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20.01.2021

par Marion Baudier Melon, nutrithérapeuthe

Retomber enceinte après une fausse couche

fausse-couchetomber enceinte

Même si c’est un sujet relativement tabou, la fausse couche est un événement commun chez les femmes, ce qui n’enlève rien à la difficulté de cette épreuve.

Suite à cette expérience, on peut appréhender la perspective de tomber à nouveau enceinte. Dans cet article, nous proposons de faire le point sur les causes et les facteurs de risque des fausses couches et sur ce que l’on peut mettre en place pour envisager une prochaine grossesse menée à terme en toute sérénité.

Qu’est-ce qu’une fausse couche ?

Une fausse couche est l’interruption spontanée d’une grossesse durant les 5 premiers mois de grossesse (avant la 20ème semaine).

Les fausses couches sont très communes puisqu’elles concerneraient 10 à 15% des grossesses. Mais ces chiffres pourraient être plus élevés si l’on considère les fausses couches non comptabilisées, par exemple celles où l’embryon est évacué via les règles alors même que l’on ne sait pas être enceinte.

Cela peut arriver tôt ou moins tôt dans le processus de grossesse. La majorité des fausses couches arrivent dans les 12 premières semaines. Ce pourquoi souvent, certaines personnes préfèrent n’annoncer la nouvelle à leur entourage qu’une fois entrées dans le deuxième trimestre de grossesse. Parfois, la fausse couche arrive dans les deux première semaines, et vous perdez l’embryon lors de vos règles sans même avoir su que vous étiez enceinte. Cela peut cependant arriver après la 12ème semaine, même si c’est plus rare.

La fausse couche consiste à évacuer tous les tissus de la grossesse. Si la fausse couche arrive très tôt, l’embryon sera évacué via des saignements. Si elle arrive plus tard, le foetus et le placenta doivent être évacués. Dans certains cas, le corps n’évacue pas tout et une intervention médicale devra être programmée (curetage).

Les symptômes d’une fausse couche

Les symptômes incluent :

– saignements vaginaux allant du spotting à des saignements abondants

– crampes utérines

– pertes anormales

– maux de dos

– disparition soudaine des symptômes de grossesse comme les nausées par exemple.

Ceci dit, ces symptômes peuvent survenir alors que vous n’êtes pas en train de faire une fausse couche. Mais pour en avoir le coeur net, consultez votre gynécologue si ces symptômes adviennent.

Quelles sont les causes et facteurs de risque d’une fausse couche ?

Ils sont multiples :

Anomalie génétique

Le corps détecte que le futur bébé aura des problèmes génétiques dûs à des chromosomes anormaux et déclenche une fausse couche.

Gamètes non viables

L’ovule ou le spermatozoïde peuvent avoir des défauts. En l’occurrence, comme pour l’anomalie génétique, le corps déclenche une fausse couche.

Oeuf clair

Les membranes embryonnaires et le placenta se développent, mais il n’y a pas d’embryon. C’est comme s’il y avait le contenant sans le contenu. L’oeuf clair se diagnostique à l’échographie.

Age de la femme et/ou de l’homme

Plus on avance dans l’âge, plus le risque de fausses couches augmente puisque les gamètes sont moins nombreux à être viables.

Insuffisance lutéale

Autrement dit une production de progestérone insuffisante en deuxième partie de cycle (pendant la phase lutéale). Cela peut entraîner une phase lutéale courte, ne laissant pas le temps à l’ovule s’il est fécondé et devient embryon de venir s’implanter dans l’utérus pour débuter la grossesse. Il sera alors évacué avec les règles.

Fibromes

Ils pourraient être un frein à un bon apport sanguin et à suffisamment de place pour le foetus. Cependant, une grande étude de 2017 ayant recruté 5 512 participantes conclue qu’il n’y a pas de risque de fausse couche associé à la présence de fibromes.

SOPK

Les femmes ayant le syndrome des ovaires polykystiques sont plus à risque de faire une fausse couche, possiblement à cause des soucis d’insuline et d’inflammation.

Grossesse extra-utérine

Il s’agit d’un embryon qui se développe hors de l’utérus, souvent dans une des trompes. Le corps peut alors déclencher une fausse couche. Sinon, une intervention médicale sera de mise, car une grossesse extra-utérine peut être fatale.

Utérus cloisonné

Il s’agit d’une malformation caractérisée par la présence d’une cloison dans l’utérus. Cela est souvent diagnostiqué par échographie 3D suite à une fausse couche ou à des difficultés pour concevoir. Une opération par hystéroscopie est possible pour y remédier.

