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27.10.2020

par Marion Baudier Melon, nutrithérapeuthe

Tout ce qu’il faut savoir sur le SPM

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Le fameux syndrome prémenstruel (SPM) ! Chanceuses sont les femmes qui n’en ont jamais fait l’expérience. Certaines études estiment que 13-20% de femmes qui souffrent de ce syndrome, mais il est très peu diagnostiqué et on estime que cela toucherait jusqu’à 75% des femmes en âge de procréer.

De léger à sévère, de quelques jours à plusieurs semaines, le SPM nous fait la courtoisie de nous annoncer l’arrivée de nos règles… mais en toute franchise on pourrait bien s’en passer ! Voici donc quelques informations pour mieux le comprendre et l’apprivoiser.

Le SPM, qu’est-ce que c’est ? Quels sont les symptômes ?

Le syndrome prémenstruel est caractérisé par un ensemble de symptômes qui peuvent arriver 1, 2, 3 jours avant les règles… voire une bonne dizaine de jours avant les règles, lors de la deuxième phase du cycle menstruel que l’on appelle la phase lutéale et qui commence après l’ovulation.

Les symptômes sont très variés :

–    maux de tête ou migraines

–    irritabilité

–    fragilité émotionnelle

–    crises de larmes sans raison

–    seins tendus, gonflés, sensibles voire douloureux

–    ballonnements

–    rétention d’eau

–    fatigue

–    troubles du sommeil

–    fringales de sucre

–    crampes ou douleurs dans le bas ventre

–    poussées d’acné… [1]

Il n’est pas nécessaire de subir tous ces symptômes pour avoir le syndrome prémenstruel, un seul ou quelques-uns suffisent[2]. Il n’y a pas de critères de diagnostic précis, vous pouvez faire une simple auto-évaluation sur plusieurs cycles.

Chez certaines femmes, le syndrome prémenstruel est très léger, chez d’autres il est sévère voire handicapant. Si votre cycle menstruel est régulier et que vos règles reviennent tous les mois, c’est un syndrome qui peut réellement affecter votre qualité de vie !

Trouble dysphorique prémenstruel (TDPM )

D’autant plus que chez certaines femmes, les symptômes sont tellement sévères et présents sur la durée qu’il ne s’agit plus de syndrome prémenstruel mais de trouble dysphorique prémenstruel (TDPM). La différence réside dans l’intensité des symptômes, et dans le fait que les symptômes psychiatriques soient au premier plan comme une humeur dépressive ou une anxiété particulièrement intense[3], comme s’il s’agissait d’une dépression cyclique.

Pour le diagnostiquer le TDPM, le DSM-IV (le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, un ouvrage de référence) requiert la présence d’au moins cinq des symptômes suivants chez une femme, dont au moins un affectant l’humeur durant la semaine précédant l’arrivée des règles :

–    humeur dépressive marquée ou sentiment de désespoir

–    anxiété marquée

–    fragilité émotionnelle marquée

–    colère ou irritabilité marquée et persistante

–    diminution de l’intérêt pour les activités habituelles

–    difficultés à se concentrer

–    léthargie ou fatigabilité excessive

–    modifications marquées de l’appétit

–    hypersomnie ou insomnie

–    sentiment de perte de contrôle

–    autres symptômes associés au syndrome prémenstruel (listés ci-dessus)[4].

Qui est concerné par le syndrome prémenstruel  ?

On estime que ce syndrome toucherait environ 75 % des femmes en âge de procréer voire encore davantage, ce qui est loin d’être négligeable ! Quant au TDPM, on estime que 3 à 8% des femmes en âge de procréer manifesteraient les critères de diagnostic, mais en réalité l’incidence de ce syndrome serait plus élevée avec potentiellement 13 à 18% des femmes en âge de procréer souffrant de symptômes assez sévères pour considérablement entraver leur quotidien [5].

Comment expliquer le syndrome prémenstruel  ?

Pour pouvoir expliquer le syndrome prémenstruel, il convient de faire une petite révision des hormones intervenant dans le cycle menstruel.

