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15.12.2021

Jolly Mama

Péridurale : quels sont les effets prouvés ?

Accouchementpéridurale

Le taux de péridurale en France est parmi les plus élevé et concerne 77% des accouchements par voie basse.

Les études montrent que parmi les 26% de femmes souhaitant accoucher sans péridurales, au final 52% d’entre elles y ont recours[1].

Quels sont les effets bénéfiques de la péridurale ?

La gestion de la douleur

Dans une grande revue publiée en 2018, les chercheurs ont regardé 40 études incluant plus de 11,000 femmes. Ils ont comparé celles ayant eu une péridurale, une rachidienne, une césarienne, et celles qui n’ont reçu aucun médicament, ou ont reçu des injections d’antidouleurs, notamment des opioïdes.

En moyenne, la péridurale abaisse de 2 à 3 points la douleur ressentie sur une échelle de 0 à 10 ( 0 : aucune douleur et 10 : la pire douleur imaginable) et les niveaux de douleurs étaient plus bas que pour celles recevant des opioïdes. La plupart des femmes rapportaient qu’avec la péridurale, la gestion de la douleur était “excellente ou très bonne”[2].

La péridurale a des avantages par rapport aux opioïdes

L’étude précédente, montrant l’effet de la péridurale sur la douleur, a également montré que les femmes ayant reçue une péridurale souffrent moins de nausées et de vomissement que celles qui reçoivent des opioïdes, et ont moins de risque d’avoir des difficultés à respirer (besoin d’oxygène). Les enfants nés à la suite d’une péridurale étaient également moins susceptibles de recevoir du naloxone, un médicament utilisé pour bloquer les effets des opioïdes[3].

Quels sont les impacts négatifs de la péridurale sur l’accouchement ?

Des effets secondaires sur la santé maternelle

Les femmes ayant bénéficié d’une péridurale ont connu davantage d’hypotension, de blocages moteurs, de fièvre et de rétention urinaire (avec obligation d’insérer un cathéter dans la vessie pour écouler l’urine)[4].

Une analyse de 22 études, sur plus de 650 000 accouchements a également montré que la péridural augmentait par 2 le risque d’avoir une déchirure périnéale[5].

Toutefois, la péridurale n’augmenterait pas les douleurs dans le bas du dos sur le long terme[6].

La péridurale peut ralentir la seconde phase de travail

Les femmes avec une péridurale ont une première et seconde phase (soit la phase de poussée) du travail plus long, en moyenne 13.66 minutes plus long. Ces femmes étaient également plus à risque de recevoir de l’ocytocine de synthèse pour augmenter les contractions et déclencher le travail[7].

Toutefois, l’augmentation du temps d’accouchement serait surtout au niveau de la seconde phase du travail. Par exemple, une étude sur plus de 62 000 accouchements a montré que la durée moyenne de la deuxième phase du travail était 2 fois plus longue pour les mères sous péridurale pour leur premier accouchement (elles ont mis en moyenne 1h06 à accoucher contre 36 min sans péridurale). Pour les femmes dont c’était le deuxième accouchement, elles ont mis 24 min sous péridurale contre 12 minutes[8]

Potentiellement une augmentation d’avoir recours à des forceps

Les femmes avec une péridurale avaient 1,4 fois plus de risque de connaître l’usage des forceps et de la ventouse pendant la phase de poussée[9].

Mais quand les chercheurs ont restreint les données pour uniquement y inclure des accouchements depuis 2005, ils n’ont plus vu d’augmentation de ce risque. Une hypothèse est que les péridurales sont de moins en moins dosées grâce aux techniques plus avancées, et que cette amélioration aide à réduire le risque d’une extraction par forceps/ ventouse.

Cela pourrait être dû au fait qu’avec la péridurale on ne sente moins voir pas ses jambes, et bouger le bas de son corps serait donc compliqué. L’étude a observé que la péridurale multiplie par 30 le risque de blocage moteur[10].

Péridurale et risque de césarienne, un effet possible

Dans l’étude précédente, les chercheurs n’ont pas trouvé de différence significative au niveau du taux de césarienne entre les femmes qui ont reçu une péridurale et celle n’en ayant pas eu. Toutefois, le taux de césarienne dans les 2 groupes était respectivement de 11% et 13%, soit beaucoup moins que la moyenne[11].

Certaines études montrent une augmentation du risque d’avoir une césarienne à la suite d’une péridurale, mais les résultats ne sont pas toujours fiables[12].

