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01.12.2020

par Jolly Mama

Vivre avec l'endométriose

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Qu’est-ce que l’endométriose ? Comment la diagnostiquer ? Quels traitements pour l’endométriose ? Existe-il des solutions naturelles pour la “manager” sans effet secondaire ? On a fait le point !

Qu’est-ce-que l’endométriose ?

L’endométriose est une maladie au cours de laquelle des fragments de tissus similaires aux tissus de la muqueuse utérine – appelée aussi «endomètre » –, se développent en dehors de l’utérus. Ces îlots de muqueuse utérine constituent des foyers d’endométriose, en colonisant le plus souvent des organes du bas ventre via les trompes de Fallope (les intestins, les ovaires, l’intestin ou la vessie). Plus rarement, ils peuvent atteindre d’autres organes en remontant jusqu’aux poumons ou au cerveau (même si c’est très rare) !

Comme la muqueuse utérine, les foyers d’endométriose ressemblant à et se comportant comme l’endomètre : ils grossissent pendant la phase folliculaire, et cherchent à s’écouler lors de règles.

Le sang menstruel qui se trouve dans l’utérus s’écoule par le vagin. Mais hors de l’utérus, il n’existe pas de “porte de sortie”. Cela provoque donc une inflammation et des douleurs. Les tissus touchés évoluent ensuite vers la cicatrisation, entraînant des adhérences cicatricielles, puis des aspérités comme des kystes suite à la superposition de cicatrices.

On estime qu’environ 10% des femmes en âge de procréer (entre 15 et 49 ans) sont atteintes d’endométriose, ce qui représente plus de 176 millions de femmes dans le monde [1]. Poser un premier diagnostic est une première étape importante pour commencer une prise en charge adaptée.

Quels sont les symptômes de l’endométriose ?

L’endométriose peut être asymptomatique (“silencieuse”) ou être au contraire très invalidante.

En cas de symptômes, ils peuvent être multiples : douleurs, troubles fonctionnels des organes voisins etc.

La maladie peut également être dite “évolutive”, avec des symptômes qui s’aggravent dans le temps, avec la dissémination des îlots de cellules menstruelles à travers le corps.

Le saviez-vous ?

Il n’existe pas toujours de lien entre l’intensité des troubles et le degré de sévérité de la maladie :

Quelques foyers d’endométriose sur le bas ventre peuvent suffire à occasionner de violentes douleurs invalidantes.

Une endométriose silencieuse n’est pas sans conséquence sur notre santé et peut être à l’origine d’une infertilité. Pour plus de détails sur l’endométriose et l’infertilité, aller voir cet article.

Les premiers signes de l’endométriose

Les premières douleurs peuvent généralement apparaître :

– Lors des règles, notamment en irradiant le bas du dos dans la région du sacrum

– Lors des rapports sexuels ou lors de l’insertion d’un tampon

– Lors des mictions

– Quand on va à la selle pendant les règles

D’autres symptômes possibles sont des coliques ou des douleurs diffuses dans le bas du ventre.

Évolution plus avancée de la maladie

Lorsque des adhérences et des cicatrices apparaissent, les douleurs surviennent de manière plus indépendante du cycle.

Les symptômes varient d’une femme à l’autre, selon les organes touchés.

Ces douleurs au niveau des foyers d’endométriose peuvent également s’accompagner de troubles comme : une fatigue importante, une sensation de malaise, une baisse de l’humeur.

L’endométriose peut s’accompagner également de problèmes d’infertilité. En cas de désir d’enfant, si vous rencontrez des difficultés pour concevoir, on peut vous proposer de commencer un parcours de PMA (procréation médicalement assistée).

Diagnostiquer l’endométriose

Chirurgie (célioscopie) vs ultrason pour établir un diagnostic

La chirurgie serait le seul moyen pour diagnostiquer une endométriose. La chirurgie s’appelle la coelioscopie (ou laparoscopie mais coelioscopie est davantage utilisée en France). Une échographie peut ne pas forcément mettre en évidence une endométriose [2]. De nouvelles recherches en Australie laissent à penser qu’un ultrason transversal pourrait déceler les lésions et permettre de poser un diagnostic [3]. Pour confirmer on peut faire un IRM si besoin. Ou alors faire un IRM parce qu’on suspecte l’endométriose mais qu’on ne voit rien à l’échographie.

