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08.01.2021

par Marion Baudier Melon, nutrithérapeuthe

Pourquoi et comment calculer ma date d’ovulation ?

fertilitéovulationtomber enceinte

On se focalise souvent sur les règles comme étant l’événement majeur du cycle menstruel féminin. Or la vraie protagoniste du cycle, c’est l’ovulation, que l’on souhaite tomber enceinte ou non.

Dans les deux cas, il peut être déterminant de savoir l’identifier.
Alors comment mieux connaître son cycle pour augmenter ses chances de grossesse, ou simplement renouer avec son corps ?

Le rôle de l’ovulation dans le cycle menstruel

Le cycle menstruel féminin se déroule en deux phases, avant et après l’ovulation :

Avant l’ovulation, c’est la phase folliculaire

Le cerveau produit l’hormone FSH qui stimule la production d’oestrogène par les ovaires. L’oestrogène fait maturer les follicules et croître l’endomètre. Vers le milieu du cycle, l’oestrogène s’accumulant, il stimule la production de glaires cervicales (pertes vaginales) « sperm friendly » nécessaires à la fertilité, et le cerveau finit par produire l’hormone LH qui déclenche l’ovulation : un ovule sort de l’un des deux ovaires.

Après l’ovulation, c’est la phase lutéale

L’ovule qui se transforme ensuite en corps jaune produit l’hormone progestérone. Si l’ovule est fécondé, la progestérone favorise l’implantation de l’embryon dans l’endomètre de l’utérus pour démarrer la grossesse, et inhibe la production de glaires cervicales « sperm-friendly ». La progestérone restera élevée jusqu’à l’accouchement. S’il n’y a pas fécondation l’ovule disparaîtra, la progestérone chutera, ce qui déclenchera les règles.

L’ovulation est absolument primordiale pour la fertilité puisque sans ovulation, il n’y a pas d’ovule à féconder et donc pas de fécondation et on ne peut pas tomber enceinte. Par ailleurs, si l’ovulation n’est pas assez qualitative, il se peut que la production de progestérone ne soit pas suffisante lors de la phase lutéale pour permettre la fécondation et le début d’une grossesse, ce qui peut résulter en fausse couche.

Mais l’ovulation est aussi un événement central pour les femmes ne souhaitant pas tomber enceintes (tout de suite ou jamais) car c’est grâce à l’ovulation que sont produites les hormones sexuelles, qui au-delà de la fertilité sont importantes à bien d’autres égards.

Par exemple, une production suffisante de progestérone permet d’éviter les désagréments du syndrome prémenstruel et donc d’améliorer la qualité de vie, mais aussi de réduire l’inflammation ou encore de favoriser la production de neurotransmetteurs calmants aux effets anti-anxiété… or sans ovulation pas de progestérone. L’oestrogène quant à lui est utile pour la santé des os, la mémoire, la libido, le sex-appeal, l’énergie, la peau… or l’ovulation implique une sécrétion d’oestrogène en amont.

Les contraceptifs hormonaux peuvent inhiber l’ovulation et donc les variations hormonales du cycle menstruel féminin avec, ce qui nous empêche de tomber enceinte, mais qui nous prive en même temps des bénéfices de l’oestrogène et de la progestérone naturels et fluctuants.

Au-delà des femmes sous contraception hormonale, certaines femmes peuvent avoir des cycles menstruels anovulatoires, c’est-à-dire sans ovulation et donc sans progestérone. C’est le cas de certaines femmes ayant le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), des jeunes filles pendant les quelques années suivant la puberté, ou encore à la périménopause.

Le cycle menstruel ne servirait ainsi pas à grand chose sans l’ovulation qui rythme et détermine nos fluctuations hormonales.

Quand se produit l’ovulation ?

En théorie, l’ovulation se produit en milieu de cycle. Chez les personnes ayant un cycle de 28 jours, l’ovulation se produit en général au jour 14 (le premier jour du cycle correspond au premier jour des règles).

Cependant, de nombreuses femmes n’ont pas un cycle de 28 jours ou n’ont pas de cycles réguliers. En règle générale, chaque femme a tendance à avoir une phase lutéale qui dure sensiblement le même nombre de jours (en général 10 à 14 jours), et c’est la durée de la phase folliculaire qui a tendance à varier. Ainsi, en moyenne, l’ovulation a lieu 10 à 14 jours avant les règles.

Pourquoi calculer la date d’ovulation ?