Par exemple, une étude sur plus de 200000 femmes montre qu’une péridurale multiplie par 2.5 le risque d’avoir une césarienne[13].

Il est possible que la péridurale, en ralentissant le travail, augmente le risque de césarienne dans certaines conditions.

La péridurale a-t-elle des effets sur votre bébé ?

Le bébé n’est pas plus à risque si on a une péridurale ! Les chercheurs n’ont pas pu identifier de différences entre les femmes recevant une épidurale et celles qui n’en reçoivent pas au niveau de l’état du bébé (nombre d’admission en unité de soins intensifs et score APGAR, qui évalue la vitalité d’un nouveau-né reposant sur une observation empirique au moment de la naissance)[14].

Toutefois, une étude sur plus de 15 000 péridurales a montré qu’il y avait 1,4 fois plus de risque que la position foetale de la tête soit anormale à l’accouchement par rapport aux accouchements sans péridurale[15].

En octobre 2020, une étude portant sur les naissances en Californie a révélé que le recours à la péridurale était associé à un risque accru de 37 % de diagnostic ultérieur d’autisme chez les enfants[16]. Mais l’étude a été largement critiquée pour ne pas avoir tenu compte de nombreux facteurs de risque socio-économiques, génétiques et médicaux pour l’autisme – distincts de la péridurale – qui pourraient être plus fréquents chez les femmes qui choisissent la péridurale. Les experts ont également fait remarquer qu’il était biologiquement peu plausible que la péridurale augmente le risque d’autisme. Peu après la publication de cette étude, plusieurs sociétés professionnelles ont publié une déclaration affirmant que l’étude ne fournissait pas de preuves scientifiques crédibles que la péridurale causait l’autisme[17].

La nouvelle recherche a examiné le recours à la péridurale pendant l’accouchement et les diagnostics ultérieurs d’autisme au Canada. Elle a porté sur 123 175 enfants qui sont nés entre 2005 et 2016 et ont été suivis jusqu’en 2019. Il n’y avait pas de différence statistiquement significative dans le risque d’autisme entre les enfants dont les mères ont reçu une péridurale pendant leur accouchement et ceux qui n’en ont pas reçu[18].

Accoucher dans l’eau, une alternative possible à la péridurale ?

Les femmes qui accouchent dans l’eau ressentent moins la douleur selon les études. La conséquence : un besoin moindre de recourir à des médicaments analgésiques, et presque pas de péridurale[19]. Une étude a montré que sur plus de 700 femmes ayant accouché dans l’eau, aucune d’entre elles n’avaient eu recours à des analgésiques[20].

SOURCES

[1] Kpéa, Laure, Marie-Pierre Bonnet, Camille Le Ray, Caroline Prunet, Anne-Sophie Ducloy-Bouthors, et Béatrice Blondel. « Initial Preference for Labor Without Neuraxial Analgesia and Actual Use: Results from a National Survey in France ». Anesthesia and Analgesia 121, no 3 (septembre 2015): 759‑66.

[2] Anim‐Somuah, Millicent, Rebecca MD Smyth, Allan M Cyna, et Anna Cuthbert. « Epidural versus non‐epidural or no analgesia for pain management in labour ». The Cochrane Database of Systematic Reviews 2018, no 5 (21 mai 2018): CD000331.

[3] Anim‐Somuah, Millicent, Rebecca MD Smyth, Allan M Cyna, et Anna Cuthbert. « Epidural versus non‐epidural or no analgesia for pain management in labour ». The Cochrane Database of Systematic Reviews 2018, no 5 (21 mai 2018): CD000331.

[4] Anim‐Somuah, Millicent, Rebecca MD Smyth, Allan M Cyna, et Anna Cuthbert. « Epidural versus non‐epidural or no analgesia for pain management in labour ». The Cochrane Database of Systematic Reviews 2018, no 5 (21 mai 2018): CD000331.

[5] Pergialiotis, Vasileios, Dimitrios Vlachos, Athanasios Protopapas, Kaliopi Pappa, et Georgios Vlachos. « Risk Factors for Severe Perineal Lacerations during Childbirth ». International Journal of Gynaecology and Obstetrics: The Official Organ of the International Federation of Gynaecology and Obstetrics 125, no 1 (avril 2014): 6‑14.

[6] Anim‐Somuah, Millicent, Rebecca MD Smyth, Allan M Cyna, et Anna Cuthbert. « Epidural versus non‐epidural or no analgesia for pain management in labour ». The Cochrane Database of Systematic Reviews 2018, no 5 (21 mai 2018): CD000331.

