[2] Young, Sera L. 2010. « Pica in Pregnancy: New Ideas About an Old Condition ». Annual Review of Nutrition 30 (1): 403‑22.

[3] Young, Sera L., Sabra S. Khalfan, Tamer H. Farag, Justine A. Kavle, Said M. Ali, Hamad Hajji, Kathleen M. Rasmussen, Gretel H. Pelto, James M. Tielsch, et Rebecca J. Stoltzfus. 2010. « Association of Pica with Anemia and Gastrointestinal Distress among Pregnant Women in Zanzibar, Tanzania ». The American Journal of Tropical Medicine and Hygiene 83 (1): 144‑51.

[4] Costa, Sara, Cláudia Afonso, Carlos Cardoso, Irineu Batista, Nádia Chaveiro, Maria Leonor Nunes, et Narcisa Maria Bandarra. 2015. « Fatty Acids, Mercury, and Methylmercury Bioaccessibility in Salmon (Salmo Salar) Using an in Vitro Model: Effect of Culinary Treatment ». Food Chemistry 185 (octobre): 268‑76.

[5] Laird, Brian D., et Hing Man Chan. 2013. « Bioaccessibility of Metals in Fish, Shellfish, Wild Game, and Seaweed Harvested in British Columbia, Canada ». Food and Chemical Toxicology 58 (août): 381‑87.

[6] HARRISON, MICHAEL T., SHEENA MCFARLANE, RONALD MCG. HARDEN, et EDWARD WAYNE. 1965. « Nature and Availability of Iodine in Fish ». The American Journal of Clinical Nutrition 17 (2): 73‑77.

[7] Parsons, J. A., T. C. Brelje, et R. L. Sorenson. 1992. « Adaptation of Islets of Langerhans to Pregnancy: Increased Islet Cell Proliferation and Insulin Secretion Correlates with the Onset of Placental Lactogen Secretion ». Endocrinology 130 (3): 1459‑66.

[8] Scaife, Paula Juliet, et Markus Georg Mohaupt. 2017. « Salt, aldosterone and extrarenal Na+ – sensitive responses in pregnancy ». Placenta 56 (août): 53‑58.

[9] Duley, Lelia, et David J Henderson‐Smart. 1999. « Reduced salt intake compared to normal dietary salt, or high intake, in pregnancy ». The Cochrane Database of Systematic Reviews 1999 (3): CD001687.

[10] Gennari-Moser, Carine, Geneviève Escher, Simea Kramer, Bernhard Dick, Nicole Eisele, Marc Baumann, Luigi Raio, Felix J. Frey, Daniel Surbek, et Markus G. Mohaupt. 2014. « Normotensive Blood Pressure in Pregnancy: The Role of Salt and Aldosterone ». Hypertension (Dallas, Tex.: 1979) 63 (2): 362‑68.