Le cycle menstruel se décompose en deux phases : la phase folliculaire (du premier jour de vos règles à l’ovulation), et la phase lutéale (de l’ovulation jusqu’à la veille des règles suivantes).

–    la phase folliculaire est caractérisée par la production d’oestrogène par les ovaires qui permet de « préparer le terrain » pour une éventuelle grossesse : maturation des ovocytes dans les ovaires, épaississement de l’endomètre pour accueillir un éventuel embryon… L’accumulation de l’oestrogène dans le sang aboutit à l’ovulation lors de laquelle un ovule sort de l’un des deux ovaires.

–    la phase lutéale est caractérisée par la production de progestérone par l’ovule. Si l’ovule est fécondé et que l’embryon ainsi formé vient se fixer sur l’utérus, alors l’embryon puis le placenta continueront de sécréter de la progestérone jusqu’à l’accouchement. Si l’ovule n’est pas fécondé, il finit par disparaître, ce qui fait chuter la progestérone et déclenche les règles.

Pour résumer, en théorie la phase folliculaire est dominée par la sécrétion d’oestrogène alors que la phase lutéale est dominée par la sécrétion de progestérone.

Or on peut faire l’expérience du syndrome prémenstruel quand la progestérone ne domine pas lors de la phase lutéale. Cela peut prendre deux formes différentes :

–    soit la progestérone est sécrétée en quantités suffisantes mais l’oestrogène est sécrété en quantités excessives. Relativement, il y a trop d’oestrogène par rapport à la progestérone ;

–    soit la progestérone est trop peu sécrétée, dans ce cas l’oestrogène domine de fait sur la  progestérone.

Le syndrome prémenstruel est donc le fait d’un ratio déséquilibré entre oestrogène et progestérone (oestrogène > progestérone) [6].

Par ailleurs, il semblerait que l’inflammation chronique joue un rôle dans le syndrome prémenstruel puisqu’elle peut bloquer les récepteurs de la progestérone et stimuler les récepteurs d’oestrogène.

Néanmoins ce syndrome reste mal compris et d’autres mécanismes interviennent probablement dans l’apparition des symptômes.

Quels traitements pour le syndrome prémenstruel  ?

Il n’y a pas de traitement ou de médicaments qui traitent le syndrome prémenstruel à proprement parler.

Cependant, il est courant de proposer la pilule pour soulager les symptômes. En effet, la pilule met les ovaires en pause, ainsi ils ne produisent plus d’oestrogène, l’ovulation n’est pas déclenchée, et il n’y a pas d’ovule pour produire de progestérone. Vos hormones sexuelles sont à plat, et le SPM ne peut pour ainsi dire pas exister. Si ce n’est que quand on arrête la pilule, le SPM finit souvent par resurgir.

Une autre option proposée par la médecine est la crème à la progestérone qui peut venir compenser une insuffisance de progestérone naturelle.

Enfin, pour traiter les symptômes émotionnels et neurologiques, les médecins peuvent également prescrire des antidépresseurs.

 

Comment apaiser le syndrome prémenstruel au naturel ?

Il est tout à fait possible de réguler naturellement vos hormones et de vivre un cycle apaisé.  La clef consiste souvent à rééquilibrer les hormones oestrogènes et progestérone et à réduire l’inflammation.

Favoriser la production de progestérone

–    réduire le stress : en situation de stress, le corps produit du cortisol et peut réduire la production de progestérone. Car la priorité est alors à la gestion du stress et non à la reproduction. Ce n’est pas une tâche aisée, mais il s’agit de trouver la méthode qui vous convient : yoga, méditation, exercices de respiration, réorganisation de votre emploi du temps… [7]

–    éventuellement prendre des compléments alimentaires : le magnésium, la vitamine B6 ou encore le gattilier [8]* peuvent largement aider.

Réduire l’excès d’oestrogène

–    aider le foie dans son travail de régulation hormonale : il est notamment en charge de mettre de côté l’oestrogène en excès pour ensuite le faire excréter du corps. Manger des aliments de la famille des choux peut ici être d’une grande aide.