Des recherches sont en cours pour la mise au point de tests permettant de déceler des marqueurs biologiques dans le sang, l’urine, le sang menstruel ou la salive [4].

Quelles sont les causes de l’endométriose ?

Les scientifiques ne savent pas aujourd’hui exactement ce qui cause l’endométriose. C’est sûrement une maladie multifactorielle qui a des conséquences multiples sur notre santé, notamment hormonale . L’endométriose ne serait pas une maladie causée par notre alimentation ou un style de vie, même si en soignant son alimentation et en limitant les sources d’inflammation on peut la contrôler. Plusieurs pistes sont évoquées :

Facteurs génétiques

Il existerait certains gènes qui prédisposent à souffrir de l’endométriose [5]. Une femme a plus de chance de souffrir de l’endométriose si sa mère ou sa soeur en sont atteintes [6].

Substances dans l’environnement

Des substances toxiques de l’environnement, comme par exemple la dioxine, pourraient être également liées à son apparition [7].

La menstruation “rétrograde» ou la théorie de l’implantation

Il existe une cause “mécanique”, pouvant être impliquée dans son apparition. Pendant les règles, la majorité du sang s’écoule vers le vagin vers l’extérieur. Chez la plupart des femmes, une partie du sang s’écoule aussi dans la cavité abdominale en remontant par les trompes. On appelle ce phénomène la «menstruation rétrograde». Ce sang qui remonte vers la cavité abdominale contient des cellules de la muqueuse utérine.

On a longtemps pensé que la menstruation rétrograde était en cause dans l’apparition de l’endométriose, mais cette théorie est de moins en moins reconnue car le plupart des femmes connaissent une menstruation rétrograde, mais seulement 5 à 10% d’entre elles développent une d’endométriose.

Certains chercheurs pensent en fait que les tissus d’endométriose seraient présent dès la naissance, en “latence”, avant que les hormones à la puberté ne les « activent », ou encore que certaines femmes présenteraient des anomalies ou des dysfonctions au niveau de l’endomètre lui-même ou encore au niveau de l’environnement de la cavité abdominale, permettant ainsi le développement de cette maladie[8]. Les cellules de l’endomètre ayant reflué doivent en effet adhérer, s’implanter, proliférer et créer de nouveaux vaisseaux sanguins pour qu’il soit possible de parler d’endométriose.

Une dysfonctionnement immunitaire

Une des pistes de plus en plus étudiée est celle de la piste immunitaire [9]. L’endométriose partagerait beaucoup de points communs avec d’autres maladies auto-immunes [10], dans lesquelles les lésions peuvent établir une vascularisation.

Le lien avec les problèmes digestifs

Le plus souvent, l’endométriose va de pair avec les problèmes digestifs.. Environ 90% des femmes atteintes d’endométrioses sont touchées par le syndrome du côlon irrité [11].

Les lésions et les adhésions peuvent en effet apparaître sur les intestins, causant ensuite des problèmes digestifs. Et en même temps, les problèmes digestifs peuvent aggraver l’endométriose, car notre digestion est très liée à notre immunité. Si la digestion est contrariée, le système immunitaire va d’activer et produire des cytokines inflammatoires.

Un” leaky gut” (quand la barrière intestinale est trop perméable et permet à trop de mauvaises bactéries de passer et d’entrer, et ainsi d’activer notre système immunitaire). Une toxine inflammatoire, la LPS (lipopolysaccharide, endotoxine issue des bactéries Gram négatif de l’intestin, notamment l’Echerichia coli), peut alors fuir dans le sang et créer ainsi une trop grande pression sur le foie, qui surmené, se retrouve incapable de gérer la détoxification des hormones.

Cela peut ainsi entraîner une inflammation et un risque de maladie auto-immune [12], et stimuler l’endométriose [13][14].

Quels traitements pour l’endométriose ?

Après le diagnostic, se pose la question du traitement. L’endométriose se soigne mais ne guérit pas. Il n’existe pas aujourd’hui de traitements définitifs de l’endométriose, même si l’hormonothérapie et/ou la chirurgie peuvent contenir l’évolution de cette maladie durant plusieurs années selon les cas.

Tant que toutes les lésions ectopiques n’ont pas été supprimées chirurgicalement, la maladie peut récidiver et se propager à d’autres tissus.

