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26.08.2020

par Carole Hervé, consultante en lactation IBCLC

Tordons le cou aux idées reçues sur l'allaitement !

allaitementidées reçues

Le lait maternel est-il toujours nourrissant ? Allaiter abime -t-il les seins ? On revient sur toutes les idées reçues avec Carole Hervé, consultante en lactation IBCLC.

Le lait maternel est parfois peu nourrissant

Le lait « peu ou pas nourrissant » n’existe pas, sauf peut-être chez les mamans végétaliennes qui oublieraient de se supplémenter en vitamine B12. Pour les autres, si le bébé ne grossit pas dans les normes de l’OMS, cela signifie vraisemblablement qu’il ne reçoit pas assez du précieux liquide, auquel cas il est pertinent d’accentuer quelque peu son maternage et d’offrir un maximum de tétées pendant plusieurs jours. Si cela ne suffit pas, il sera bon de faire évaluer la situation auprès d’une personne compétente en allaitement.

L’allaitement, ça fatigue

Avoir porté un enfant, le materner fatigue beaucoup une maman, et ce, d’autant plus si elle n’a que peu de soutien. Les sociétés traditionnelles l’avaient d’ailleurs bien compris puisqu’un véritable village se construisait autour de la jeune maman pour alléger son quotidien en prenant en charge des tâches ménagères ou en s’occupant des plus grands enfants.

Les mères allaitantes ressentent un certain relâchement au moment des mises au sein, et même une sensation de soif les premières semaines. C’est un moyen pour elles de se connecter à leur bébé et de lui offrir leur lait, leur amour.

Ajoutons que les études confirment qu’une mère allaitante profite de 40 minutes de sommeil supplémentaire par jour qu’une mère qui n’allaite pas du tout et 20 minutes de plus qu’une mère qui donnerait un biberon de préparation commerciale pour nourrisson, étonnant, n’est-ce pas ?

En cas de fièvre, on doit arrêter l’allaitement

La fièvre est une manifestation (réaction ?) du corps qui résulte d’une infection bactérienne ou virale. La maman lutte et, dans ce contexte, il est bien imprudent d’interrompre une fonction physiologique de son corps, à savoir la lactation. En effet, la chaleur favorise l’écoulement du lait et la fièvre peut justement être la conséquence d’un épisode de stase lactée (engorgement, mastite…) ; la première approche consiste alors à augmenter les tétées.

Ajoutons que le lait maternel d’une maman qui a attrapé un virus contient justement des anticorps spécifiques pour aider son bébé à lutter lui-même contre l’infection.

Tout traitement médicamenteux est incompatible avec l’allaitement

On peut trouver un médicament compatible avec l’allaitement dans la plupart des familles de médicaments. A l’exception d’une maladie grave telle que le cancer, l’allaitement est souvent susceptible d’être protégé car le médecin ou le dentiste ont à leur disposition un large choix de solutions thérapeutiques compatibles avec l’allaitement. En cas de doutes, des sites spécialisés comme celui du CRAT (Centre de Recherche des Agents Tératogènes)ou bien un centre de pharmacovigilance sauront renseigner le prescripteur.

On a besoin de galactogènes pour allaiter

Une substance qui augmente la production de lait est appelée galactogène ou galactagogue.

Beaucoup de mamans pensent qu’elles ont une faible production de lait, même si leur production est normale.

Dans la grande majorité des cas, les galactogènes ne sont pas nécessaires que ce soit pour maintenir, soutenir ou augmenter sa sécrétion lactée. Les galactogènes issus de plantes comme le fenugrec, le chardon bénit ou la luzerne sont les plus couramment utilisés. Il existe également plusieurs médicaments délivrés sous prescription médicale qui peuvent augmenter la production de lait. Avant de décider de prendre un galactogène, il convient de connaître les raisons d’une production insuffisante de lait, le cas échéant. N’hésitez pas alors à vous faire accompagner. Une plante peut être fortement déconseillée lorsque l’on souffre de certaines pathologies (par exemple, le fenugrec est à proscrire chez les mamans diabétiques).

Un “peu” d’allaitement ne sert à rien (1 jour, 1 semaine…), mieux vaut ne pas commencer et donner le biberon tout de suite

Chaque goutte de lait reçue par le nouveau-né est précieuse. Que votre bébé reçoive du colostrum uniquement, quelques jours de lait maternel ou bien plusieurs semaines ou mois, tout est bon à prendre pour lui. Il recevra alors des cellules souches issues de votre lait maternel, des anticorps spécifiques pour booster son système immunitaire.

