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31.12.2021

Jolly Mama

Tirer son lait : un impact sur sa composition?

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On peut allaiter son enfant directement au sein ou bien tirer son lait. Il est recommandé de donner exclusivement du lait humain au nourrisson jusqu’à ses 6 mois, puis en complément de la diversification alimentaire jusqu’à ses 2 ans.

Le lait humain est particulièrement adapté au nourrisson, tant par sa composition nutritionnelle que par les facteurs bioactifs non nutritionnels qui favorisent la survie et le développement sain.

La composition du lait humain n’est pas fixe

Contrairement aux préparations pour nourrissons, qui sont normalisées dans une fourchette de composition très étroite, la composition du lait humain est dynamique et varie au cours d’un repas, de la journée, de la lactation, et entre les mères et les populations.

L’arrière-lait, défini comme le dernier lait d’une tétée, peut contenir deux à trois fois la concentration en matières grasses du lait que l’on trouve dans l’avant-lait, défini comme le premier lait d’une tétée[1]. Au cours de chaque séance d’allaitement, le lait qui est exprimé en premier est plus fin et contient davantage de lactose, qui satisfait la soif du bébé, et l’arrière-lait, est plus crémeux et contient davantage de matières grasses pour répondre aux besoins du bébé[2]. Par ailleurs, une étude a révélé que la teneur en matières grasses du lait était significativement plus faible lors des tétées de la nuit et du matin par rapport aux tétées de l’après-midi ou du soir[3].

D’autre part, la mélatonine (hormone qui joue un rôle dans la régulation du sommeil) est un composant normal du lait maternel, dont les concentrations sont plus élevées la nuit (pic vers 3 heures du matin) que le jour.

Certains auteurs suggèrent que les mères devraient allaiter dans l’obscurité la nuit afin d’éviter une diminution de la teneur en mélatonine du lait maternel, ce qui pourrait perturber le sommeil du nourrisson. Il a également été suggéré de différencier le lait tiré pendant la journée du lait tiré dans l’obscurité pour les femmes qui tirent du lait pour leur nourrisson, afin de ne pas perturber son cycle de sommeil[4].

Ne vous souciez pas cela dit de quel lait vous donnez au sein à votre bébé, les choses s’équilibrent bien d’elles-mêmes avec un allaitement à la demande : faites confiance à votre corps et à votre enfant.

Et en cas de tire-allaitement ?

En raison de sa teneur élevée en matières grasses, le lait de derrière est plus visqueux, ce qui peut expliquer pourquoi il est difficile de tirer ce lait avec une pompe électrique. Les résultats d’une recherche ont montré que les mères qui utilisaient le pompage manuel avaient une teneur en matières grasses plus élevée dans leur lait que les femmes qui utilisaient uniquement des tire laits électriques[5].

Pour savoir comment tirer son lait, allez voir notre article sur le sujet.

Si les mères ne tirent pas leur lait suffisamment longtemps à chaque séance, leur enfant risque de recevoir principalement du lait d’avant et de ne pas recevoir suffisamment de lait d’arrière[6]. La fréquence de ce phénomène n’a pas encore été documentée et mérite une étude plus approfondie.

Le bébé au sein va avoir un impact sur l’allaitement

Pendant l’allaitement, la salive du bébé réagit avec le lait maternel pour produire des espèces réactives de l’oxygène, tout en fournissant simultanément des précurseurs de molécules favorisant la croissance. Le lait joue donc plus qu’un simple rôle nutritionnel chez les mammifères, car il interagit avec la salive du nourrisson pour produire une puissante combinaison de métabolites stimulants et inhibiteurs qui régulent le microbiote oral, et donc intestinal. Par conséquent, le mélange lait-salive semble représenter une synergie biochimique unique qui renforce l’immunité innée précoce des nouveaux-nés[7].

Tirer son lait peut modifier la composition bactérienne

Pendant le tirage du lait, le lait passe de la tétine à une bride en plastique, traverse une valve et est recueilli dans un biberon. Si elles ne sont pas soigneusement nettoyées, ces surfaces peuvent abriter des bactéries qui peuvent être transférées au lait pendant le tirage du lait[9].