La grossesse ou l’allaitement, s’il entraîne un retour de couche tardif, améliorent temporairement l’endométriose, offrant ainsi des périodes de rémission.

L’endométriose diminue et disparaît généralement après la ménopause. Il est cependant possible que les symptômes persistent même après la ménopause, si les adhérences et les tissus cicatriciels sont importants.

Lutter contre les douleurs

Les médicaments pour soulager les douleurs

On peut utiliser des antalgiques pour diminuer les symptômes.

L’hormonothérapie

L’endométriose serait d’abord une maladie inflammatoire, pas une maladie hormonale. Mais les hormones jouent cependant un rôle dans son développement. Le but des traitements médicamenteux est de priver l’organisme d’oestrogènes, qui va favoriser la croissance de l’endomètre et des lésions d’endométriose.

La première étape est de supprimer les règles, pour éviter que les lésions d’endométriose disséminées dans le corps saignent créant  d’autres adhérences et participent à la dissémination de la maladie.

Pour provoquer cette aménorrhée, on peut ainsi donner une pilule en continu ou poser un stérilet libérant un progestatif, le lévonorgestrel.

En l’absence d’une efficacité suffisante de ce traitement, l’option suivante est de provoquer une ménopause artificielle pour bloquer complètement la fonction ovarienne.

Ce traitement par des médicaments dits «analogues de la LH-RH» met en ménopause artificielle en inhibant la synthèse d’œstrogènes directement au niveau de l’hypophyse, et bloquant ainsi l’ovulation.

Ce traitement permet d’ assécher les foyers d’endométriose. On peut ainsi soulager les douleurs et éviter la formation de nouveaux foyers. L’emploi de ces traitements engendre temporairement un état comparable à la ménopause, avec les troubles associés comme les bouffées de chaleur, des fluctuations d’humeur.

Ces traitements hormonaux présentent cependant plusieurs inconvénients :

– Ils sont contraceptifs

– Ils ne guérissent pas la maladie, la mettent simplement en sommeil

– Ils ont des lourds effets secondaires, avec des problématiques comme des troubles de la fertilité, une prise de poids et l’augmentation du risque de cancer lors de la prise de pilule sur la durée

– En inhibant la production naturelle d’hormones, et en ajoutant une dose importante d’hormones synthétiques dans notre organisme, ces traitements perturbent le fragile écosystème hormonal. Par ricochet, les autres hormones voient leur production impactée (voir là-dessus notre article les dessous de la pilule)

la Chirurgie

La chirurgie est le traitement de référence de l’endométriose car elle permet l’ablation des lésions de façon aussi exhaustive que possible, surtout au début de la maladie. Dans la plupart des cas, les symptômes douloureux peuvent disparaître pendant de nombreuses années, voire totalement.

Mais les résultats dépendent de l’évolution de la maladie (il sera compliqué de venir à bout de tous les îlots de muqueuse utérine si la maladie s’est développée) et de l’expérience du chirurgien. Le taux de résurgence après une opération est de 21% après 2 et 40-50% après 50 ans[15], mais dans certains cas la chirurgie peut presque éradiquer les lésions.

Au cours d’une laparoscopie qui confirmera le diagnostic, on élimine avec la chirurgie tous les foyers visibles d’endométriose, en préservant les tissus sains. Cette technique nécessite beaucoup de précision et s’effectue à l’aide d‘un laser ou d’un courant électrique.

Les médecines complémentaires

Une alimentation peu inflammatoire peut vraiment faire la différence sur l’endométriose.

La naturopathie peut soulager l’endométriose de plusieurs façons :

Réduire l’inflammation via un rééquilibrage alimentaire

On privilégiera des aliments non transformés, bio, des aliments dits « anti-inflammatoires » comme le curcuma, les aliments sources d’oméga 3, les légumes à feuilles vertes, les algues, les graines germées par exemple.

On évitera à l’inverse des aliments « très inflammatoires », comme les viandes (rouges notamment), les céréales contenant du gluten et les laitages.

A noter que le régime alimentaire idéal restera propre à chacun, par exemple les aliments crus ne seront pas adaptés à toutes. Il est ainsi conseillé de consulter un naturopathe afin d’être accompagné.