Endométriose

Une méta-analyse et revue de littérature de 2017 conclue que « l’endométriose semble être un facteur de risque de fausse couche spontanée, majoré de près de 80 % ».

Insuffisance cervicale

Quand le col de l’utérus se dilate pendant la grossesse avant l’accouchement, cela peut déclencher une fausse couche.

Problèmes au niveau du placenta

Si le placenta ne se développe pas correctement, une fausse couche peut advenir.

Mutation du gène MTHFR

Il s’agit d’un gène codant une enzyme nécessaire à la bonne utilisation de la vitamine B9, entre autres (plus de détails dans cet article). Une mutation sur ce gène pourrait éventuellement augmenter le risque de fausse couche mais le sujet est encore très débattu.

Diabète

Les soucis de régulation de la glycémie peuvent augmenter le risque de fausse couche et de complications pendant la grossesse.

Maladie auto immune

Les maladies auto immune (lupus, maladie coeliaque, Hashimoto, Basedow, Maladie auto immunesyndrome de Gougerot Sjögren…) peuvent avoir un impact. La présence d’une maladie auto-immune ne veut pas dire que vous ferez nécessairement une fausse couche pour autant.

Infection

Les infections comme toxoplasmose, rubéole, salmonelles, cytomégalovirus, infections sexuellement transmissiblels, Zika…et/ou forte fièvre peuvent aussi jouer.

Consommation de certains substances

La consommation de médicaments ou de plantes contrindiqués pendant la grossesse peut aussi entrainer des fausses couches.

La onsommation de drogues ou d’alcool, exposition aux métaux lourds, pesticides, pollution, radiation est également problématique. L’exposition à ces substances augmente le risque de fausse couche.

Réalisation d’une amniocentèse

Cette procédure visant à prélever du liquide amniotique et donc des cellules foetales pour détecter d’éventuelles anomalies génétiques présente un risque de fausse couche dans 0,5 à 1% des cas.

Se remettre d’une fausse couche, physiquement et émotionnellement

Perdre un bébé est dévastateur sur le plan émotionnel, et parfois très demandeur sur le plan physique.

Faire son deuil

Afin d’envisager la suite de manière sereine, il est important de faire le deuil et de se laisser du temps pour tourner la page. N’hésitez pas à en parler à votre conjoint, vos proches, et à vous faire accompagner sur le plan psychologique par un professionnel.

Donner du temps à son corps

Sur le plan physique, le temps nécessaire pour s’en remettre varie, notamment en fonction du temps pendant lequel vous étiez enceinte avant que la fausse couche ne se déclenche, et 2 à 6 semaines sont généralement nécessaires pour rétablir l’équilibre hormonal pré grossesse.

En effet, pendant la grossesse, les hormones hCG, oestrogène et progestérone ont augmenté rapidement, et suite à une fausse couche l’hormone hCG disparaît alors qu’oestrogène et progestérone chutent puis reprennent leur rythme cyclique d’avant la grossesse. Cette chute hormonale peut s’accompagner d’autant plus d’émotions difficiles à gérer, des troubles d’humeur comme l’irritabilité, mais aussi du stress et de l’anxiété.

Dans la majorité des cas le retour des règles après une fausse couche survient environ 4 à 6 semaines après.

Dans cette période difficile, il est malgré tout important de garder à l’esprit que ce n’est pas parce que vous avez vécu une fausse couche que vous allez nécessairement en avoir une autre, et qu’il est tout à fait possible de retomber enceinte et de mener cette fois-ci la grossesse à terme.

Mettre toutes les chances de votre côté pour retomber enceinte après une fausse couche

Si de manière générale l’utérus a tendance à se remettre rapidement d’une fausse couche et qu’il est souvent possible d’essayer à nouveau d’avoir un bébé après le retour des règles suivant la fausse couche, demandez toujours à votre médecin quand il serait adéquat de vous remettre à essayer de concevoir un enfant selon votre situation personnelle.

Même si la fausse couche n’est pas de votre faute, et qu’on ne peut pas garantir l’issue de la prochaine fécondation, vous pouvez profiter de ce temps pour mettre toutes les chances de votre côté afin de tomber à nouveau enceinte et de la mener à terme.

Voici quelques outils pour vous aider :

Identifier la cause ou les facteurs de risque de la fausse couche

Identifier la cause ou les facteurs de risque de la fausse couche avec votre médecin, et éventuellement agir avec lui si c’est indiqué pour minimiser les risques d’une prochaine fausse couche.

Consulter d’autres praticiens de santé pour travailler de manière holistique

Consulter d’autres praticiens de santé pour travailler de manière holistique sur ces causes et facteurs de risques : nutrithérapeute, naturopathe, chiropracteur, ostéopathe, acupuncteur…

Faire le point des médicaments proscrits pendant la conception

Faire le point des médicaments proscrits pendant la conception et la grossesse avec votre médecin.

