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28.10.2020

par Marion Baudier Melon, nutrithérapeuthe

Qu'est ce que le syndrome des ovaires polykystiques et quelles sont les solutions ?

cylereglesSOPK

Encore trop peu connu et reconnu aujourd’hui, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) touche pourtant de très nombreuses femmes.

Elles subissent des symptômes qui se voient (chute de cheveux, acné, pilosité excessive…) et d’autres qui ne se voient pas (infertilité, problèmes métaboliques…), une double peine qui n’est pas une fatalité puisqu’il est possible de surmonter le SOPK. Mais alors comment établir un diagnostic ? Quels sont les traitements disponibles ?

Le syndrome des ovaires polykystiques, c’est quoi ?

Le syndrome des ovaires polykystiques est un dérèglement qui rassemble un large spectre de troubles  affectant à la fois la sphère hormonale, métabolique et reproductive. On estime qu’il touche 10% des femmes en âge de procréer[1].

Les symptômes du syndrome des ovaires polykystiques

Parmi les symptômes, on trouve chez les femmes

–    des cycles menstruels longs (35 jours ou plus) et/ou irréguliers voire absents (aménorrhée), ou bien des cycles sans ovulation (anovulatoires)

–    des problèmes d’infertilité, des difficultés à concevoir un enfant (puisqu’on n’ovule pas, peu ou pas régulièrement)

–    de l’acné adulte, en particulier sur le bas du visage

–    une chute de cheveux, en particulier sur le haut du crâne

–    une hyperpilosité ou de l’hirsutisme, c’est-à-dire des poils qui poussent à des endroits où ils ne devraient pas pousser chez une femme (poitrine, tétons, menton, joues, dos, cou…)

–    le surpoids ou l’obésité…

Il n’est pas nécessaire d’avoir tous ces symptômes pour avoir le SOPK ; de nombreuses femmes ayant le SOPK n’ont pas de problème de poids ou de problèmes de fertilité.

Comment diagnostiquer le syndrome des ovaires polykystiques ?

Pour diagnostiquer le syndrome des ovaires polykystiques, 2 des 3 éléments suivants doivent être présents :

–    un certain nombre de kystes d’une certaine taille sur les ovaires

–    l’excès d’hormones androgènes (hyperandrogénie), autrement dit les hormones associées au masculin (testostérone et ses dérivés)

–    des cycles perturbés (longs, absents, irréguliers, anovulatoires).

Ainsi, vous pouvez très bien avoir le SOPK sans avoir de kystes sur les ovaires, ou bien avoir des kystes sur les ovaires sans SOPK. Le nom porte un peu à confusion !

Le SOPK s’accompagne ou non de problèmes de fertilité ou de prise de poids.

Pour établir le diagnostic, il n’est donc pas suffisant de faire une échographie pelvienne, il faut en plus faire un bilan hormonal sanguin et une observation des cycles menstruels sur plusieurs mois.

Une précision : si vos hormones androgènes sont normales mais que vous avez tous les symptômes du SOPK, il est possible que vos cellules soient hypersensibles aux androgènes. Autrement dit, une quantité d’androgènes normale peut tout de même générer des symptômes associés à l’excès d’androgènes, et vous pouvez avoir le SOPK malgré tout.

A quoi le syndrome des ovaires polykystiques est-il dû ?

Le SOPK est un syndrome multifactoriel complexe qui implique de nombreux systèmes. Voici trois des facteurs de risque les plus fréquemment présents :

Le premier facteur de risque, l’hyperandrogénie [2]

Autrement dit l’excès d’hormones androgènes, les hormones que l’on associe aux hommes (testostérone et ses dérivés). Chez la femme, les androgènes sont produits en grande partie par les ovaires par le biais de l’hormone LH sécrétée par le cerveau pour déclencher l’ovulation. Chez les personnes SOPK, la LH est souvent sécrétée en excès, générant la production excessive d’hormones androgènes, ce qui peut inhiber ou retarder l’ovulation. Les hormones androgènes en excès vont par ailleurs contribuer à l’apparition de caractères « masculins » comme la chute de cheveux sur le haut du crâne (comme la calvitie des hommes), des poils à des endroits où ils poussent chez les hommes, et de l’acné notamment en bas du visage, là où pousserait la barbe.

Le second facteur de risque, l’insulino-résistance et l’hyperinsulinémie (voir le diabète )

La glycémie (taux de sucre dans le sang) est un paramètre qui doit rester plus ou moins constant. L’insuline est l’hormone sécrétée par le pancréas pour rediriger le sucre en trop du sang vers les cellules qui en font alors des stocks d’énergie ; ainsi la glycémie peut redescendre à une valeur normale. Or les femmes SOPK sont souvent sujettes à l’insulino-résistance, autrement dit les cellules refusent d’obéir à l’insuline et refusent de prendre le sucre en trop dans le sang. De ce fait la glycémie reste élevée, le pancréas va donc continuer à produire toujours plus d’insuline pour tenter de « se faire entendre » par les cellules, en vain. Or trop d’insuline (hyperinsulinémie/diabète) contribue à la sécrétion excessive d’androgènes et vice versa [3] [4]. Tout est lié !