Identifier le jour de l’ovulation permet :

D’optimiser les chances de conception

Ue femme n’est fertile que quelques jours par cycle menstruel, et cette période de fertilité se situe quelques jours avant et pendant l’ovulation. Dès le lendemain de l’ovulation (l’ovule ne vit que 4 à 24 heures), il est trop tard et on n’est plus fertile. Il peut donc être intéressant pour un couple souhaitant concevoir un bébé de savoir quand la femme va ovuler et ovule pour privilégier les rapports non protégés avant et pendant l’ovulation (les spermatozoïdes peuvent vivre 5 à 7 jours dans l’utérus) afin de maximiser ses chances de tomber enceinte.

D’éviter de tomber enceinte

Savoir quand on ovule et par conséquent quand on est fertile peut, à l’inverse, nous permettre de savoir quand il est préférable de se protéger pendant les rapports ou de s’abstenir pour éviter une grossesse. Ce type de contraception naturelle requiert un peu d’entraînement pour pouvoir s’y fier. Pour aller plus loin, consulter nos articles Comment booster sa fertilité ? et Comment maximiser ses chances de tomber enceinte ?

De connaître notre corps

L’ovulation signale la fin de la phase folliculaire dominée par l’oestrogène et le début de la phase lutéale dominée par la progestérone. Ces fluctuations hormonales s’accompagnent de flux d’énergie et il peut être éclairant de savoir où on en est dans notre cycle pour comprendre nos humeurs, nos envies et notre état d’esprit du moment. Si un projet bébé n’est pas d’actualité de suite, il peut aussi être intéressant de se familiariser avec notre corps et notre période fertile pour mettre toutes les chances de notre côté plus tard.

Comment calculer la date d’ovulation ?

Identifier l’ovulation n’est pas toujours évident. Plusieurs méthodes peuvent nous aider :

Calculer « à rebours »

La phase lutéale durant 10 à 14 jours, si on a des cycles réguliers, on peut estimer que la date de l’ovulation arrive 10 à 14 jours avant le début des prochaines règles. Si on a un cycle de 28 jours, l’ovulation arrive donc a priori au jour 14 à 18 à compter du premier jour du cycle. Cela reste une estimation et non un moyen de calcul précis. D’ailleurs, certaines femmes peuvent avoir des phases lutéales courtes (plus courtes que 10-14 jours), souvent dues à une insuffisance de progestérone. Dans ce cas, le calcul à rebours induit en erreur et on ne peut pas l’utiliser.

Par exemple :

Si j’ai un cycle classique

Pour un cycle de 28 jours l’ovulation arrive a priori au jour 14 à 18 à compter du premier jour de vos règles (28-14 ; 28-10) ; pour un cycle de 29 jours l’ovulation arrive a priori au jour 15 à 19 (29-14 ; 29-10), etc.

Si j’ai un cycle court

Pour un cycle de 21 jours l’ovulation arrive a priori au jour 7 à 11 (21-14 ; 21-10);

Si j’ai un cycle long

Pour un cycle de 40 jours l’ovulation arrive a priori au jour 26 à 30 (40-14 ; 40-10);

Si j’ai un cycle irrégulier

Il sera impossible d’estimer la date d’ovulation à rebours.

Se fier aux douleurs ovulatoires pour calculer sa date d’ovulation

Certaines femmes font l’expérience de ce que l’on appelle mittelschmerz, un mot allemand signifiant « la douleur du milieu » (du cycle). C’est une douleur qui peut se produire au moment de l’ovulation, généralement dans le bas ventre gauche ou droit de manière relativement localisée (au niveau de l’ovaire qui ovule ce mois-là).

Les mécanismes de ces douleurs ne sont pas encore bien connus mais il semblerait que le processus ovulatoire s’accompagne d’inflammation et que le fait de rompre la paroi d’un ovaire pour laisser sortir l’ovule puisse être douloureux chez certaines femmes. Il n’est jamais agréable de souffrir mais si on voit le bon côté des choses cela peut nous permettre de connaître la date d’ovulation.

Utiliser des tests d’ovulation

Comme pour les tests de grossesse, il s’agit de bâtonnets sur lesquels uriner. Si le bâtonnet détecte la présence d’hormone LH (l’hormone qui déclenche l’ovulation dans les 10 à 12 heures après son pic), le test d’ovulation sera positif. Sinon il sera négatif.