Une étude néo-zélandaise a étudié les effets d’un régime pauvre en FODMAP, traditionnellement prescrit lors du syndrôme du colon irritable, sur les symptômes de l’endométriose[16]. Ce régime limite les aliments contenant des glucides ou sucres qu’on dit «fermentescibles», comme les fructanes (oignons, ail, blé, seigle, pêches, melon d’eau), le lactose (lait, yogourt, crème glacée, fromages), le Fructos en excès du glucose (miel, jus de fruits, fruits séchés…), le Mannitol (polyol) et le Sorbitol.

On peut aussi soigner son foie, en mangeant régulièrement des légumes amers comme le pissenlit, les endives, la roquette ou l’artichaut. Un foie fatigué qui ne se débarrasse pas assez bien de l’oestrogène contribue à un excès d’oestrogène qui contribue à la maladie

Mieux gérer son stress

Plusieurs façons pour y arriver : exercice physique, réflexologie plantaire, exercices de respiration, ostéopathie..

Libérer la zone pelvienne

On libère la zone pelvienne de pression pour éviter les stagnations, afin de réduire la durée et l’intensité des douleurs menstruelles.

On veillera à soulager la constipation s’il y a besoin.

L’ostéopathie contre les adhérences

Il y a des ostéopathes spécialisés dans l’ostéopathie pelvienne.

Durant sa séance, l’ostéopathe va pouvoir travailler au niveau du système gynécologique mais aussi digestif ainsi qu’au niveau des lombaires. Le travail de l’ostéopathe sera de décoller les adhérences.

Il s’attardera aussi à relancer la circulation sanguine et à lever les tensions ligamentaires qui se sont accumulées, surtout au niveau du bassin pour redonner plus de mobilité aux tissus internes. Le soulagement sera rapide car le corps va sécréter des endorphines ce qui entraînera un sentiment d’apaisement puis les techniques réalisées auront un effet qui perdure dans le temps [17].

Réduire au maximum l’exposition aux perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens sont souvent des xéno-oestrogènes : ils agissent sur nos récepteurs hormonaux, en influençant les processus de synthèse, de sécrétion, de transport, de stockage, de libération, d’action ou d’élimination des hormones. Ils peuvent ainsi « dérégler » le cycle hormonal.

Exit donc les additifs alimentaires, les emballages plastiques ou les outils de cuisine en plastique ou avec des revêtements anti-adhésif.

On passe à des ustensiles et des contenants en inox, en pierre, ou en verre; on cuisine un maximum « maison »; on aère bien tous les jours; on passe à la cosmétique bio, sans BPA et parabènes, phtalates, on arrête de boire de l’eau dans les bouteilles plastiques.` Et en prime, on fait du bien à sa santé tout court !

Utiliser des méthodes naturelles pour soulager les douleurs

Prendre un bain, se faire une bouillotte sèche de graines de lin ou une bouillotte toute simple.

Les tisanes, nos alliées santé

On peut boire des tisanes de plantes comme l’Achillée Millefeuille (Achillea millefolium), le fenouil (foeniculum vulgare), la camomille (Matricaria camomille) ou les feuilles de framboisier.

L’Achillée Millefeuille a un rôle antispasmodique et anti-inflammatoire. En tisane : 2 g de sommités fleuries dans 200 ml d’eau.

La camomille aurait également un effet anti-inflammatoire aussi.

Le fenouil aurait des vertus antispasmodiques. En tisane :1,5 à 2,5g de fruits écrasés en infusion dans 150 ml d’eau à boire 3 fois par jour.

Les tisanes de feuilles de framboisier sont intéressantes pour calmer les douleurs.

D’autres plantes intéressantes pour votre santé menstruelle [18] :

Le Gattilier (agnus castus) qui a un effet progestatif (à ne pas prendre si vous êtes sous pilule!)

L’Alchémille (alchemilla vulgaris), une plante aux propriétés astringentes et hémostatiques qui permet une meilleure régulation du cycle et qui relance la production de progestérone. Attention au risque de constipation.

Ou encore des plantes anti inflammatoires comme le gingembre (Zingiber officinale)

Les massages avec des huiles essentielles

Lors des règles douloureuses, un mélange d’huile essentielle de menthe poivrée, clou de girofle et sauge sclarée (30%) peut être diluée dans de l’huile d’amande douce (70%). A utiliser en massage sur le bas ventre trois fois par jour. La menthe poivrée a des vertus antispasmodiques[19].