Arrêter de fumer

Arrêter de fumer, de boire de l’alcool ou de consommer de la drogue.

Avoir une alimentation saine

Inclure une variété de fruits et de légumes, des protéines animales et végétales de qualité, des féculents complets (riz complet, quinoa, sarrasin etc.) et des bons gras (avocat, huile d’olive, graines, oléagineux, petits poissons gras…). Privilégiez la qualité des aliments et si possible le bio.

Privilégier les aliments qui favorisent l’équilibre hormonal

Légumes à feuilles vertes, choux, fruits rouges, fruits et légumes colorés (ils sont particulièrement riches en antioxydants), petits poissons gras (sardines, maquereaux, harengs, anchois…), protéines animales de qualité…

Eviter les aliments connus pour déséquilibrer les hormones

Sucre raffiné, sucreries, aliments industriels ou très transformés…

Faire le point sur ses carences éventuelles

Si vous avez un régime particulier (végétarien ou vegan par exemple), faites le point avec votre praticien de santé pour éviter les insuffisances et les carences qui peuvent avoir un impact sur la fertilité et la grossesse.

Se complémenter

Eventuellement vous complémenter pour aider votre corps à se remettre de la fausse couche : vous pouvez discuter avec votre médecin de la pertinence de vous complémenter en fer par exemple suite aux saignements caractéristiques de la fausse couche.

Si ce n’était pas déjà le cas, vous pouvez discuter avec votre praticien de santé d’une complémentation prénatale adaptée afin d’optimiser votre fertilité, la qualité des gamètes et de favoriser une grossesse en pleine santé. Par exemple, des quantités suffisantes de vitamines B12, B9, E, D et de minéraux tels que l’iode, le sélénium ou encore le zinc sont nécessaires pour l’implantation.

Impliquer l’homme

Impliquer l’homme et l’encourager lui aussi à manger sain, à arrêter la cigarette, la drogue et l’alcool… La qualité de ses gamètes est importante des deux côtés pour réduire le risque de fausses couches.

demander de l’aide et se reposer

Ne pas hésiter à demander et accepter de l’aide afin de réserver du temps pour vous reposer.

En conclusion

La fausse couche est un événement marquant et rude sur les plans physique et émotionnel. Prendre soin de vous reste le meilleur moyen de mettre toutes les chances de votre côté pour la suite, alors si vous deviez ne retenir qu’un conseil : chouchoutez-vous !

 

SOURCES :

Vidal en ligne : https://www.vidal.fr/sante/grossesse/conception-suivi-grossesse/fausses-couches/causes.html

Jayasena, C.N. et al. « Reduced Testicular Steroidogenesis and Increased Semen Oxidative Stress in Male Partners as Novel Markers of Recurrent Miscarriage. » Clinical Chemistry 65, 1 (2019): 161-169

Hartmann, K.E. et al. « Prospective Cohort Study of Uterine Fibroids and Miscarriage Risk. » Am J Epidemiol. 15, 186 (2017): 1140-1148

Hardy PJ, Hardy K. « Chromosomal instability in first trimester miscarriage: a common cause of pregnancy loss? » Transl Pediatr. 2018;7(3):211–218.

Moroni G, Ponticelli C. « Pregnancy in women with systemic lupus erythematosus (SLE). » Eur J Intern Med. 2016;32:7–12.

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Shah D, Nagarajan N. « Luteal insufficiency in first trimester. » Indian J Endocrinol Metab. 2013;17(1):44–49.

Minebois H, De Souza A, Mezan de Malartic C, et al. « Endométriose et fausse couche spontanée. Méta-analyse et revue systématique de la littérature » [Endometriosis and miscarriage: Systematic review]. Gynecol Obstet Fertil Senol. 2017;45(7-8):393–399.

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A propos de Marion Baudier-Melon
Marion Baudier-Melon (Marion Nutrition) est Nutrithérapeute spécialisée dans les problèmes hormonaux féminins. Formée à Londres et ayant elle-même souffert de dysfonctionnements hormonaux, elle propose des consultations et du contenu éducatif (conférences, ebooks…) pour aider les femmes à surmonter leurs problèmes hormonaux avec l’alimentation et les compléments alimentaires. Ses domaines de prédilection : endométriose, SOPK (syndrome des ovaires polykystiques), SPM (syndrome pré-menstruel), règles difficiles, aménorrhée, fertilité/conception/grossesse, problèmes de pilule ou à l’arrêt de la pilule, hypothyroïdie, acné, chute de cheveux…

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Marion Nutrition