[7] Anim‐Somuah, Millicent, Rebecca MD Smyth, Allan M Cyna, et Anna Cuthbert. « Epidural versus non‐epidural or no analgesia for pain management in labour ». The Cochrane Database of Systematic Reviews 2018, no 5 (21 mai 2018): CD000331.

[8] Zhang, Jun, Helain J. Landy, D. Ware Branch, Ronald Burkman, Shoshana Haberman, Kimberly D. Gregory, Christos G. Hatjis, et al. « Contemporary Patterns of Spontaneous Labor With Normal Neonatal Outcomes ». Obstetrics and gynecology 116, no 6 (décembre 2010): 1281‑87.

[9] Anim-Somuah, Millicent, Rebecca Md Smyth, Allan M. Cyna, et Anna Cuthbert. « Epidural versus Non-Epidural or No Analgesia for Pain Management in Labour ». The Cochrane Database of Systematic Reviews 5 (21 mai 2018): CD000331.

[10] Anim‐Somuah, Millicent, Rebecca MD Smyth, Allan M Cyna, et Anna Cuthbert. « Epidural versus non‐epidural or no analgesia for pain management in labour ». The Cochrane Database of Systematic Reviews 2018, no 5 (21 mai 2018): CD000331.

[11] Anim‐Somuah, Millicent, Rebecca MD Smyth, Allan M Cyna, et Anna Cuthbert. « Epidural versus non‐epidural or no analgesia for pain management in labour ». The Cochrane Database of Systematic Reviews 2018, no 5 (21 mai 2018): CD000331.

[12] Goer, Henci. « Epidurals: Do They or Don’t They Increase Cesareans? » The Journal of Perinatal Education 24, no 4 (2015): 209‑12.

[13] Philipsen, T., et N. H. Jensen. « Epidural Block or Parenteral Pethidine as Analgesic in Labour; a Randomized Study Concerning Progress in Labour and Instrumental Deliveries ». European Journal of Obstetrics, Gynecology, and Reproductive Biology 30, no 1 (janvier 1989): 27‑33.

[14] Anim‐Somuah, Millicent, Rebecca MD Smyth, Allan M Cyna, et Anna Cuthbert. « Epidural versus non‐epidural or no analgesia for pain management in labour ». The Cochrane Database of Systematic Reviews 2018, no 5 (21 mai 2018): CD000331.

[15] Penuela, Ivan, Pilar Isasi-Nebreda, Hedylamar Almeida, Mario López, Esther Gomez-Sanchez, et Eduardo Tamayo. « Epidural analgesia and its implications in the maternal health in a low parity comunity ». BMC Pregnancy and Childbirth 19, no 1 (30 janvier 2019): 52.

[16] Qiu, Chunyuan, Jane C. Lin, Jiaxiao M. Shi, Ting Chow, Vimal N. Desai, Vu T. Nguyen, Robert J. Riewerts, R. Klara Feldman, Scott Segal, et Anny H. Xiang. « Association Between Epidural Analgesia During Labor and Risk of Autism Spectrum Disorders in Offspring ». JAMA Pediatrics 174, no 12 (1 décembre 2020): 1168‑75.

[17] American Society of Anesthesiologists. « Labor epidurals do not cause autism; safe for mothers and infants, say anesthesiology, obstetrics, and pediatric medical societies ».

[18] McKeen, Dolores M., Valerie Zaphiratos, et the Canadian Anesthesiologists’ Society. « Lack of Evidence That Epidural Pain Relief during Labour Causes Autism Spectrum Disorder: A Position Statement of the Canadian Anesthesiologists’ Society ». Canadian Journal of Anesthesia/Journal Canadien d’anesthésie 68, no 2 (1 février 2021): 180‑82.

[19] Shaw-Battista, Jenna. « Systematic Review of Hydrotherapy Research: Does a Warm Bath in Labor Promote Normal Physiologic Childbirth? » The Journal of Perinatal & Neonatal Nursing 31, no 4 (décembre 2017): 303‑16.

[20] Thoeni, A., N. Zech, L. Moroder, et F. Ploner. « Review of 1600 Water Births. Does Water Birth Increase the Risk of Neonatal Infection? » The Journal of Maternal-Fetal & Neonatal Medicine: The Official Journal of the European Association of Perinatal Medicine, the Federation of Asia and Oceania Perinatal Societies, the International Society of Perinatal Obstetricians 17, no 5 (mai 2005): 357‑61.