L’huile essentielle de lavande officinale et la rose de mai peuvent aussi être utilisées car agissent sur la congestion pelvienne.

Une étude a évalué l’intensité des dysménorrhées chez des femmes réalisant un massage abdominal de dix minutes avec des huiles essentielles face (n=184) à des femmes réalisant le même massage avec une huile neutre (n=178). Il en résulte une amélioration du score de douleur dès les premiers jours des règles chez les femmes du groupe expérimental.

Attention aux huiles essentielles si vous allaitez !

Nettoyer et revitaliser les émonctoires

Pour soulager les symptômes de l’endométriose, il est important de soulager vos émonctoires (foie, poumons, peau, intestin, reins) qui assurent le nettoyage et le rejet des toxines. On pense par exemple au brossage à sec ou à différentes méthodes de réflexologie.

Soigner son microbiote

Prendre soin de son microbiote intestinal est clé pour atténuer l’endométriose. En effet, un microbiote à l’équilibre permet de réguler le système immunitaire et l’inflammation qui sont en cause dans l’endométriose, de favoriser l’intégrité de la barrière intestinale et donc d’éviter l’effet “leaky gut” autrement dit la perméabilité intestinale, ou encore de réguler les niveaux d’oestrogènes en circulation. Une insuffisance de “bonnes” bactéries et/ou la prolifération de “mauvaises” bactéries peuvent contrarier ces mécanismes et contribuer à l’endométriose. En particulier, la perméabilité intestinale peut favoriser le passage de LPS dans la circulation sanguine, pouvant générer de l’inflammation chronique qui joue un rôle dans les douleurs associées à l’endométriose.

Pour prendre soin de son microbiote, on peut éviter/ne pas abuser de certains médicaments qui peuvent y nuire comme les antibiotiques (sauf si nécessaire bien sûr), la pilule ou encore les anti-inflammatoires, réduire le stress, réduire voire éviter le sucre raffiné (dont les “mauvaises” bactéries raffolent), manger une diversité de fibres (dont se nourrissent les “bonnes” bactéries) si notre digestion nous le permet, éviter les aliments auxquels on est sensibles qui pourront favoriser la perméabilité intestinale, et éventuellement se complémenter en pré et probiotiques. Un microbiote en bonne santé, c’est une réponse immunitaire et un foie en bonne santé, et un organisme plus à même de lutter contre l’endométriose.

Les nutriments intéressants pour prendre soin de votre santé hormonale et combattre l’endométriose

Le zinc

Le zinc est un puissant régulateur immunitaire qui permettrait de réduire l’inflammation. Les chercheurs ont mis en évidence le fait qu’une carence en zinc pourrait jouer un rôle dans le développement de l’endométriose [20].

Meilleures sources : fruits de mer, foie,  lentilles  : pas consommées couramment.

Attention si complémentation : ne pas se complémenter en zinc sur le long terme car ça peut générer des carences en cuivre. De manière générale : ne pas s’auto-supplémenter et se faire conseiller par un praticien de santé.

Le sélénium

Le sélénium joue également un rôle anti-inflammatoire.

Il module et normalise la réponse immunitaire. Il est également essentiel pour la production de progestérone, qui réduit la croissances des lésions (au contraire de l’oestrogène) [21].

Il a un rôle important également pour la fonction thyroïdienne, elle-même importante pour réguler le cycle et les hormones sexuelles. Une étude a montré que des taux suffisants de sélénium étaient corrélés avec un risque réduit de développer une endométriose [22].

Où en trouver : Un peu partout. 1 noix du brésil par jour suffit pour couvrir vos besoins journaliers.

Attention trop de sélénium peut être toxique, donc ne pas dépasser 200 mcg par jour, y compris des sources alimentaires comme les noix du brésil

Le resvératrol

Le resvératrol est un phytonutriment présent dans les raisins, les fruits rouges notamment. Il réduirait la réponse inflammatoire des cytokines. Il jouerait également un rôle dans la régulation de l’aromatase, une enzyme qui synthétise l’estrogène [23][24].