Le troisième facteur de risque, l’inflammation chronique

L’inflammation est déclenchée quand il y a un souci (blessure, virus…) ou bien pour aider certains processus normaux du corps (règles, ovulation). L’inflammation est donc censée être ponctuelle. Cependant, si l’inflammation est chronique, elle devient néfaste et stimule la surproduction d’androgènes, l’hyperinsulinémie et l’insulino-résistance[5]. Encore une fois tout est lié.

Existe-t-il des traitements contre le syndrome des ovaires polykystiques?

Il n’y a pas de médicament ou de traitement qui traitent le syndrome des ovaires polykystiques à proprement parler. Cependant, des solutions peuvent vous être proposées pour diminuer les symptômes :

La pilule contraceptive

Elle inhibe la production des hormones sexuelles par les ovaires, dont les androgènes. Cela peut permettre d’apaiser les symptômes associés à l’excès d’androgènes comme la chute de cheveux, l’acné ou encore l’hyperpilosité et l’hirsutisme. Cependant l’arrêt de la pilule fait généralement resurgir le syndrome des ovaires polykystiques, et peut l’aggraver puisqu’à l’arrêt de la pilule, certaines personnes font l’expérience d’un « effet rebond » lié à une surproduction d’androgènes post pilule.

Les anti-androgènes (par exemple le spirinolactone)

Ils exercent un effet antagoniste sur les récepteurs des androgènes réduisant ainsi l’activité androgénique et les symptômes associés à l’excès d’androgènes.

La metformine

Il s’agit d’un traitement  traditionnellement prescrit aux diabétiques qui peut être prescrit pour réduire les soucis métaboliques d’insulino-résistance et d’hyperinsulinémie [6].

En cas de désir d’enfant, si vous rencontrez des difficultés pour concevoir, on peut vous proposer d’entamer un parcours de PMA (procréation médicalement assistée).

Syndrome des ovaires polykystiques : l’approche holistique

Le syndrome des ovaires polykystiques est souvent présenté comme un syndrome que l’on a à vie. Or il est possible de renverser le cours de la situation à condition de considérer les multiples aspects du SOPK. Voici des pistes à explorer :

Réguler la glycémie et l’insuline

Supprimer le sucre raffiné de votre alimentation

Il est très rapidement absorbé dans le sang, ce qui requiert un pic d’insuline et qui, sur le long terme, peut contribuer à l’insulino-résistance. On le trouve dans les sucreries, gâteaux, biscuits, desserts etc. mais aussi dans les plats préparés, aliments industriels, ainsi que dans les céréales blanches (riz blanc, pâtes blanches, pain blanc…).Préférez les plaisirs sains comme les fruits secs, les purée d’oléagineux, le chocolat noir ainsi que les céréales complètes.

Manger des protéines et des bons gras à chaque repas et à chaque collation

Ils permettent de ralentir l’absorption des glucides (c’est-à-dire les sucres) dans le sang, évitant des variations trop importantes de la glycémie et donc d’insuline.

Réduire l’inflammation

Adopter une alimentation anti-inflammatoire

Eviter les aliments transformés et industriels qui sont inflammatoires, et privilégier les aliments bruts et naturels de qualité qui sont anti-inflammatoires.

Eviter les activités sportives trop fréquentes ou trop intenses

Car elles génèrent de l’inflammation. Préférez les sports doux comme la marche, le yoga, les pilates, ou les mouvements doux comme le tai chi ou le qigong[7].

Réduire les androgènes

Réduire le stress

Quand notre cerveau perçoit du stress, il déclenche la production de cortisol et de DHEA par les glandes surrénales. Le cortisol génère de l’inflammation et dérègle la glycémie. Quant au DHEA, il s’agit d’une hormone androgène à partir de laquelle toutes les autres hormones androgènes peuvent être produites. Autrement dit, le stress est un contributeur majeur de l’inflammation, des soucis d’insuline et de l’excès d’hormones androgènes… et donc du SOPK. Pour réduire le stress, chacun sa méthode : respiration, yoga, méditation, réorganisation de l’emploi du temps…

Manger des aliments riches en zinc

Comme par exemple les huîtres, les fruits de mer, les graines de courge… ou bien se complémenter en zinc* [8] car c’est un nutriment anti-androgènes.