–    éventuellement prendre des compléments alimentaires en vitamines du groupe B, en magnésium et zinc, des nutriments qui aident également le foie à se débarrasser de l’oestrogène en trop.

Apaiser l’inflammation

–    manger des protéines et des bons gras à chaque repas et à chaque collation : ils permettent de ralentir l’absorption des glucides (c’est-à-dire les sucres) dans le sang, évitant des variations trop importantes de la glycémie (taux de sucre dans le sang) et l’inflammation qui peut s’en suivre. L’inflammation est le terreau des dérèglements hormonaux et peut contribuer à l’excès d’oestrogène par rapport à la progestérone. Cela permettra par ailleurs de réduire voire d’éviter les fringales de sucré caractéristiques du syndrome prémenstruel.

–    adopter une alimentation anti-inflammatoire : éviter les aliments transformés et industriels qui sont inflammatoires, et privilégier les aliments bruts et naturels de qualité qui sont anti-inflammatoires. En plus tous ces conseils devraient bénéficier plus généralement à votre santé hormonale !

En conclusion

Le SPM a beau être commun, il n’est donc pas une fatalité. Néanmoins, n’oublions pas notre nature cyclique inhérente en tant que femmes : les variations hormonales du cycle menstruel impliquent nécessairement des variations d’énergie. Ainsi, il est est normal d’avoir une petite baisse de régime lors de la phase lutéale et des règles. Accueillir et accepter cette période propice à l’introspection en ralentissant notre rythme peut nous aider à être plus en phase avec notre nature cyclique et à réduire le syndrome prémenstruel[9].

 

*Attention à ne pas vous auto-complémenter, les compléments alimentaires ne sont pas anodins, peuvent interférer avec d’autres compléments, des aliments et des médicaments, ne pas être adaptés à votre situation personnelle, sans compter qu’il faut bien les choisir et adapter les dosages. Il est donc préférable de se faire conseiller par un praticien de santé spécialisé en nutrition (naturopathe ou nutrithérapeute par exemple).

 

Marion Baudier-Melon (Marion Nutrition) est Nutrithérapeute spécialisée dans les problèmes hormonaux féminins. Formée à Londres et ayant elle-même souffert de dysfonctionnements hormonaux, elle propose des consultations et du contenu éducatif (conférences, ebooks…) pour aider les femmes à surmonter leurs problèmes hormonaux avec l’alimentation et les compléments alimentaires. Ses domaines de prédilection : endométriose, SOPK (syndrome des ovaires polykystiques), SPM (syndrome pré-menstruel), règles difficiles, aménorrhée, fertilité/conception/grossesse, problèmes de pilule ou à l’arrêt de la pilule, hypothyroïdie, acné, chute de cheveux…

 

Sources

[1] NHS. « Premenstrual syndrome » (2018); [online] (accessed 21/10/2020)

[2] ICD-10

[3] Grady-Weliky TA. « Clinical practice. Premenstrual dysphoric disorder ». N Engl J Med 348 (2003):433-8

[4] Hugin-Flores M., Steimer T. « Physiopathologie du trouble dysphorique prémenstruel » Rev Med Suisse vol 2 (2002)

[5] Halbreich U., Borenstein J., Pearlstein T. et al. « The prevalence, impairment, impact, and burden of premenstrual dysphoric disorder (PMS/PMDD) » Psychoneuroendocrinology 18 suppl 3 (2003):1-23

[6] Yonkers K.A., O’Brien P.M.S., Eriksson, E. « Premenstrual Syndrome » Lancet 371 (2008):1200-1210

[7] Navamar Jahromi B., Pakmehr, S., Hagh-Senas H. « Work Stress, Premenstrual Syndrome and Dysphoric Disorder: Are There Any Associations? » Iran Red Crescent Med J 13(3) (2011):199-202

[8] He Z., Chen R., Zhou Y. et al. « Vitex agnus castus: Successful treatment of moderate to severe premenstrual syndrome » Maturitas 55(1) 2006:555-563

[9] Northrup C. Women’s Bodies, Women’s Wisdom: Creating Physical and Emotional Health and Healing, 5th edition (2020), Bantam.

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