Le N-acetyl cysteine (NAC)

Le N-acétyl cystéine (NAC) est un acide aminé étudié dans une étude récente pour ces effets sur l’endométriose. Le NAC est un précurseur du glutathion, un des antioxydants de notre organisme et un régulateur immunitaire. Il aurait ainsi un effet sur l’inflammation.

Dans l’étude, sur les 47 femmes qui ont eu le traitement avec le NAC, plus de la moitié ont annulé leur chirurgie suite à la disparition de leurs douleurs, de leur kystes, ou l’apparition d’une grossesse [25].

Attention si vous souffrez d’ulcère à l’estomac car le NAC peut l’aggraver. Ne pas s’auto-supplémenter et se faire conseiller par un praticien de santé.

Le curcuma

La curcumine que l’on retrouve dans le curcuma retarderait le développement de l’endométriose en inhibant l’activité de certains sous-types des des métalloprotéases matricielles (MMP). Ces MPP ont un rôle dans le processus d’invasion des tissus par les tissus endométriosiques. Elle aurait aussi un impact sur Nuclear Factor Kappa-B, qui serait à l’origine de l’inflammation des cellules endométriales [26]

Enfin, elle permettrait de supprimer la production locale d’oestrogène au niveau des lésions [27], et inhiberait la vascularisation des nouveaux vaisseaux sur les lésions [28].

Attention avec le curcuma en complément alimentaire.Les personnes sous anticoagulants doivent demander conseil à leur médecin comme c’est le cas pour de nombreuses plantes d’ailleurs. Évitez d’en consommer la veille d’une opération.
L’EFSA déconseille également aux femmes enceintes de prendre des formules de curcuma concentrée en curcumine.
Les antioxydants

Une étude (essai contrôlé aléatoire) a été menée sur la supplémentation en antioxydants, en effet le stress oxydatif jouerait un rôle dans le développement de l’endométriose. Un groupe de femmes a reçu 1200 UI de vitamine E ainsi que 1g de vitamine C durant huit semaines, en comparaison aux patientes n’ayant reçu que le placebo, les femmes du groupe expérimental ont perçu pour 1/3 l’amélioration des douleurs [29]. L’étude a également permis de noter une réduction des marqueurs inflammatoires.

 

Attention à ne pas vous auto-complémenter ou à utiliser des huiles essentielles sans un conseil de médecin, pharmacien ou naturopathe formé à l’aromathérapie.

Il est également préférable de faire appel à un naturopathe pour se faire accompagner et proposer un accompagnement sur mesure.

Ces conseils ne se substituent pas à l’avis d’un médecin ou à un traitement médical en cours.

N’hésitez pas à également consulter le site d’EndoFrance, une association Française de lutte contre l’Endométriose.

 

SOURCES :

[1]  Rogers PA, et al. Priorities for endometriosis research: recommendations from an international consensus workshop. Reprod Sci 2009;16(4):335-46.Adamson GD, et al. Creating solutions in endometriosis: global collaboration through the World Endometriosis Research Foundation. J of Endometriosis 2010;2(1):3-6.

[2] Can you diagnose Endometriosis via Ultrasound?Dr Sofie Piessens – Endometriosis Australia’s Clinical Advisory Committee, 2016

[3]Alison Deslandes, Nayana Parange, Current Status of Transvaginal Ultrasound Accuracy in the Diagnosis of Deep Infiltrating Endometriosis Before Surgery, A Systematic Review of the Literature,First published: 21 February 2020

[4] Soo Hyun Ahn, Vinay Singh, Chandrakant Tayade, Biomarkers in endometriosis: challenges and opportunities, 2017 Mar;107(3):523-532. doi: 10.1016/j.fertnstert.2017.01.009. Epub 2017 Feb 8.

[5] Painter JL, et al. Genome-wide association study identifies a locus at 7p15.2 associated with endometriosis. Nat Genet 2011;43(1):51-4.

[6] Moen MH and Magnus P. The familial risk of endometriosis. Acta Obstet Gynecol Scand 1993;72(7):560-4.

[7] Kaylon L Bruner-Tran, Juan Gnecco , Exposure to the environmental endocrine disruptor TCDD and human reproductive dysfunction: Translating lessons from murine models, 2016

[8] Vinatier D, Orazi G, Cosson M, Dufour P. Theories of endometriosis. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol 2001; 96(1):21-34.