Au-delà de ces conseils, l’idéal serait de travailler avec un praticien de santé qui puisse comprendre les autres contributeurs et causes à l’oeuvre pour votre syndrome des ovaires polykystiques. Car le souci s’arrête rarement aux soucis d’insuline, d’inflammation et d’androgènes, et des éléments sous-jacents peuvent tenir les rênes silencieusement.

En conclusion

S’il est possible de faire régresser le syndrome des ovaires polykystiques, il n’existe pas de « quick fix » : s’agissant d’un syndrome complexe et multifactoriel, le cheminement vers la santé prend du temps et un investissement personnel sur plusieurs mois voire années. Cela peut être décourageant mais la perspective d’une vie sans symptômes est un objectif qui n’a pas de prix !

 

* Attention à ne pas vous auto-complémenter, les compléments alimentaires ne sont pas anodins, peuvent interférer avec d’autres compléments, des aliments et des médicaments, ne pas être adaptés à votre situation personnelle, sans compter qu’il faut bien les choisir et adapter les dosages. Il est donc préférable de se faire conseiller par un praticien de santé spécialisé en nutrition (naturopathe ou nutrithérapeute par exemple).

Marion Baudier-Melon (Marion Nutrition) est Nutrithérapeute spécialisée dans les problèmes hormonaux féminins. Formée à Londres et ayant elle-même souffert de dysfonctionnements hormonaux, elle propose des consultations et du contenu éducatif (conférences, ebooks…) pour aider les femmes à surmonter leurs problèmes hormonaux avec l’alimentation et les compléments alimentaires. Ses domaines de prédilection : endométriose, SOPK (syndrome des ovaires polykystiques), SPM (syndrome pré-menstruel), règles difficiles, aménorrhée, fertilité/conception/grossesse, problèmes de pilule ou à l’arrêt de la pilule, hypothyroïdie, acné, chute de cheveux…

 

SOURCES :

[1] Inserm « Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) »

[2] Azziz, R. Carmina, E. Dewailly, D. et al. (2006). ‘Positions statement: criteria for defining polycystic ovary syndrome as a predominantly hyperandrogenic syndrome: an Androgen Excess Society guideline’, The Journal of clinical endocrinology and metabolism, 91 (11), pp.4237-45.

[3] Baptiste, C., Battista, M., Trottier, A. and Baillargeon, J. (2010). ‘Insulin and hyperandrogenism in women with polycystic ovary syndrome’. The Journal of Steroid Biochemistry and Molecular Biology, 122(3), pp.42-52

[4] Nestler, J.E. Jakubowicz, D.J. de Vargas, A.F. et al. (1998). ‘Insulin stimulates testosterone biosynthesis by human thecal cells from women with polycystic ovary syndrome by activating its own receptor and using inositolglycan mediators as the signal transduction system’, The Journal of clinical endocrinology and metabolism, 83 (6), pp.2001-5

[5] Marciniak, A., Nawrocka-Rutkowska, J., Wisniewska, B., Borodwska, A. and Straczewski, A. (2013). ‘Chronic inflammation and metabolic syndrome in comparison with other signs belonging to the image of polycystic ovary syndrome.’ Polski Merkuriusz Lekarski, 34(202), pp.228-231

[6] De Leo, V. Musacchio, M.C. Morgante, G. et al. (2006). ‘Metformin treatment is effective in obese teenage girls with PCOS’, Human reproduction, 21 (9), pp.2252-6

[7] Liu, X. Miller, Y.D. Burton, N.W. et al. (2010). ‘A preliminary study of the effects of Tai Chi and Qigong medical exercise on indicators of metabolic syndrome, glycaemic control, health-related quality of life, and psychological health in adults with elevated blood glucose’, British journal of sports medicine, 44 (10), pp.704-9

[8] Jamilian, M. Foroozanfard, F. Bahmani, F. et al. (2016). ‘Effects of Zinc Supplementation on Endocrine Outcomes in Women with Polycystic Ovary Syndrome: a Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Trial’, Biological trace element research, 170 (2), pp. 271-8

 

A propos de Marion Baudier-Melon
Marion Baudier-Melon (Marion Nutrition) est Nutrithérapeute spécialisée dans les problèmes hormonaux féminins. Formée à Londres et ayant elle-même souffert de dysfonctionnements hormonaux, elle propose des consultations et du contenu éducatif (conférences, ebooks…) pour aider les femmes à surmonter leurs problèmes hormonaux avec l’alimentation et les compléments alimentaires. Ses domaines de prédilection : endométriose, SOPK (syndrome des ovaires polykystiques), SPM (syndrome pré-menstruel), règles difficiles, aménorrhée, fertilité/conception/grossesse, problèmes de pilule ou à l’arrêt de la pilule, hypothyroïdie, acné, chute de cheveux…

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