Les bénéfices de l’allaitement sont dit « dose-dépendants » c’est-à-dire que plus longtemps on allaite, plus les bienfaits se voient sur maman comme sur bébé. Cela ne remet pas en question la valeur de quelques millilitres de colostrum ou de lait.

Je vais bientôt reprendre le travail et je dois sevrer mon bébé

Dans la plupart des pays occidentaux, la loi protège la mère qui allaite et reprend le travail, par le biais de disposition législatives qui lui permettent soit d’accueillir leur bébé sur leur lieu de travail, soit de partir plus tôt pour l’allaiter ou encore de tirer leur lait sur place. La rémunération de ce temps non consacré à leur employeur est à vérifier au cas par cas.

Avec un minimum de créativité, on parvient aisément à concilier allaitement et reprise d’une activité professionnelle ou des études.

Bien sûr un certain nombre de questions se posent alors aux mamans. Il est parfaitement possible de raisonner en solutions plutôt qu’en contraintes au moment de la reprise, surtout si l’allaitement est devenu un plaisir pour vous.

Allaiter, ça fait forcément mal au début, les crevasses sont inévitables

La douleur est un symptôme, un signal d’appel qui indique que quelque chose ne va pas. Nos mamelons sont peu souvent sollicités avec autant de vigueur et d’enthousiasme en dehors de l’allaitement et on tolère une sensibilité dans les 5 jours qui suivent la naissance. Il n’est pas question de subir des douleurs atroces dès le début.

Une grande majorité des douleurs sont attribuables à une position encore maladroite. Reste que certains bébés peuvent serrer les gencives en raison d’un accouchement un peu sportif, du recours à des instruments au moment de la délivrance. Certains bébés, on le constate, présentent aussi des préférences de rotation cervicale. D’autres ont le menton en arrière, on parle de rétrognatie. Parfois aussi, il sera intéressant d’observer la forme du palais, la bonne mobilité linguale qui peut être affectée par un frein de langue serré. Ajoutons que parfois des bactéries ou des champignons viennent se loger sur une peau déjà lésée et tendant à se sur-développer, ralentissant ainsi le processus naturel de cicatrisation des mamelons.

Donc, en présence de gerçures qui ne passent pas, de douleurs qui perdurent au-delà de quelques secondes ou des premiers jours, il est bon de faire appel à une personne spécialisée. La sage-femme peut sans doute aider un peu. Faire appel à une consultante en lactation IBCLC avant qu’une première douleur en entraîne une autre puis encore une et vous amène à sevrer précocement votre bébé est une option à bien garder à l’esprit.

L’allaitement abîme les seins

La grossesse, l’âge, l’hérédité, le tabagisme sont des facteurs connus de l’affaissement des seins. De nombreuses personnes craignent qu’un allaitement long soit une cause supplémentaire aggravante. Il n’en est rien en réalité. En revanche, un allaitement qui se déroule avec un certain nombre de péripéties mal prises en charge : engorgements, mastites, abcès, mamelons sévèrement blessés, peut hélas abîmer les seins. Ce n’est donc pas l’allaitement en soi qui nuit à leur aspect esthétique mais plutôt un allaitement qui ne se déroule pas bien.

Allaiter, c’est mettre le père de côté/ L’allaitement exclut les pères

Les papas ont mille actions particulièrement riches à mettre en place à la naissance de leur bébé. Certains se sentent exclus soit parce qu’ils s’attendent à nourrir leur bébé à hauteur égale avec leur compagne soit peut-être aussi parce qu’ils sont jaloux de cette relation unique dont ils sont témoins chaque jour. Ceci leur appartient. Ils ont parfaitement la possibilité de s’investir dans l’allaitement de leur compagne. Voici des exemples d’actions :

–   Prendre en main la charge mentale : lessives, courses, rangement de la maison, papiers administratifs

–   Masser le dos, les épaules, les pieds de maman quand elle allaite ou en dehors

–   Faire du renforcement positif : montrer à sa compagne combien il est heureux de la voir s’épanouir ainsi

–   Apprendre à utiliser un DAL (un dispositif d’aide à la lactation qui permet d’apporter du lait autrement qu’au sein) pour soulager la maman si besoin

–   Rassembler les coordonnées de personnes ressources, faire un premier tri pour identifier la personne qui va le mieux convenir à la famille et réserver un rendez-vous si besoin

–   Accompagner la jeune maman aux rendez-vous qui demandent des déplacements

–   Être présent lors des rendez-vous médicaux et attentif, prendre le temps de poser ses questions

–   Sélectionner les petites choses qui donneront du baume au cœur à maman quand elle a le moral bas : son chocolat préféré, un bouquet de fleurs, une boîte de snacks Jolly mama!, des flacons de jus de fruits/légumes vitaminés…