Une étude a mené un essai croisé randomisé à domicile pour déterminer l’effet de l’utilisation de la pompe et des fournitures de collecte d’une femme sur le microbiome du lait humain pompé, par rapport à l’utilisation d’une pompe de qualité hospitalière et de fournitures stériles. Ils fournissent le plus haut niveau de preuve à ce jour que les matériels de pompage peuvent changer radicalement le microbiome du lait humain pompé. En moyenne, le lait recueilli par les femmes avec leur propre matériel de pompage présente des niveaux élevés de bactéries par rapport au contrôle stérile. Toutefois, on ne sait pas encore si cela a un impact sur la santé de l’enfant[10].

Tirer son lait : un impact du mode de conservation sur la composition ?

La perte de nutriments varie en fonction du nutriment et des méthodes de stockage.

Pour savoir comment congeler et comment conserver son lait, allez voir nos articles !

Pour la vitamine C, la perte se produit rapidement, même pendant le processus d’alimentation au biberon avec du lait humain fraîchement exprimé[11]. Tirer son lait diminue sa teneur en vitamine C avec le stockage[12].

Lorsque le lait maternel est conservé à des températures courantes dans les congélateurs domestiques, les lipides sont hydrolysés, les cellules immunologiques sont détruites, et l’activité antioxydante est réduite[13].

Une étude a également montré une diminution significative de la teneur en matière grasse dès 7 jours de stockage à -20°C, et une diminution de la valeur énergétique dès 15 jours[14].

De plus, la décongélation par micro-ondes du lait congelé entraîne une diminution marquée des facteurs anti-infectieux du lait[15]. Il n’est d’ailleurs jamais recommandé de réchauffer son lait au micro-ondes.

Pour savoir comment chauffer son lait, allez voir notre article sur le sujet.

Les concentrations et les activités des principales protéines de défense de l’hôte sont réduites dans le lait humain congelé par rapport au lait humain frais. Il apparaît que la stabilité des différents composants protéiques du lait humain est extrêmement variable, dont ceux ayant une activité anti-microbienne. Le lysozyme, la lactoperoxydase et les IgA voient leur concentration modifiées par un stockage à -20°C (diminution de concentration de 32%, de 66% et de 51% respectivement). En corrélation avec les concentrations réduites de protéines, les activités des protéines de défense sont diminuées par un stockage à -20°C pendant 4 semaines, avec une diminution de 50 à 69%[16].

Par conséquent, le lait exprimé peut ne pas offrir les mêmes avantages nutritionnels et anti-infectieux que le lait obtenu au sein. Les conséquences de ces différences sur la santé du nourrisson sont inconnues et méritent d’être étudiées.

Conclusion

Tirer son lait a un impact sur la composition du lait. La composition du lait maternel va varier, notamment avec le stockage, mais également parce le nourrisson qui se nourrit au sein fait varier la composition du lait !

Cependant, bien qu’il y ait des modifications, on ne sait pas bien encore si cela a un impact sur le nouveau-né.

Mais tirer son lait et le donner au biberon à son bébé est déjà génial, et peut conférer des avantages que l’on retrouve dans un allaitement “directement à la source”.

Si tu tires-allaites mama, saches que tu donnes le meilleur pour ton enfant. Tu peux être fière de toi, car c’est beaucoup de temps et dédication de faire marcher un tire-allaitement !

SOURCES

[1] Saarela, Timo, Jorma Kokkonen, et Maila Koivisto. 2005. « Macronutrient and Energy Contents of Human Milk Fractions during the First Six Months of Lactation ». Acta Paediatrica (Oslo, Norway: 1992) 94 (9): 1176‑81.

[2] Martin, Camilia R., Pei-Ra Ling, et George L. Blackburn. 2016. « Review of Infant Feeding: Key Features of Breast Milk and Infant Formula ». Nutrients 8 (5): 279.

[3] Kent, Jacqueline C., Leon R. Mitoulas, Mark D. Cregan, Donna T. Ramsay, Dorota A. Doherty, et Peter E. Hartmann. 2006. « Volume and Frequency of Breastfeedings and Fat Content of Breast Milk throughout the Day ». Pediatrics 117 (3): e387-395.