Pratiquer la symptothermie pour calculer sa date d’ovulation

Il s’agit d’une méthode d’observation de trois signaux de notre corps nous indiquant que l’on est dans notre période fertile ou non :

Les glaires cervicales

Les glaires cervicales (pertes vaginales) « sperm-friendly » sont sécrétées quelques jours avant l’ovulation et pendant l’ovulation sous l’effet de l’oestrogène lors de la phase folliculaire. Elles permettent aux spermatozoïdes de survivre dans le système reproducteur féminin afin d’attendre l’ovulation et de pouvoir féconder l’ovule au moment opportun. Elles sont en général assez abondantes, collantes, blanchâtres ou transparentes. Lors de la phase lutéale, la progestérone inhibe les glaires cervicales « sperm-friendly » et empêche la survie des spermatozoïdes.

la température basale

Après l’ovulation, la progestérone « réchauffe » le corps de quelques dixièmes de degrés. La montée de température indique donc que l’ovulation a eu lieu et qu’il est trop tard pour concevoir. La prise de température doit s’effectuer avec un thermomètre conçu pour cet usage, le matin au réveil avant de sortir du lit et de s’activer, et ce toujours à la même heure. Attention : la température peut varier en fonction de nombreux paramètres : infection, jet lag, trop peu d’heures de sommeil, consommation d’alcool la veille…

La position du col de l’utérus

Sous l’effet de l’oestrogène, en même temps que la sécrétion des glaires cervicales « sperm friendly » et jusqu’à l’ovulation incluse, le col de l’utérus s’ouvre, est plus mou et plus haut dans le vagin, ce qui permet de laisser passer les spermatozoïdes dans l’utérus. Après l’ovulation, sous l’effet de la progestérone, le col de l’utérus est plus ferme, fermé et bas dans le vagin, empêchant les spermatozoïdes de passer.

Le recoupement de l’observation de ces trois paramètres est optimal pour savoir où on en est dans notre cycle, mais la simple observation des glaires cervicales peut déjà suffire. Sachez simplement qu’avec l’âge, on en produit moins.

La symptothermie demande de l’entraînement, en particulier pour les personnes ayant des cycles irréguliers ou longs, et notamment pour les personnes ayant le SOPK.

Utiliser une application pour calculer sa date d’ovulation

De nombreuses applications proposent aujourd’hui de « tracker» notre cycle menstruel. Celles qui ne permettent pas d’ajouter des informations quant aux glaires cervicales, à la température et la position du col de l’utérus ne sont pas des outils fiables car leur algorithme ne fait qu’estimer la date de l’ovulation en fonction de vos cycles précédents et de sa programmation. Plusieurs études mettent en évidence le fait que la plupart des applications ne se fondent pas sur des preuves scientifiques, et que se fier uniquement à une application sans formation adéquate peut ne pas être suffisant. Néanmoins, certaines applications sont assez précises pour être estimées fiables par la FDA aux Etats-Unis par exemple.

L’identification de la date d’ovulation, au-delà de l’objectif de fertilité (pour tomber enceinte plus facilement) ou de contraception, est un moyen de renouer le dialogue avec notre corps et d’apprendre à composer avec notre cycle menstruel qui implique bien plus pour nous que la seule période des règles chaque mois.

 

SOURCES

Weschler, T. Taking Charge of Your Fertility. The Definitive Guide to Natural Birth Control, Pregnancy Achievement, and Reproductive Health. 20th edition (2015)

Karasneh R.A. et al. « Smartphone Applications for Period Tracking: Rating and Behavioral Change among Women Users » Obstetrics and gynecology international (2020)

Johnson S. et al. « Can apps and calendar methods predict ovulation with accuracy? » Current medical research and opinion 34, no.9 (2018): 1587-1594

 

Marion Baudier-Melon (Marion Nutrition) est Nutrithérapeute spécialisée dans les problèmes hormonaux féminins. Formée à Londres et ayant elle-même souffert de dysfonctionnements hormonaux, elle propose des consultations et du contenu éducatif (conférences, ebooks…) pour aider les femmes à surmonter leurs problèmes hormonaux avec l’alimentation et les compléments alimentaires. Ses domaines de prédilection : endométriose, SOPK (syndrome des ovaires polykystiques), SPM (syndrome pré-menstruel), règles difficiles, aménorrhée, fertilité/conception/grossesse, problèmes de pilule ou à l’arrêt de la pilule, hypothyroïdie, acné, chute de cheveux…

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