–   Se montrer enthousiaste vis-à-vis de ses efforts et compatissant devant les défis et surtout encourageant vis-à-vis de l’allaitement

–   Évincer fermement le grand-oncle Norbert qui juge opportun de s’inviter à la maison à dîner

–   Veiller à ce que maman de soit pas trop fatiguée par des visites parasites et aimablement reconduire les invités ou la famille à la porte

Allaiter, c’est naturel

Allaiter est un acte à la fois naturel et instinctif pour peu que l’on permette à la maman de s’installer dans de bonnes conditions et que l’on arrête de la bombarder de conseils aussi nombreux que contradictoires. Une femme qui a l’opportunité de s’installer confortablement aura vraisemblablement la possibilité de voir son bébé sans tension et si on la laisse en paix, on sera surpris de constater que ses gestes sont accordés, experts même, qu’elle est parfaitement en mesure de démarrer et de poursuivre son allaitement avec un minimum de péripéties. L’art d’allaiter s’est perdu dit-on. Pour autant, j’ai la chance inouïe de constater au quotidien combien les mères sont intuitives, que leurs gestes sont parfaits.

 Je ne vais pas pouvoir allaiter (petits seins, mamelons rentrés…)

Je crois bien que je vais passer les 6 prochains mois à demander à photographier les seins des mères à qui l’on a affirmé que leurs seins étaient trop ceci ou pas assez cela. Si vous souhaitez partager vos photos, je vous communique mon adresse mail avec plaisir ! il est rare que l’on ait réellement besoin d’un artifice pour modeler un mamelon parfait pour un bébé. Certes, les bébés nés grands prématurés n’ont pas encore le réflexe de succion nécessaire pour téter facilement, certaines mères ont des mamelons ombiliqués avec de véritables adhérences tissulaires qui font se rétracter le mamelon à la moindre tentative de l’aider à s’ériger. Ces situations sont fort heureusement anecdotiques. Il est donc inutile de prévoir de glisser un bout de sein dans le trousseau de maternité. Les bébés ne tètent pas un mamelon mais prennent une « bouchée de sein ».

La taille des seins importe généralement très peu à la rare exception des femmes qui présentent une hypoplasie de la glande mammaire à savoir une insuffisance de tissu glandulaire. Cela ne les empêche pas d’allaiter pour autant même si certaines ne parviendront jamais à nourrir exclusivement leur bébé avec leur lait. Elles pourront tout autant construire une relation au sein et savourer le plaisir d’apporter leur lait à leur bébé

On doit faire attention à ce qu’on mange pour allaiter, et plus généralement on doit avoir un comportement irréprochable (pas d’alcool, pas de café, alimentation très saine…)

Allaiter n’impose pas nécessairement une approche diététique irréprochable. Les conseils en la matière sont d’ailleurs légion et crée un stress inutile chez les mères. Une femme qui a un régime alimentaire déséquilibré sera plus sujette à des excès de fatigue et à un sous-poids ou bien un surpoids. Elle sera plus susceptible de se sentir fatiguée voire déprimée si elle a de nombreuses carences en vitamines et en minéraux. Pour autant, son lait sera toujours parfaitement adapté. Certes, une maman adepte de la junk food et de la friture industrielle transmettra dans son lait des graisses plus saturées qu’une autre qui aurait des apports en acides gras moins transformés. Il n’en demeure pas moins que l’on préférera toujours que les deux allaitent plutôt qu’elles donnent une préparation lactée pour nourrissons.

L’alcool ou le café peuvent être autorisés dans des seuils raisonnables. Il est bon alors de demander conseil à un spécialiste.

Merci Carole !

 

Carole Hervé est consultante en lactation, certifiée IBCLC (International Board of Lactation Consultant Examiners).

Nous avons rencontré Carole aux débuts de Jolly Mama, et nous avons tout de suite été conquises par sa bienveillance et son expertise. Une de ces rencontres qui marque.

C’est une passionnée de son métier, qu’elle exerce depuis près de 20 ans. 20 ans d’expérience, du côté des femmes pour les accompagner et les aider à vivre pleinement et sereinement leur projet d’allaitement. 

Carole a récemment lancé un programme d’accompagnement en ligne pour aider un plus grand nombre de femmes : “Mon souhait le plus cher est que chaque mère puisse vivre son projet d’allaitement et c’est pour soutenir le plus grand nombre d’entre vous que j’ai conçu et réalisé ce programme”.

Son dernier livre Mon Allaitement sur mesure est un véritable guide positif, réconfortant et motivant, pour accompagner les femmes et leur donner confiance en leur capacité à nourrir leur enfant et leur fournir toutes les clés pour leur permettre de vivre un allaitement réussi !

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