[4] « Melatonin ». In Drugs and Lactation Database (LactMed). Bethesda (MD): National Library of Medicine (US), 2006.

[5] Morton, J., J. Y. Hall, R. J. Wong, L. Thairu, W. E. Benitz, et W. D. Rhine. « Combining Hand Techniques with Electric Pumping Increases Milk Production in Mothers of Preterm Infants ». Journal of Perinatology 29, no 11 (novembre 2009): 757‑64.

[6] Rasmussen, Kathleen M., et Sheela R. Geraghty. « The Quiet Revolution: Breastfeeding Transformed With the Use of Breast Pumps ». American Journal of Public Health 101, no 8 (août 2011): 1356‑59.

[7] Al-Shehri, Saad S., Christine L. Knox, Helen G. Liley, David M. Cowley, John R. Wright, Michael G. Henman, Amitha K. Hewavitharana, et al. « Breastmilk-Saliva Interactions Boost Innate Immunity by Regulating the Oral Microbiome in Early Infancy ». PLoS ONE 10, no 9 (1 septembre 2015): e0135047.

[8] Riskin, Arieh, Meital Almog, Regina Peri, Katy Halasz, Isaac Srugo, et Aharon Kessel. « Changes in Immunomodulatory Constituents of Human Milk in Response to Active Infection in the Nursing Infant ». Pediatric Research 71, no 2 (février 2012): 220‑25.

[9] Reyes, Sarah M, Dainelle L Allen, Janet E Williams, Mark A McGuire, Michelle K McGuire, Anthony G Hay, et Kathleen M Rasmussen. « Pumping supplies alter the microbiome of pumped human milk: An in-home, randomized, crossover trial ». The American Journal of Clinical Nutrition 114, no 6 (1 décembre 2021): 1960‑70.

[10] Reyes, Sarah M, Dainelle L Allen, Janet E Williams, Mark A McGuire, Michelle K McGuire, Anthony G Hay, et Kathleen M Rasmussen. « Pumping supplies alter the microbiome of pumped human milk: An in-home, randomized, crossover trial ». The American Journal of Clinical Nutrition 114, no 6 (1 décembre 2021): 1960‑70.

[11] Ballard, Olivia, et Ardythe L. Morrow. « Human Milk Composition: Nutrients and Bioactive Factors ». Pediatric clinics of North America 60, no 1 (février 2013): 49‑74.

[12] Garza, C., C. A. Johnson, R. Harrist, et B. L. Nichols. « Effects of Methods of Collection and Storage on Nutrients in Human Milk ». Early Human Development 6, no 3 (juillet 1982): 295‑303.

[13] Rasmussen, Kathleen M., et Sheela R. Geraghty. « The Quiet Revolution: Breastfeeding Transformed With the Use of Breast Pumps ». American Journal of Public Health 101, no 8 (août 2011): 1356‑59.

[14] García-Lara, Nadia Raquel, Diana Escuder-Vieco, Oscar García-Algar, Javier De la Cruz, David Lora, et Carmen Pallás-Alonso. « Effect of Freezing Time on Macronutrients and Energy Content of Breastmilk ». Breastfeeding Medicine 7, no 4 (1 août 2012): 295‑301.

[15] Quan, R., C. Yang, S. Rubinstein, N. J. Lewiston, P. Sunshine, D. K. Stevenson, et J. A. Kerner. « Effects of Microwave Radiation on Anti-Infective Factors in Human Milk ». Pediatrics 89, no 4 Pt 1 (avril 1992): 667‑69.

[16] Akinbi, Henry, Jareen Meinzen-Derr, Christine Auer, Yan Ma, Derek Pullum, Ryosuke Kusano, Krzysztof J. Reszka, et Kira Zimmerly. « Alterations in the Host Defense Properties of Human Milk Following Prolonged Storage or Pasteurization ». Journal of Pediatric Gastroenterology and Nutrition 51, no 3 (septembre 2010): 347‑52.