[9] Milena Králíčková, Vaclav Vetvicka, Immunological aspects of endometriosis: a review. Vol 3, No 11 (July 2015)

[10] Kulvinder kochar kaur, Gautam Allahbadia, An Update on Pathophysiology and Medical Management of Endometriosis, February 2016, Advances in Reproductive Sciences 04(02)

[11]Paulette Maroun  Michael J. W. Cooper  Geoffrey D. Reid  Marc J. N. C. Keirse, Relevance of gastrointestinal symptoms in endometriosis

[12] Taylor Feehley, Pedro Belda-Ferre, Cathryn R Nagler, What’s LPS Got to Do with It? A Role for Gut LPS Variants in Driving Autoimmune and Allergic Disease, Cell Host Microbe, 2016 May 11;19(5):572-4

[13] Yumiko Iba, Tasuku Harada, Sayako Horie, Imari Deura, Tomio Iwabe, Naoki Terakawa, Lipopolysaccharide-promoted proliferation of endometriotic stromal cells via induction of tumor necrosis factor alpha and interleukin-8 expression , Fertil Steril,  2004 Oct;82 Suppl 3:1036-42

[14] Khaleque Newaz Khan, Michio Kitajima,17β-estradiol and lipopolysaccharide additively promote pelvic inflammation and growth of endometriosis, 2015 May;22(5):585-94

[15] Endowhat.com

[16] Judith S Moore, Peter R Gibson, Endometriosis in patients with irritable bowel syndrome: Specific symptomatic and demographic profile, and response to the low FODMAP diet l, 2017 Apr;57(2):201-205

[17] Endométriose : physiopathologie, prise en charge et conseils en officine, LECLERCQ LEGRAND Alexia, 2018

[18] Endométriose : physiopathologie, prise en charge et conseils en officine, LECLERCQ LEGRAND Alexia, 2018

[19] Endométriose : physiopathologie, prise en charge et conseils en officine, LECLERCQ LEGRAND Alexia, 2018

[20] E M Messalli, M T Schettino, The possible role of zinc in the etiopathogenesis of endometriosis, Clin Exp Obstet Gynecol, 2014;41(5):541-6.

[21]  Yanfen Li, Malavika K Adur, Athilakshmi Kannan, Progesterone Alleviates Endometriosis via Inhibition of Uterine Cell Proliferation, Inflammation and Angiogenesis in an Immunocompetent Mouse Model, 2016 Oct 24;11(10):e0165347.

[22] César Angel Hernández Guerrero, [Endometriosis and deficient intake of antioxidants molecules related to peripheral and peritoneal oxidative stress]. 2006 Jan;74(1):20-8.

[23]  Kulvinder kochar kaur, Gautam Allahbadia, An Update on Pathophysiology and Medical Management of Endometriosis, February 2016, Advances in Reproductive Sciences 04(02)

[24] Roya Kolahdouz Mohammadi, Tahereh Arablou, Resveratrol and endometriosis: In vitro and animal studies and underlying mechanisms (Review), 2017 Jul;91:220-228. doi: 10.1016/j.biopha.2017.04.078. Epub 2017 Apr 28.

[25] Maria Grazia Porpora, Roberto Brunelli, A promise in the treatment of endometriosis: an observational cohort study on ovarian endometrioma reduction by N-acetylcysteine, Evid Based Complement Alternat Med,  2013;2013:240702

[26] Sayantan Jana , Sumit Paul, Snehasikta Swarnakar, Curcumin as anti-endometriotic agent: implication of MMP-3 and intrinsic apoptotic pathway, Biochem Pharmacol, 2012 Mar 15;83(6):797-804

[27] Ying Zhang, Hong Cao, Iran J Reprod Med, Curcumin inhibits endometriosis endometrial cells by reducing estradiol production, 2013 May;11(5):415-22.

[28] Girija Kuttan, Kuzhuvelil B Hari Kumar, Chandrasekharan Guruvayoorappan, Ramadasan Kuttan, Antitumor, anti-invasion, and antimetastatic effects of curcumin, Adv Exp Med Biol, 2007;595:173-84

[29] Nalini Santanam, Nino Kavtaradze, Ana Murphy, Celia Dominguez, Sampath Parthasarathy, Antioxidant supplementation reduces endometriosis-related pelvic pain in humans, 2013 Mar;161(3):189-95.